La démarche de
transfert
du SISPNI
aux Premières nations
par Heidi J. Kuran
photo : Star Horn
« Le SISPNI ne jouera jamais le rôle pour
lequel il a été conçu si nous
ne nous employons pas à résoudre les questions dappropriation,
de
contrôle, daccès et de possession (ACAP) »
Jane Gray
Mme Jane Gray est la coordonnatrice du Système dinformation
sur
la santé des Premières nations et des Inuits pour
lAssemblée des
Premières nations. Mme Gray travaille en collaboration
avec les
Premières nations et les responsables de Santé Canada
afin
dassurer le transfert efficace de la responsabilité
du SISPNI
aux Premières nations. Mme Gray occupe également
un poste
au sein du First Nations Information Governance Committee (FNIGC),
groupe qui supervise la démarche de transfert et qui travaille
à faire passer
la responsabilité du SISPNI aux mains des Premières
nations. Le comité
travaille actuellement à lélaboration dun
plan de mise en uvre de la
démarche de transfert. Ce plan décrira clairement
les étapes de la
démarche. Voici la vision du FNIGC :
« Les Premières nations assumeront lautorité,
la supervision et la
responsabilité en matière de systèmes de
recherche et de collecte
de données et ce, afin de favoriser leur autonomie gouvernementale
et de mettre sur pied une infostructure autonome et distincte
qui sera
interconnectée de manière stratégique à
linforoute de Santé Canada. »
Afin de transférer avec succès la responsabilité
du SISPNI aux Premières
nations, le FNIGC doit assumer de nombreuses responsabilités.
Voici les
étapes prévues par le plan de mise en uvre
de la démarche de transfert :
Selon Mme Gray, les statistiques relatives à la mise
en uvre du SISPNI
sont encourageantes. Trois cent quarante-neuf des 580 sites sont
déjà en
activité, ce qui équivaut à un taux de mise
en uvre de 60 %. Mme Gray
reconnaît toutefois que certaines préoccupations
font obstacle à une
acceptation plus large du SISPNI. Elles concernent les questions
dappropriation, de contrôle, daccès et
de possession (ACAP).
La question de la confidentialité est primordiale. Les
utilisateurs devront
être assurés que leurs données seront gérées
au niveau de la communauté.
Le gouvernement et les autres organismes ne doivent pas en faire
une
utilisation abusive. Lévaluation des incidences sur
la confidentialité
actuellement en cours aidera à mesurer les besoins des
Premières
nations. Elle permettra de sassurer que les données
ne seront ni
partagées, ni vendues ou utilisées abusivement de
quelque manière
que ce soit. Santé Canada a mis sur pied un Groupe de travail
sur la
confidentialité chargé de trouver des solutions
aux questions relatives
à la confidentialité des données sur la santé.
Ces questions sont
essentielles au succès du SISPNI.
Outre les préoccupations relatives aux questions dappropriation,
de contrôle, daccès et de possession (ACAP),
les utilisateurs ont
besoin de plus de formation pour acquérir la confiance
nécessaire
à la saisie de données confidentielles. Mme Gray
est davis que la
formation à lutilisation du SISPNI devra être
axée non seulement
sur les compétences techniques, mais aussi sur la gestion
des
données sur la santé et des données épidémiologiques.
Dans un
proche avenir, Santé Canada embauchera une infirmière
enseignante qui sera chargée du volet éducatif de
la mise en
uvre du SISPNI.
Les responsables du FNIGC voient dans la démarche de
transfert
plusieurs implications relatives au SISPNI :
Mme Gray croit que les Premières nations seront davantage
enclines à
utiliser le SISPNI lorsque la démarche de transfert sera
finalisée et
prête à être mise en uvre. Lun
de ses mandats consiste à communiquer
avec les utilisateurs du système, ce qui inclut les préposés
à la saisie des
données, les infirmières, les membres de la National
Deployment Team
et ceux du Comité directeur national. Mme Gray tente de
comprendre les
questions soulevées par chacun des groupes concernés.
Les personnes qui
travaillent souvent avec le système sont celles qui sont
le mieux placées
pour informer les responsables de ses points forts et ses points
faibles.
Elles sont aussi en mesure de faire de précieuses suggestions
quant à
son amélioration.
La version actuelle du SISPNI est la Version 2. Elle comporte
des
améliorations considérables par rapport à
la Version 1, doù une
apparence nettement meilleure qui se traduit par une facilité
demploi
accrue. Pareilles améliorations ont été possibles
grâce aux commentaires
des utilisateurs. Un autre progrès considérable
est le lien avec lInternet.
La Version 2 du SISPNI comporte un volet Web qui permet aux
utilisateurs dentrer les données en se connectant
à lInternet. Cela
signifie quils nont pas besoin davoir toute
lapplication dans leur
propre ordinateur, où elle risquerait doccuper beaucoup
despace.
Les communautés individuelles dotées du SISPNI
ont pour tâche
dentrer les données concernant leurs membres dans
le système.
La saisie des données risque de savérer fastidieuse
pour les infirmières
et les RSC déjà surchargés de travail. Pour
leur venir en aide, Santé
Canada offre à ces communautés une subvention annuelle
pour
lembauche dun préposé à la saisie
des données. À lheure actuelle,
les préposés et les infirmières sont les
principaux utilisateurs du
système. Lorsque les données seront toutes entrées,
les RSC seront
en mesure de jouer un rôle plus actif en utilisant les nombreux
sous-systèmes du SISPNI pour planifier les activités
de la communauté
liées au domaine de la santé.
Lobjectif du FNIGC consiste finalement à donner
aux Premières nations
lentière propriété et le contrôle
total du SISPNI et des autres systèmes
informatiques ou de données sur les Premières nations.
Le SISPNI ne
sera un outil efficace pour les Premières nations que lorsque
ces dernières
exerceront le contrôle sur leurs propres données
et sur les modalités
entourant la collecte et le stockage de ces données. Les
Premières
nations doivent sapproprier le système et doivent
prendre elles-mêmes
toutes les décisions qui sy rattachent. Ce nest
que lorsque les
Premières nations seront les principales utilisatrices
et propriétaires
du système quun climat de confiance pourra sétablir.
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