Un groupe daînés partage
des expériences
de vie lors de lAssemblée générale
annuelle
Enrichies des expériences
accumulées tout au long de leur vie familiale, de leur
vie professionnelle et de leur vie au sein de leur collectivité,
huit personnes âgées autochtones de partout au Canada
ont gracieusement gravi lestrade pour transmettre leurs
connaissances et
offrir des paroles dencouragement à laudience,
essentiellement
composée de représentants
en santé communautaire.
Annie Evans, Inuite de
la côte nord du Labrador : Annie a travaillé
comme représentante en santé communautaire (RSC)
pendant 17 ½ ans et est maintenant retraitée et
considérée comme une aînée. Elle a
donné le conseil suivant : « Je sais,
en tant quaînée, quil est important
que les RSC viennent nous visiter, quils nous fassent sortir
et nous redonnent le goût de faire des choses, et cest
vrai surtout pour les aînés qui ne sortent plus
et ne font plus rien dautre que de rester assis. »
Elle a aussi souligné limportance de prendre soin
de son corps et de marcher pour se maintenir en santé.
Elle recommande « de marcher pour aller à léglise,
pour prendre les cartes de bingo et pour se rendre au magasin.
Jai vu de nombreux aînés qui le faisaient
et je pense que cest comme cela quils préservent
leur mobilité. »
Alice Smith, Mohawk de
Oshweken (Ontario) : Alice a travaillé de nombreuses années
comme RSC dans sa réserve et est maintenant à la
retraite. Elle a rappelé quà ses débuts,
il ny avait que deux infirmières et elle-même
à travailler dans le secteur de la santé. Elle
a récemment participé à titre de membre
actif au comité directeur du projet Atteindre le cur
du Cercle.
Alice a commencé son exposé en soulignant le fait
que « les aînés sont passés à
travers bien des épreuves dont les plus jeunes nont
aucune idée et ils sont capables daccomplir des
choses ». Puis elle a ajouté que « certains
dentre eux sont très forts et il ny a aucune
raison pour laquelle ils ne peuvent pas prendre de nombreuses
décisions. Mais ils ont besoin de laide et des conseils
des soignants, des RSC et des membres de leur famille. »
Viola Christmas (Nouvelle-Écosse) :
Viola a travaillé comme RSC pendant 19 ans, soit
de 1981 à 2000. Elle sest surtout occupée
des personnes âgées. « Je les conduisais
à lhôpital, leur rendais visite à domicile
lorsquils étaient malades et minformais de
ce dont ils avaient besoin, de vêtements par exemple »,
a-t-elle rappelé. Viola est maintenant à la retraite
mais demeure active au sein de la collectivité. Elle amasse
des fonds pour financer les voyages des aînés, les
fêtes de Noël et dautres fêtes pour les
handicapés. « Cap Breton compte cinq réserves
et nous invitons les aînés de chacune de ces réserves
à participer aux événements communautaires »,
a-t-elle ajouté.
Amelia Frieda, Inuite de
Hopedale (Labrador) : Amelia a partagé les propos suivants : « Je
suis mère de six enfants et jai quinze petits-enfants
et neuf arrière-petits-enfants. Je leur raconte des histoires
de mon enfance et comment étaient les choses à
cette époque et ils viennent parfois me voir pour me demander
conseil. Je les conseille pour ce qui est de la chasse et de
la pêche. » Elle se rappelle que de son temps
les bateaux à moteur les amenaient jusquà
la zone de pêche. « Aujourdhui, cest
bien différent, a-t-elle ajouté, ils utilisent
des bateaux rapides et des motoneiges. »
Eva Favel, Saddle Lake
(Alberta) : Eva a travaillé comme RSC pendant 24 ans.
« Linfirmière est partie lorsque jétais
là-bas, et je suis restée seule pendant un certain
temps », a-t-elle raconté. Comme elle ne savait
pas ce quelle devait faire, elle a téléphoné
au bureau chef. On lui a dit : « Répondez
simplement au téléphone et faites ce que vous avez
à faire. » Comme lillustrent les deux
anecdotes suivantes, elle a sagement appliqué cette
directive : « Un jour, trois petits enfants sont
venus me voir sans leurs parents. Lun dentre eux
avait un hameçon pris dans la bouche. Une autre fois,
trois hommes sont venus me demander de laide. Ils souffraient
de brûlures et lun deux en avait la peau toute
noircie. Dans les deux cas, même si je navais pas
de formation, je les ai conduits à lhôpital
de la ville. »
Patsy Gray, Micmaque de
Listuguj (Québec) : Patsy a travaillé comme RSC
pendant 23 ans. « Je suis la grand-mère
de la communauté, a-t-elle affirmé, car je participe
à tellement de choses. Lorsque quelquun meurt, je
me démène pour amasser des fonds, je prépare
le souper et joffre des soins palliatifs à la famille. »
Elle a souligné que le conseil de bande lui demande encore
dorganiser les fêtes et les repas communautaires.
Patsy a expliqué comment elle maîtrise son diabète :
« Je faisais auparavant beaucoup dembonpoint
et je suis devenue diabétique. Jai donc commencé
à faire de la marche. Je nai pas suivi de régime
strict, je nai fait que marcher à cinq heure le
matin et à 18 heure le soir pendant cinq ans. »
Elle a ajouté avoir perdu beaucoup de poids, ce quelle
attribue à lexercice daérobie quest
la marche.
Walter Prince, nord de
lOntario : Walter suivait une formation en travail
social et en administration avant de passer au secteur de la
santé en 1965. Il a pris sa retraite le 17 juin 2001
et soccupe maintenant du programme de santé de la
bande. Voici ce quil nous a raconté : « La
meilleure chose qui soit arrivée à ma collectivité
a été la construction de laqueduc. Nous avons
maintenant deux médecins qui viennent nous visiter deux
fois par mois ainsi quune infirmière praticienne
et un podiatre. À mes débuts, il ny avait
personne. La zone de Thunder Bay nexistait pas. »
Il se rappelle toutefois quune infirmière venait
les visiter une fois par mois.
Irene Lindsay, survivante
du régime des pensionnats : Irene a entrepris son
processus de guérison il y a douze ans. Elle dirige dans
la région dOttawa son propre groupe de grands-mères
destiné aux survivantes des pensionnats et offre des cours
dart thérapie au Wabano Centre for Aboriginal Health.
Irene nous a fait part de ses expériences en tant que
travailleuse de première ligne : « En
1985, jai dû cesser de travailler pour cause dépuisement
professionnel je ne métais pas protégée.
Je sais que nombre dentre vous êtes des travailleurs
de première ligne et que vous devez être conscients
de ce que vous devez faire pour prévenir lépuisement
professionnel. Vous devez entrer en contact avec vous-mêmes,
avec votre esprit, et vous demander : De quoi
dois-je me débarrasser? » Elle a ensuite
ajouté : « Cest ce que je fais maintenant,
je regarde ce que je porte en moi et, si je nen ai pas
besoin, je le laisse aller. »

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