Séance de formation
L’ABC de l’hépatite C

 

Carl Orr - Défenseur des droits des patients pour la région du nord-ouest de l’Ontario Aboriginal Health Advocacy Initiative (OAHAI)

Au Canada, on estime qu’entre 210 000 et 275 000 personnes sont actuellement infectées par le virus de l’hépatite C et que 30 % seulement d’entre elles le savent. Toujours au Canada, l’hépatite C constitue un nouveau risque pour la santé. Comme la réponse des communautés est vitale en ce qui a trait au contrôle de la propagation de l’hépatite C dans les communautés autochtones, les RSC doivent se renseigner du mieux possible sur cette maladie. Carl a remis aux participants à l’atelier un document de quatre pages résumant les principales questions se rapportant à l’hépatite C et aux peuples autochtones

En considérant l’hépatite C d’un point de vue différent, il est possible d’établir une corrélation avec les enseignements traditionnels. Ces enseignements nous disent que, lorsqu’on attrape et qu’on écorche un animal, il est très important de ne pas toucher son sang si l’on a des plaies
ouvertes. On risquerait alors de contracter toute maladie dont il est porteur. Le même principe s’applique dans le cas de l’hépatite C. Une goutte de sang suffit à transmettre l’infection. Le contact direct avec le sang peut être extrêmement dangereux. Il faut donc se demander pourquoi les peuples autochtones ont oublié cet enseignement traditionnel et pourquoi l’hépatite C a infecté la population autochtone en si grand nombre.

Les Autochtones doivent s’assurer de bien faire connaître leurs préoccupations relatives à l’hépatite C, car cela ne s’est pas fait assez rapidement dans le cas du VIH. Ils se retrouvent aujourd’hui 15 ans en arrière lorsqu’il s’agit de faire connaître leurs préoccupations relatives au VIH/sida. C’est donc une deuxième chance qui nous est donnée de faire preuve de plus de vigilance à l’égard de cette maladie que nous ne l’avons fait pour le VIH.

L’hépatite C affecte le foie, qui est un organe vital. Le foie transforme les aliments en matière utilisable par l’organisme, permet d’absorber les médicaments et filtre le sang. Il emmagasine les vitamines et les glucides. L’excès d’alcool et une mauvaise alimentation peuvent aussi nuire aux fonctions du foie.

Symptômes de l’hépatite C :

jaunisse;
urine foncée;
selles de couleur claire;
perte d’appétit;
nausée;
douleur abdominale.

Le virus de l’hépatite C peut vivre à l’extérieur de l’organisme. Voici ses modes de transmission :

contact sang à sang;
partage des aiguilles;
transmission d’une mère infectée à son enfant;
partage d’articles d’hygiène comme les rasoirs, les ciseaux, les coupe-ongles ou les brosses à dents;
perçage de différentes parties du corps.

Autres faits à considérer concernant l’hépatite C

Il n’existe pas de vaccin permettant de prévenir l’hépatite C.
Encouragez les gens à cesser l’utilisation de drogues injectables et à suivre un programme de traitement. S’ils en sont incapables, dites-leur de ne jamais partager d’aiguilles, de seringues ou d’eau et de se faire vacciner contre l’hépatite A et B.
Ne partagez aucun article de soins personnels susceptibles de porter des traces de sang (rasoirs, brosses à dents).
Les RSC devraient toujours suivre les
précautions anti-bio-résistantes d’usage et manipuler avec soin les aiguilles et autres objets pointus; ils devraient aussi se faire vacciner contre l’hépatite B.
Considérez les risques associés au tatouage ou au perçage du corps. Dans un cas comme dans l’autre, les instruments utilisés peuvent porter des traces du sang de quelqu’un d’autre. En outre, l’artiste ou la personne qui pratique le perçage n’applique pas nécessairement des mesures hygiéniques adéquates.
Le virus de l’hépatite C peut être transmis par relation sexuelle, mais cela est plutôt rare. Les personnes qui ont des relations sexuelles avec plus d’un partenaire régulier doivent utiliser le condom de façon adéquate et à chaque relation et ce, afin de prévenir la propagation des maladies transmissibles sexuellement.
Si vous êtes atteint de l’hépatite C, vous devriez aussi vous faire vacciner contre l’hépatite B.
Si vous êtes porteur du virus de l’hépatite C, vous ne devez pas donner de sang ni faire don d’organes ou de tissus.

Les gens les plus à risque de contracter l’hépatite C sont les usagers de drogue. Une enquête sur la santé menée en Ontario indique que 51 % des jeunes affirment avoir consommé des drogues. De nombreux Autochtones font usage de drogues, et nous devons lutter de toutes nos forces pour leur assurer les soins dont ils ont besoin et stopper la propagation de l’hépatite C. C’est là une occasion unique pour les RSC d’entrer en contact avec les membres de la communauté.