Formation régionale des RSC aux stratégies de lutte contre le tabagisme :

Projet pilote visant l’introduction des
« meilleures pratiques » communautaires dans les collectivités autochtones

L’ONRIISC a récemment fait la demande d’une subvention qui lui permettra de former des RSC aux stratégies de lutte contre le tabagisme. Le présent article décrit les objectifs, les activités et la raison d’être du projet intitulé « Projet pilote visant l’introduction des ¨ meilleures pratiques ¨ communautaires dans les collectivités autochtones ».

Objectifs du projet :

1. Accroître la capacité des représentants en santé communautaire (RSC) de jouer un rôle de premier plan dans les initiatives de lutte contre le tabagisme.
2. Produire, à l’intention des RSC et de leur collectivité respective, des outils de formation de qualité à la fois complets et efficaces, adaptés à la culture et à la région et axés sur l’élaboration de programmes de lutte contre le tabagisme.
3. Répertorier les « meilleures pratiques » en matière de programme de lutte contre le tabagisme des collectivités inuites et des Premières nations à l’échelle nationale.
4. Diminuer, à l’échelle nationale, le nombre d’Autochtones :
- qui commencent à fumer, tout particulièrement les jeunes;
- qui continuent de fumer;
- qui sont exposés involontairement à la fumée des autres.

Le modèle de formation actuel de l’ONRIISC comprend une séance annuelle de « formation des formateurs » au cours de laquelle les RSC sont formés au contenu des programmes. L’efficacité des RSC dans la prestation des programmes repose sur leur professionnalisme, sur leur enracinement dans les collectivités qu’ils servent et sur leur capacité à faire passer le message directement aux gens.

Grâce à son projet intitulé Formation régionale des RSC aux stratégies de lutte contre le tabagisme : Projet pilote visant l’introduction des « meilleures pratiques » communautaires dans les collectivités autochtones, l’ONRIISC espère créer un nouveau modèle de formation régionale.

Activités du projet :

1. La production d’un outil de formation pour les trois séances de formation régionales, qui comprendra un programme d’enseignement et de la documentation couvrant les sujets suivants :

-la santé et le tabagisme : créer les liens et cerner les stratégies efficaces en matière de lutte contre le tabagisme; partager les connaissances relatives aux meilleures pratiques en vigueur dans les collectivités autochtones de partout au monde;

-l’élaboration d’un plan communautaire : des outils de développement communautaire pour les stratégies de lutte contre le tabagisme qui impliquent la participation des membres et des leaders de la collectivité;

-les aptitudes d’animateur : comment diriger des groupes de soutien efficaces et organiser des événements communautaires;

-le travail avec les jeunes, les enfants et les écoles : les « meilleures pratiques » en milieu scolaire;

-les visites à domicile et le soutien aux familles : le partage de récits et d’information sur la manière de rendre hommage aux familles et de les soutenir;

-l’évaluation des programmes de santé : la collecte et le partage de données et l’importance de répertorier les « meilleures pratiques »;

-l’autogestion de la santé et les RSC : les outils et le soutien des RSC dans leur lutte contre l’usage non traditionnel du tabac.

Raison d’être du projet :

1. L’abus du tabac est un problème très sérieux dans les collectivités inuites et des Premières nations du Canada. Le tabagisme est un problème de santé publique majeur au Canada en général et chez les Inuits et les Autochtones en particulier, où il prend des proportions très graves. La Stratégie de lutte contre le tabagisme des Premières nations et des Inuits a été élaborée en réaction à l’énorme problème que pose l’usage non traditionnel du tabac dans ces collectivités.

2. Les autorités sanitaires et les responsables de l’élaboration des politiques ont eu beaucoup de difficulté(s) à obtenir de l’information précise concernant les effets des programmes de santé sur les collectivités autochtones. Par conséquent, il a aussi été difficile de mesurer l’élaboration de programmes en cours et l’effet de la prestation des programmes. Cela est manifeste dans les efforts axés sur l’élaboration de stratégies efficaces de lutte contre le tabagisme à l’intention des nations autochtones du Canada.

- Dans le passé, les collectivités inuites et des Premières nations avaient peu de maîtrise sur la conception des enquêtes, ne détenaient pas la propriété collective de la démarche adoptée et ne pouvaient accéder librement aux données recueillies dans le cadre des enquêtes sur la santé et des relevés démographiques. La meilleure façon d’intégrer les valeurs essentielles que sont le respect, la confiance, la responsabilité, la liberté, la gentillesse et l’humilité à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des programmes est de laisser les membres de la collectivité faire et superviser eux-mêmes ce travail. C’est là la raison même de la création du système de prestation de soins de santé par les RSC.

3. Les RSC sont les mieux placés pour adopter une approche holistique dans la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre le tabagisme. Ils sont présents dans presque toutes les collectivités autochtones du Canada, et on leur demande souvent de déterminer les besoins en matière de santé de leur collectivité et de coordonner l’administration des programmes. Le soutien aux programmes de santé des collectivités inuites et des Premières nations est largement fondé sur le degré d’isolement ou la situation géographique par rapport aux grands centres.

4. De nombreux RSC sont surchargés de travail, manquent de ressources pour participer aux ateliers ou aux conférences d’envergure nationale et ont besoin de soutien pour travailler efficacement. Sans un tel projet, l’habileté des RSC à mettre efficacement en œuvre les stratégies à long terme de lutte contre le tabagisme est douteuse. Le renforcement des capacités des RSC – le fait de leur fournir des outils de développement communautaire, un soutien personnel et des stratégies en matière de programmes – est la seule façon de garantir le succès de ce projet.

5. Il fait partie du rôle de l’ONRIISC de soutenir et de former les RSC. L’ONRIISC a pour mandat :

- de contribuer à améliorer les soins de santé offerts aux Indiens et aux Inuits pour qu’ils puissent jouir de soins de même qualité que ceux offerts au reste de la population canadienne;

- de servir de lieu de rencontre aux RSC afin qu’ils puissent communiquer et échanger entre eux de l’information sur les problèmes de santé et voir à l’amélioration du programme des RSC à l’échelon national;

- de faire connaître le programme des RSC aux Canadiens et aux Canadiennes;

- de conseiller les collectivités inuites et des Premières nations;

- de formuler des avis à l’intention de la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits et autres organismes sur toutes les questions ayant trait aux RSC.

6. Les collectivités servies par les RSC sont si diverses en fait d’expériences, de ressources et de culture que la seule façon pour l’ONRIISC de répondre efficacement à une telle situation consiste à créer un nouveau modèle de formation régional. L’ONRIISC a démontré son habileté à produire de la documentation à jour et adaptée sur le plan culturel et à organiser de nombreuses séances nationales de formation réussies.

Afin de répondre pleinement aux disparités et aux distinctions régionales et de garantir l’élaboration et la mise en œuvre efficaces de la stratégie de lutte contre le tabagisme, il est impératif que l’ONRIISC puisse prendre contact avec les RSC dans le contexte de leur propre région. L’ONRIISC tiendra l’ensemble de ses lecteurs informés des progrès accomplis dans le dossier du projet proposé par l’intermédiaire du magazine Le Lien et de son site Web.