|
Solomon
Awashish - Agent de
promotion de la santé au sein de léquipe
responsable de la santé publique du Conseil régional
cri pour les services de santé et les services sociaux
de la baie James.
Il est stipulé dans la
Déclaration universelle des droits de lhomme de
lONU que toute personne a droit à un niveau de vie
suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et
ceux de sa famille, notamment pour lalimentation, le logement
et les soins médicaux
La nation crie de Chisasibi compte
environ 3 000 personnes. Il sagit dune population
mixte comprenant de nombreux Inuits. Chisasibi a été
déplacée à quelque six kilomètres
à lintérieur des terres en 1980 pour permettre
la réalisation dun projet hydroélectrique
dans la baie James, projet qui a occasionné de nombreux
problèmes aux gens de la région, notamment :
la détérioration et la destruction de millions dacres
de terres et de cours deau appartenant traditionnellement
aux Cris;
un taux
de chômage de 85 à 90 % attribuable à
la disparition du mode de vie traditionnel résultant de
la destruction des terres;
un taux
alarmant de tentatives de suicide et de suicides réussis
attribuable à la perte despoir liée au chômage
et à la pauvreté (un taux aussi élevé
quune personne sur 20);
la contamination au dyméthylmercure de leau, des orignaux,
des poissons et des habitants de Cross Lake;
le taux
élevé de toxicomanie associé à la
perte despoir;
le relâchement dans latmosphère dune
quantité incommensurable de méthane, gaz à
effet de serre;
linondation de lune des plus vastes forêts boréales
dAmérique du Nord;
la mise
à découvert danciens lieux denfouissement
due à lérosion des berges résultant
de niveaux deau anormaux;
des épidémies provoquées par le changement radical
de mode de vie et dalimentation (épidémie
de diabète, tout particulièrement chez les enfants).

Environ 210 maisons ont été
déplacées et 90 nouvelles maisons ont été
construites. Par la suite, les ingénieurs ont fait état
de défectuosités graves tant sur les plans architectural
et structural que du point de vue
de la ventilation dans les nouvelles maisons construites à
lépoque du déménagement de la collectivité.
Il en est résulté lapparition de moisissures
visibles, et on a établi un lien entre des cultures fongiques
positives et un large éventail de problèmes de
santé aigus et chroniques.
Après avoir reçu
de nombreuses plaintes de maladie et avoir expédié
des lettres au bureau du conseil de bande ayant fait état
des maladies, les médecins ont vu les patients. Il ny
avait toutefois aucun argent
disponible pour lamélioration des conditions de
logement. La bande a participé avec le Conseil cri de
la santé à une étude qualitative sur le
logement et la santé. Une étude a été
menée afin de recueillir des preuves à leffet
que les conditions de vie des Cris de Chisasibi avaient des répercussions
nuisibles sur leur santé. Les principaux objectifs
poursuivis consistaient à établir un lien entre
les mauvaises conditions de logement et les problèmes
de santé. Létude comportait plusieurs
volets :
une analyse documentaire;
linterview de 14 personnes clés
(des gens qui étaient malades en raison de mauvaises conditions
de logement);
une évaluation technique indépendante
visant à examiner létat des maisons construites;
létude de facteurs de confusion
visant à déceler les autres facteurs susceptibles
daffecter la santé, notamment le revenu peu élevé,
labus dalcool et la mauvaise alimentation.
Létude
a révélé de nombreux problèmes de
logement à lorigine de problèmes de santé :
odeurs émanant de la fosse septique;
les gens ne pouvaient plus dormir ni manger en raison des odeurs;
moisissures et champignons pourrissement
des planchers dû aux fuites de baignoire causées
par un drain défectueux;
reflux dégout sous-sols
entièrement inondés par des eaux dégout
brutes.
Ces problèmes
sont à lorigine de problèmes de santé,
notamment :
lasthme;
la nausée;
dautres problèmes respiratoires;
lincidence très élevée
des cas dhospitalisation, de maladie et de décès.
Outre létude qualitative,
on a aussi mené une étude quantitative visant à
recueillir des données sur les gens vivant dans les maisons
en question. Létude a notamment révélé
que plus de la moitié des maisons présentaient
des problèmes dordre structural et que chaque maison
comptait 6,25 personnes partageant en général une
salle de bain.
Les RSC doivent exiger des études
similaires dans leur propre communauté afin de déterminer
lincidence des mauvaises conditions de logement sur la
santé. |