Les chutes chez les personnes âgées :

le rôle de l’exercice dans
la prévention des chutes


par Lylee Williams

Il existe en anglais un vieil adage qui dit qu’avant une chute, c’est l’amour-propre qui tombe, et cela demeure vrai de nos jours. La vérité de cet adage réside dans le fait que les gens croient généralement, à tort, qu’ils ne risquent pas d’être victimes d’une chute. Le fait est que tout le monde peut faire une chute et ce, à tout âge. Bien que des personnes de tout âge fassent effectivement une chute à un moment ou à un autre de leur vie, les personnes âgées sont les plus à risque. Selon Santé Canada, environ une personne de plus de 65 ans sur trois fera une chute cette année1 . Pourquoi les personnes âgées sont-elles particulièrement à risque? Que peut-on faire pour prévenir les chutes? Le présent article répond à ces deux questions dans l’espoir de réduire au minimum le nombre de chutes chez les personnes âgées.

 


Des RSC présentes à la Séance de formation de l’AGA mettent en pratique des jeux et des mouvements interactifs à l’intention des aînés.

Pourquoi les personnes âgées sont-elles particulièrement à risque?

Pour répondre à cette question, il faut considérer comment le corps se modifie avec l’âge. Le livre intitulé Prescription for Nutritional Healing décrit comme suit l’état physique des personnes âgées :

« Les personnes âgées sont plus susceptibles de souffrir de faiblesse musculaire, de mauvaise vision, de faiblesse des jambes, de sensations réduites ou d’autres problèmes médicaux qui les rendent plus vulnérables aux chutes et qui entraînent des conséquences difficiles1 . »

Les auteurs expliquent plus loin que les personnes âgées sont plus à risque que les jeunes de prendre des médicaments d’ordonnance qui, dans certains cas, atténuent les réflexes, diminuent la perception ou altèrent la mobilité. Tous ces facteurs combinés augmentent les risques de blessures en cas de chute. La fracture de la hanche est la blessure la plus courante associée aux chutes1 . Chez les personnes âgées, la récupération est généralement plus longue que chez les personnes plus jeunes, ce qui peut entraîner des complications additionnelles comme les plaies de lit, une faiblesse musculaire accrue et la vulnérabilité aux infections2 .


Des RSC pratiquent ensemble des mouvements sans danger à l’intention des aînés fragiles.

Que peut-on faire pour prévenir les chutes?
L’un des meilleurs moyens de prévenir les dangers associés au vieillissement est l’exercice. Il importe toutefois d’adapter le niveau d’exercice à l’état de santé de la personne âgée. L’exercice contribue à maintenir la force et la coordination, qui sont les deux principales défenses contre les blessures accidentelles. Les bienfaits pour tout le corps sont nombreux et incluent notamment le renforcement du muscle cardiaque, une meilleure circulation sanguine dans certains organes, une endurance accrue, une meilleure respiration et une meilleure circulation sanguine, la diminution de la tension artérielle, une plus grande souplesse et une plus grande force des articulations, une moins grande vulnérabilité aux fractures osseuses, une meilleure digestion et une meilleure élimination, un meilleur contrôle de la vessie, l’amélioration ou le maintien de l’élasticité des poumons, de la poitrine, des côtes et du diaphragme, une meilleure circulation de l’air dans les poumons, le renforcement des muscles associés à la respiration, le maintien du nombre de glandes sudoripares et de leur fonction, et le ralentissement du processus d’assèchement de la peau1 .

Il est fortement recommandé aux personnes âgées qui désirent entreprendre un programme d’exercices de présenter à leur médecin un exemplaire du programme en question et de lui demander si le programme convient à leur état de santé, s’il est possible de l’adapter pour qu’il soit plus sécuritaire et, le cas échéant, comment le faire, et s’ils doivent ou non s’attendre à ressentir des effets secondaires associés à leur médication.

Ce n’est là que le premier pas qu’une personne âgée peut faire pour éviter les chutes et pour se donner la chance d’avoir une meilleure qualité de vie au cours de cette période qui devrait être ses années dorées!

L’article qui suit décrit un projet concernant « les chutes et les personnes âgées » actuellement en cours à l’Université d’Ottawa. Il s’agit d’un projet d’envergure nationale dont les résultats permettront certainement de mieux comprendre le problème grave et complexe des chutes chez les personnes âgées.

UN PROJET DE PRÉVENTION DES CHUTES EN ONTARIO :


Deux aînés présents au pow-wow de Kahnawake (Québec) en 2003.

Les aînés ont beaucoup à offrir à nos collectivités, et nous désirons qu’ils puissent vivre en santé et de manière autonome dans la collectivité le plus longtemps possible. Les chutes sont l’un des accidents les plus graves dont peuvent être victimes les personnes âgées. Elles sont la première cause de blessure chez tous les groupes d’âge tant dans les réserves qu’à l’extérieur des réserves, faisant davantage de victimes que les accidents de véhicules motorisés. Bien que les données relatives aux chutes survenues dans les réserves ne soient pas disponibles, les recherches menées auprès des aînés des Premières nations de la Saskatchewan permettent d’établir qu’environ 60 % des cas d’admission à l’hôpital sont dus à des chutes. Sept pour cent des décès enregistrés dans la population autochtone de la Colombie-Britannique sont dus à des chutes, pourcentage supérieur à celui des décès par noyade ou par incendie. En outre, nombre de ces chutes et des blessures qui leur sont associées pourraient être évitées.

Dans son Enquête régionale de 2001 sur la santé des Premières nations et des Inuits, l’Assemblée des Premières nations (APN) souligne que les chutes et les blessures constituent un problème de santé important pour les Premières nations. Selon Santé Canada, le problème des chutes dans les collectivités autochtones constitue un « domaine d’intervention prioritaire ». Les chutes sont « la grande priorité chez les [aînés], et touchent tous les autres groupes d’âge ». Si beaucoup de travail a été fait en matière de prévention des chutes dans la population canadienne, on sait peu de choses sur les interventions prioritaires visant à prévenir les chutes dans les réserves. Le Centre de recherche en santé communautaire de l’Université d’Ottawa, en partenariat avec des organisations autochtones nationales et régionales, a lancé un projet pilote visant à sensibiliser les collectivités autochtones à la prévention des chutes et à leur offrir des outils qui leur permettront de diminuer les risques de chutes chez les aînés. Dans le même temps, nous renforcerons les capacités en recherche-action communautaire des professionnels de la santé des réserves.

Comme première étape de ce projet pilote, nous avons invité les RSC et les aînés qui ont participé à l’atelier Atteindre le cœur du Cercle de l’ONRIISC présenté à Ottawa à participer à l’un ou l’autre de nos deux groupes de discussion (l’un pour les aînés et l’autre pour les RSC). Nous étions intéressés à entendre ce qu’ils avaient à dire à propos de leurs expériences relatives aux chutes et des stratégies mises à l’essai ou qui pourraient être utiles pour diminuer les risques de chutes dans leur collectivité respective. Tous les participants devaient donner un consentement éclairé verbal pour avoir le droit de participer. Au total, 10 aînés et 10 RSC ont pris part aux séances d’une durée de 75 minutes et ont reçu chacun la somme de 20 dollars en guise de remerciement.

Les résultats préliminaires indiquent que les chutes sont un sujet de préoccupation grave dans les réserves, opinion exprimée tant par les aînés que par les RSC. Chacun des participants était au courant d’un cas de chute dans sa propre collectivité. Les causes les plus souvent citées étaient les dangers inhérents à l’environnement immédiat comme les escaliers et les maisons en mauvais état et le mauvais entretien des chemins et des trottoirs glacés.

Les membres des deux groupes sont d’avis que la prévention des chutes devra faire l’objet d’une initiative à l’échelle de la collectivité engageant la participation de plusieurs membres et groupes de la collectivité, y compris les travailleurs en soins communautaires et à domicile, les RSC, les infirmières de soins communautaires, le conseil de bande, les menuisiers et les inspecteurs d’habitations, pour n’en nommer que quelques-uns. En outre, les RSC ont souligné qu’ils sont le groupe responsable d’assumer le rôle de leadership dans la prévention des chutes dans les réserves.

Parmi les prochaines étapes du projet, citons la création, selon une approche participative et en collaboration avec des conseillers de niveaux national, provincial et communautaire, d’outils et de stratégies de mobilisation des collectivités des Premières nations axés sur la prévention des chutes.

Voici des mesures à prendre pour prévenir les chutes chez les aînés de votre collectivité :

veillez à ce que les trottoirs et les allées n’aient ni fissures ni trous;
dégagez la glace et la neige des trottoirs et des entrées;
veillez à ce que l’intérieur et l’extérieur de la maison soient bien éclairés;
veillez à ce que les escaliers et les rampes d’accès soient munis de mains courantes de chaque côté, à ce qu’ils ne soient pas glissants et à ce qu’ils soient bien éclairés, et à ce que le rebord des marches soit recouvert d’une bande ou d’une peinture de couleur vive;
aidez les aînés à faire installer des barres d’appui dans leur salle de bain, à proximité de la toilette et dans la baignoire;
aidez les aînés à aménager leur domicile de manière à prévenir les chutes en retirant les carpettes et en débarrassant les fouillis par exemple;
encouragez les aînés à faire des exercices d’équilibre et de renforcement;
encouragez les aînés à faire revoir périodiquement leur médication;
encouragez les aînés à passer périodiquement un examen de la vue.

Qu’a-t-on fait pour réduire les risques de chute dans votre collectivité?
Si vous-même ou l’un de vos proches avez déjà fait une chute et que vous
désirez en parler ou nous dire ce que fait votre collectivité pour prévenir de
tels accidents, n’hésitez pas à communiquer par courriel avec Sabrina Farmer à sfarmer@mail.health.uottawa.ca ou à appeler au (613) 562-5800, poste 8513. Pour de plus amples renseignements, visitez le site Web à www.otworks.ca