Conférencier dhonneur :
Richard Jock,
directeur exécutif,
Organisation nationale de
la santé autochtone
(ONSA)
Richard Jock est un Mohawk de la réserve
dAkwesasne, située aux frontières du Québec,
de lOntario et de lÉtat de New York. Directeur
exécutif de lOrganisation nationale de la santé
autochtone, il a gracieusement accepté notre invitation
à présenter le discours liminaire à loccasion
de la conférence Atteindre le cur du Cercle. Le
présent article reprend les points essentiels de son discours
sur lONSA.
Historique de lONSA
LONSA est un organisme conçu et administré
par des Autochtones et qui est voué à lamélioration
de la santé physique, mentale, sociale et spirituelle
des peuples autochtones. Elle a pour ambition dinfluer
sur la santé et le mieux-être des peuples autochtones
et de les faire progresser par la mise en uvre de stratégies
fondées sur la connaissance. Sur son site Web, lorganisme
énonce les cinq principaux objectifs qui laideront
à atteindre son but :
1. améliorer et promouvoir la santé par
des activités fondées sur la connaissance;
2. favoriser la bonne compréhension des problèmes
de santé qui touchent les peuples autochtones;
3. faciliter et promouvoir la recherche et créer
des partenariats de recherche;
4. encourager la participation des peuples autochtones
à la prestation des soins de santé;
5. reconnaître et protéger les pratiques
traditionnelles autochtones en matière de guérison.
Afin dassurer la communication permanente entre les peuples
autochtones sur le terrain, le conseil dadministration
se compose de personnes possédant des antécédents
professionnels axés sur la collectivité comme des
médecins, des travailleurs auprès des jeunes, des
aides juridiques, des infirmières et des chefs.
Comment les gens sinforment-ils au sujet de leur santé?
Dans un récent sondage mené auprès dAutochtones
des collectivités, lONSA a demandé aux répondants
comment ils sinformaient au sujet de leur santé.
Comme on pouvait sy attendre, la majorité des répondants
disent sinformer auprès de leur médecin.
Un nombre un peu moins élevé sinforme plutôt
auprès des représentants en santé communautaire
(RSC). Selon les statistiques, 29 pour cent des répondants
sadressent à leur médecin, 20 pour cent,
aux RSC, 13 pour cent, à leur infirmière, et 5
pour cent à leur pharmacien. Le pourcentage de personnes
qui sinforment sur leur santé en consultant des
dépliants ou par dautres moyens est très
faible, ce qui indique que les Autochtones cherchent plutôt
à sinformer de personne à personne. Il est
bien évident que les RSC sont très appréciés,
et il importe que les représentants du système
de santé le reconnaissent.
Le système de santé en
processus de changement
À léchelle nationale, la Commission Romanow
de 2001-2002 (aussi appelée « La Commission
sur lavenir des soins de santé au Canada »)
a établi un dialogue avec le public dans le but de connaître
la nature du système de soins de santé désiré.
Les résultats de lenquête ont de nombreuses
conséquences pour les peuples des Premières nations
et autres peuples autochtones du Canada dont la création
dun « Conseil canadien de la santé »
global, qui constitue une occasion réelle de participation
pour les Autochtones. Cela est important car, dans le passé,
les ministères provinciaux et fédéraux ont
été les seuls à élaborer et à
promouvoir des orientations en matière de soins de santé
et à prendre des décisions à cet égard,
alors que les peuples autochtones étaient exclus du processus.
Il est essentiel pour ces derniers doccuper la place qui
leur revient et de participer à part entière à
de tels changements.
La télésanté et
les peuples autochtones
La télésanté est un moyen de faire circuler
linformation sur la santé et doffrir des soins
en faisant appel à la vidéo, aux supports audio,
à lordinateur et aux technologies de télécommunication
de pointe interactives. Lun de ses principaux objectifs
consiste à améliorer les services de santé
offerts aux résidants des régions rurales et éloignées
en leur donnant un accès plus équitable aux professionnels
de la santé et à linformation médicale.
Le site Web de Développement des ressources humaines Canada
présente un exemple dapplication de la télésanté :
« Grâce à lensemble des connexions
technologiques en place, il est possible pour un médecin
dune grande ville du sud comme Edmonton dexaminer
un patient de High Level, distante de 700 kilomètres.
Les professionnels de la santé peuvent utiliser des caméras
pour faire un agrandissement et y voir de plus près ou
manipuler des appareils pour lexamen des oreilles, des
yeux ou de la bouche dun patient. Il devient aussi possible
de numériser des radiographies, des échographies,
des EEG et des IMR et de les transmettre par voie électronique
afin de les soumettre à linterprétation dun
spécialiste à lautre bout de la province
ou ailleurs dans le monde. Tout cela peut être accompli
sans que le patient ait à sortir de sa collectivité! »
La télésanté vise tout particulièrement
les Autochtones et les collectivités éloignées
et offre de nombreuses possibilités en ce qui a trait
à lamélioration des services de santé
aux peuples autochtones, y compris certaines populations comme
celle des aînés.
Recherche sur la santé et peuples autochtones
Selon le site Web de lONSA, lorganisation reconnaît
le fait que la recherche sur la santé des peuples autochtones
ne se limite pas au bien-être physique de la personne.
Elle doit aussi inclure la culture, la santé sociale et
émotionnelle de la personne, sa famille, sa famille étendue
ainsi que la collectivité. La recherche doit aussi tenir
compte du contexte historique et des déterminants de la
santé comme léducation, le logement, le travail
et linfrastructure communautaire.
La vision de lONSA inclut la transmission dinformation
et de connaissances. Le vieil adage selon lequel « connaître
cest pouvoir » est tout à fait pertinent
ici et il importe par conséquent pour les collectivités
de participer aux recherches qui les concernent et de protéger
linformation recueillie. On reconnaît généralement
que la recherche na pas toujours été faite
dans lintérêt des collectivités concernées
et il est dans lintérêt des collectivités
autochtones de changer cet état de choses. Les Autochtones
ne désirent pas faire lobjet de recherches « intensives ».
Ils désirent plutôt savoir comment la recherche
peut leur être bénéfique.
Pour en savoir davantage sur lONSA, les lecteurs sont
invités à visiter le site Web de lorganisation
à www.naho.com.

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