Séance de formation
Pour comprendre le
cancer du sein

 Kateri Delisle-Riddell - Mohawk de Kahnawake, Québec, Kateri travaille auprès des patients atteints de cancer et a elle-même survécu à un cancer du sein.

Cindy Diabo - Mohawk de Kahnawake, Cindy a aussi survécu à un cancer. Elle est venue partager son expérience personnelle.

De nombreuses personnes ont de la difficulté à s’imaginer qu’un de leurs proches ou elles-mêmes pourraient être atteints du cancer. C’est un sujet difficile à aborder. Cependant, le simple fait d’en parler nous aide à comprendre comment prendre soin des membres de notre communauté et de nous-mêmes. Il est donc important de connaître les aspects fondamentaux de cette maladie (« Cancer 101 ») en commençant par la définition même du cancer, son mode d’apparition et son mode de propagation. Le terme cancer recouvre quelque 150 à 200 maladies
différentes, mais, pour la plupart des gens, il ne s’agit que d’une seule et même maladie. Ces formes de cancer présentent de nombreuses similarités mais diffèrent aussi à de nombreux égards, notamment par la vitesse de croissance, l’endroit du corps où il se développe et la malignité. Plusieurs types de cancer affectent les peuples des Premières nations.

Chez les Premières nations, le taux de cancer est inférieur à celui observé dans la population générale. Toutefois, cela ne signifie pas que les peuples des Premières nations ne sont jamais atteints du cancer. Ce taux a augmenté au cours des dix dernières années, et les peuples des Premières nations doivent demeurer en santé et bien prendre soin de leur corps s’ils ne veulent pas souffrir davantage de cette maladie.

Dans certaines communautés, on évite de parler du cancer. Pareille attitude explique en partie la peur que suscite cette maladie. Une meilleure connaissance du cancer est un pouvoir en soi, et plus nous sommes
renseignés, plus nous sommes en mesure de le prévenir et de réagir adéquatement lorsque la maladie est diagnostiquée.

Kateri a démontré au groupe le mode d’apparition du cancer du sein en présentant l’anatomie du sein et plusieurs photos montrant les seins de femmes atteintes de cancer. Elle a expliqué ce qu’est la mammographie et la façon dont on l’effectue. Pour les femmes de 50 à 69 ans, la mammographie est le meilleur outil que nous possédions pour la détection précoce du cancer du sein. Un cancer du sein que l’on découvre peut être présent depuis sept à dix ans déjà. Sur un cliché mammaire, les tumeurs sont plus facilement détectables chez une personne âgée que chez une jeune personne car il y a moins de tissu adipeux susceptible de masquer les résultats. La mammographie permet de déceler des masses
jusqu’à deux ans avant même que vous puissiez les sentir.

La plupart des cancers du sein débutent dans les conduits lactifères, mais ils peuvent aussi débuter dans les lobes. Les cancers lobulaires peuvent se propager aux deux seins. Les hommes peuvent aussi être atteints d’un cancer du sein mais à un taux beaucoup moindre. Ils ne comptent que pour 1 % de tous les cas. Les risques d’être atteint d’un cancer du sein augmentent avec l’âge. L’environnement est un facteur significatif mais son incidence demeure imprécise. On croit que des substances chimiques imitant le comportement de l’œstrogène pourraient être à l’origine du changement dont la cellule a besoin pour donner naissance à un cancer. Soixante-dix pour cent des femmes atteintes de cancer du sein n’ont aucun membre de leur famille qui soit atteint de cette maladie, par opposition à 5 % des femmes qui ont un membre de leur famille atteint de la maladie.

La réaction des membres de la famille à un diagnostic de cancer peut être déterminée par le contexte culturel ou être transmise d’une génération à l’autre. Si les grands-mères ne parlent pas du cancer, il est possible que les mères et leurs filles n’en parlent pas non plus. Les croyances culturelles peuvent entretenir la peur du cancer et empêcher les personnes concernées de chercher des soins médicaux. Il est important de s’informer du mieux possible sur le cancer. En étant bien informés, nous sommes en mesure de comprendre ce qu’est le cancer et d’apaiser les craintes inutiles. La connaissance nous permet de parler aux membres de notre famille, dont nous aurons besoin du soutien.