Avantages d’une vie active pour les aînés

Patricia Gray (à l’extrême gauche) et quelques aînés
démontrant les exercices de relaxation et de respiration
pour le vidéo Un Esprit dynamique de l’ONRIISC 

Modèles de comportement positifs :

Lors des entrevues menées un peu partout au Canada auprès de RSC et
d’aînés dans le cadre du projet « Un Esprit dynamique », il était rafraîchissant de rencontrer des aînés qui mènent une vie saine et active et d’entendre parler d’autres aînés dont le mode de vie sain exerce une influence positive sur leur entourage. Les comptes-rendus qui suivent sont particulièrement inspirants et ne sont que quelques exemples des nombreux cas de vie saine et active observés de nos jours au sein des communautés des Premières nations.

Le vieil homme de Kangiqsualujjuaq

Sophie Keelan, RSC de la communauté inuit éloignée de Kangiqsualujjuaq
du nord du Québec, nous parle d’un ancien de la place âgé de 73 ans qui
participe à un nombre phénoménal d’activités très diverses. Son attitude
positive face à la vie transparaît lorsqu’il dit à Sophie : « J’ai toujours eu le
temps pour tout ». Voici le compte-rendu de Sophie :

« Il se promène constamment dans la communauté. Il fait partie du Comité
des parents sur l’éducation et participe aux activités communautaires lors
des occasions spéciales. Il va voir les parties de hockey au centre sportif.
Il pratique les arts et l’artisanat, transporte de l’eau et du bois. Il s’adonne
à des travaux légers et plus lourds d’entretien ménager, fait des emplettes,
ramasse des baies et des plantes médicinales, fait de la raquette, garde
les enfants, fait du canot, pratique la chasse, la pêche et la trappe,
pellete la neige et lave ses vêtements à la main! Il va à l’église, assiste
aux cérémonies, aux activités culturelles et aux assemblées
communautaires. Il lit l’inuktitut, qu’il s’efforce de transmettre aux jeunes.
Il regarde la télévision et joue parfois au bingo. C’est un conteur qui aime
partager sa sagesse avec les jeunes. »

Le Groupe d’aînés de Listuguj

Patricia Gray est la RSC de Listuguj et préside le Club des aînés de cette
communauté Mi’maq de la région de la Gaspésie au Québec. Ces deux
fonctions lui ont permis de constater à quel point les activités de groupe
sont bénéfiques au bien-être des aînés sur le plan social. Elle nous parle
ici de quelques-unes de ces activités :

« D’abord, nous possédons notre propre salle, qui nous a été
donnée par la communauté. Nous sommes membres de la Fédération
des clubs de l’âge d’or de l’est du Québec et sommes donc officiellement
reconnus comme un club d’aînés. Nous avons des activités régulières :
le bingo et un repas léger le mercredi et les jeux de cartes le jeudi. Nous
organisons nous-mêmes nos activités de financement, notamment par la
production et la vente d’objets d’art et d’artisanat. Certains membres
pratiquent la natation et utilisent le gymnase de Campbellton à tous
les jours (Campbellton est une ville située tout près de l’autre côté de
la rivière Restigouche et reliée à Listuguj par un pont). Les membres
du club se réunissent aussi pour faire du bénévolat dans la communauté.
Par exemple, nous préparons des repas pour les fêtes communautaires,
rendons visite aux malades et, en hiver, tricotons des mitaines que nous
donnons gratuitement aux enfants d’école. Nous avons une dame qui va
enseigner l’écriture de la langue Mi’maq, et certains de nos membres
suivront ce cours avec elle pour ensuite aller l’enseigner aux enfants
dans les écoles. Sur le plan spirituel, certains de nos membres pratiquent
le rituel de l’étuve ou participent à des foires sur le bien-être des femmes
tandis que d’autres participent au pèlerinage annuel de Sainte-Anne de
Beaupré. Ce ne sont là que quelques-unes des activités auxquelles
participe notre club. Nos aînés sont très, très occupés, et je pense que
c’est le plaisir qu’ils ont à faire des choses ensemble qui les pousse à
continuer. »


 

Vue sur les bateaux de pêche de la communauté à
partir de chez Vera’s Guest House 

Vera et son petit hôtel
Ahousaht est une réserve de 800 Autochtones nuu-chah-nulth et est
le seul village de l’île Flores située au large de la côte ouest de la partie
centrale de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Accessible
uniquement par hydravion ou par bateau, la réserve est entourée de forêts
anciennes et recouverte de grands arbres, et on y trouve en abondance
animaux sauvages et saumon. Les visiteurs, qui viennent de partout au
monde, peuvent se promener le long d’un des nombreux sentiers
d’interprétation de la nature, observer les baleines, pêcher le saumon
ou encore aller admirer quelques-uns des paysages les plus
spectaculaires au monde.

Nous y avons rencontré Vera Little, âgée de 61 ans, mère de
deux filles et grand-mère de trois jeunes petits-fils. Elle possède et
exploite Vera’s Guest House, un gîte du passant de 10 chambres
avec vue sur l’océan Pacifique. De plus, elle possède et exploite
aussi un service de traiteur et enseigne à temps plein l’économie
domestique au secondaire! Entre deux cours, elle se précipite chez
elle pour y aider sa fille Liz, qui s’occupe de la gestion du gîte. Son
autre fille est à l’université; lorsqu’elle revient à la maison à l’été, elle
aide sa sœur à gérer l’entreprise familiale. Avec l’énergie d’une
amazone, Vera réussit à bien équilibrer ses trois carrières, ce qui
s’explique peut-être par ce qu’elles ont de commun : la nourriture.
Au cours d’une entrevue, Vera nous a laissé entrevoir comment elle
intègre famille et tradition à son entreprise tout en faisant la promotion
de saines habitudes alimentaires auprès de sa clientèle :

« J’essaie d’offrir des aliments nutritifs et je sers toujours des
légumes, même si certaines personnes ici pensent que parce que les
légumes ne faisaient pas partie de leur alimentation traditionnelle ils ne
devraient pas en manger. On m’a appris toute jeune à manger des
légumes, et je sais qu’il est important de prendre des repas équilibrés.
Le gîte est connu pour son buffet de fruits de mer, et certaines
personnes ne viennent ici que pour cela. Je sers aussi de la bannick,
des roulés de hareng, du saumon à l’indienne et du poisson fumé.
J’ai un fumoir dans lequel Liz et moi fumons le poisson; j’ai appris
cela de mes parents. Je renseigne les clients sur les aliments.
Comme tout le monde n’aime pas les fruits de mer, je sers aussi de
la viande comme le bœuf et le poulet. Pour ce qui est du service de
traiteur, nous préparons des repas pour les réunions et les
réceptions, pas seulement pour celles qui ont lieu ici mais aussi
ailleurs dans d’autres communautés. Mon travail est difficile
mais j’y crois. »