Un
rôle qui évolue au fil du temps :
Le
besoin délaborer
DES NORMES PROFESSIONNELLES NATIONALES
à lintention des représentants en santé
communautaire
Les 13 et 14
juillet 2003 seront peut-être des journées historiques
pour les représentants en santé communautaire.
Au cours de ces deux journées, des représentants
clés dorganisations autochtones de la santé,
du gouvernement et détablissements denseignement
ont participé à une table ronde longuement attendue
organisée à Kahnawake (Québec) par lOrganisation
nationale des représentants indiens et inuits en santé
communautaire (ONRIISC) sous le thème « Normes
et accréditation pour les représentants en santé
communautaire ».
De telles discussions
se faisaient attendre depuis longtemps. Depuis 1965, les RSC
ont grandement contribué à lamélioration
des soins de santé, de léducation sanitaire
et de la promotion de la santé dans les collectivités
inuites et des Premières nations. Ils ont depuis assumé
un large éventail de responsabilités et on sattend
à ce quils possèdent une large gamme de compétences
et de connaissances. Fait remarquable, ils sont allés
de lavant et ont raffiné leur travail et ce, en
labsence de formation reconnue à léchelle
nationale.
La table ronde
réunissait les organisations gouvernementales et du secteur
privé qui suivent :
Organisation nationale des représentants indiens et inuits
en santé communautaire (ONRIISC);
Mohawk College;
Portage College;
Direction générale de la santé des Premières
nations et des Inuits (DGSPNI);
Association des infirmières et infirmiers autochtones
du Canada (AIIAC);
Conseil canadien dagrément des services de santé;
Yellowquill College;
Santé Canada Division des soins de santé
primaires;
Organisation nationale de la santé autochtone (ONSA);
Community Health Associates of British Columbia;
Affaires indiennes et du Nord canadien;
Développement des ressources humaines Canada (par conférence
téléphonique).
À la lumière
des résultats de la table ronde, le présent article
examine les raisons pour lesquelles les RSC ont besoin de normes
professionnelles nationales, les types de formation actuellement
offerts aux RSC, la liste de quelques-uns des avantages tant
pour les RSC que pour la collectivité et, brièvement,
le cadre du processus requis.
Que sont les
normes professionnelles nationales?
En bref, elles
décrivent les compétences et les connaissances
nécessaires pour effectuer un travail de manière
compétente. Elles aident les employeurs et les organismes
de financement à concevoir et à offrir une formation
pertinente et de qualité aux employés et à
évaluer leur formation.
Pourquoi les
représentants en santé communautaires ont-ils besoin
de telles normes?
Lune des principales raisons est que leur rôle a
radicalement changé avec le temps. Au départ, au
moment du lancement du programme des représentants en
santé communautaire en 1962, leurs principales responsabilités
consistaient notamment à aider les professionnels de la
santé en traduisant

Une représentante
du CCHSC sadresse au groupe.
les directives
médicales aux clients de langue autochtone, à les
accompagner au cours des visites à domicile et à
agir en tant que principaux travailleurs de la santé entre
les visites de ces derniers. À présent, les RSC
effectuent toute une gamme de tâches qui varient dune
collectivité à lautre et dune région
à lautre. Ils jouent de plus en plus un rôle
majeur en tant que promoteurs de la santé communautaire
en offrant des services de promotion de la santé, déducation
sanitaire et de prévention de la maladie. Ils participent
aussi à la planification et à la mise en uvre
de programmes de santé communautaire et jouent un plus
grand rôle quauparavant en soins de santé
mentale et en conseils en santé mentale. En dernier lieu,
dans les collectivités nordiques, éloignées
ou isolées, les RSC sont souvent appelés à
effectuer des évaluations cliniques ou physiques et à
offrir des traitements et des soins durgence comme les
premiers soins, les soins de sage-femme, la réanimation
cardio-respiratoire et la distribution de médicaments.
En raison de
ces nouveaux rôles, les limites des tâches des RSC
sont devenues imprécises et de plus en plus mal comprises.
Tout cela semble indiquer le besoin délaborer des
normes professionnelles à leur intention afin de contribuer
à accroître leur efficacité dans la collectivité.
En outre, les normes professionnelles sont essentielles à
lélaboration de programmes de formation reconnus,
puisque la question des normes professionnelles et celle de la
formation vont de pair.
Types de formation
offerts aux RSC
Vers 1998, plusieurs provinces et territoires avaient déjà
mis sur pied des programmes de certificat et de diplôme
spécialement conçus à lintention des
RSC. Toutefois, lexamen du contenu des programmes de formation
de chaque région révèle un manque de cohérence
quant au niveau et à la disponibilité de la formation
offerte aux RSC. Les types de formation offerts sont les suivants :
formation sans certificat ou diplôme, formation de base
sur demande, programme de diplôme reconnu et programmes
de certificat comportant un volet théorique et un volet
pratique. Il est important de souligner que pour mettre sur pied
une formation adéquate et pertinente, cette dernière
doit se fonder sur les tâches effectuées par les
RSC.
Qui bénéficiera
de la mise en place de normes professionnelles nationales?
Lélaboration
de normes professionnelles nationales à lintention
des RSC serait profitable à tous. Tant les RSC que les
collectivités en retireraient des avantages trop nombreux
pour être énumérés dans le cadre de
cet article. Nous nous limiterons donc à quelques-uns
dentre eux seulement. Dabord et avant tout, les représentants
en santé communautaire pourront :
-bénéficier dune définition précise
des limites de leurs tâches et de leurs responsabilités,
dune supervision et dune charge de travail plus réaliste;
-accéder à une formation agréée reconnue
à léchelle nationale;
-améliorer leurs compétences dans le contexte dun
marché global qui met laccent sur la compétitivité
et la main-duvre hautement qualifiée;
-bénéficier dun meilleur accès et
de ladmissibilité à des fonds destinés
à la formation;
-être protégés par une assurance de responsabilité
civile contre les procédures judiciaires éventuelles
qui pourraient être prises à leur endroit;
-jouir dune reconnaissance officielle à titre de
professionnels de la santé auprès de la collectivité,
des leaders et des autres professionnels de la santé.

Karen
McCulla sadresse au groupe.
Par ailleurs,
les collectivités autochtones en retireront aussi des
avantages : la formation à jour et pertinente des
RSC contribuera à améliorer létat
de santé et les conditions de vie des Inuits et des Premières
nations grâce à une promotion de la santé
et à une éducation sanitaire plus efficaces et
grâce aussi à des évaluations, des traitements
et des soins durgence plus efficaces dans les collectivités
où de telles fonctions incombent aux RSC. Les collectivités
bénéficieront de la situation à plusieurs
égards :
-la présence de RSC formés, spécialisés
dans des domaines comme la santé de lenvironnement,
la santé maternelle, les soins prénataux, léducation
en matière de diabète, et la sensibilisation au
VIH/sida et la prévention de cette affection et en mesure
de répondre aux besoins toujours changeants de la collectivité;
-la prestation de soins de santé holistiques et adaptés
à la culture par lentremise dune équipe
de soins de santé intégrée plus efficace
qui reconnaît la valeur du rôle, des tâches
et de la formation des RSC;
-le recrutement et le maintien accrus des Autochtones dans les
professions de la santé;
-la création dun nouveau groupe de professionnels
autochtones (les RSC forment actuellement la catégorie
la plus vaste de travailleurs de la santé autochtones
salariés);
-la diminution des coûts de soins de santé grâce
à une prévention plus efficace de la maladie et
à la productivité accrue des employés.
Le processus
requis
La mise en place
de normes professionnelles nationales est une question complexe.
Elle exigera la juste combinaison de représentants du
gouvernement, dorganisations de la santé autochtones,
détablissements denseignement et de représentants
en santé communautaire représentant de manière
adéquate lensemble des régions du Canada.
Il faudra aussi du temps pour passer efficacement à travers
les différentes étapes du processus. Normalement,
le processus détablissement de normes professionnelles
se divise en cinq phases. En bref, ce sont :
a) phase 1 : processus de planification;
b) phase 2 : élaboration des normes professionnelles
nationales;
c) phase 3 : création dun programme de formation
approprié;
d) phase 4 : certification et accréditation;
e) phase 5 : entretien, supervision et renouvellement.
En conclusion,
létat de santé des peuples inuits et des
Premières nations nest toujours pas équivalent
à celui de la plupart des autres Canadiens et il y a toujours
un besoin vital daccès accru à une vaste
gamme de services de soins santé et de prestation de tels
services. Comme les RSC jouent un rôle central à
pareil égard, il est nécessaire de faire en sorte
que tous les RSC possèdent les solides connaissances et
compétences requises pour leur permettre dassurer
ces services de manière efficace et concurrentielle. Tel
quénoncé dans la Commission royale sur les
peuples autochtones :
« La
formation améliorée des RSC améliorera létat
de santé et les conditions de vie des peuples inuits et
des Premières nations grâce à des activités
de promotion et déducation plus efficaces en matière
de santé et à des services dévaluation,
de traitement et de soins durgence plus efficaces dans
les collectivités où de tels services incombent
aux RSC. »
Le magazine Le
Lien gardera ses lecteurs informés du dossier relatif
à lélaboration de normes professionnelles
nationales à lintention des représentants
en santé communautaire.

Représentantes
du Mohawk College
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