Séance de formation
La violence et la mort
de l’Esprit

 «Toute culture qui a subi l’oppression se retourne inévitablement contre elle-même. »

Arlene Delaronde - Mohawk de Kahnawake, Québec, Arlene s’occupe du programme de prévention de la violence familiale et du programme Healing the Family Circle depuis neuf ans.

La violence familiale transmise de génération en génération est une préoccupation vitale au sein des communautés des Premières nations.
L’expérience des pensionnats, le chômage et les cas d’abus sexuel sont tous à l’origine de traumas susceptibles d’affecter plusieurs générations et qui ont des conséquences durables sur les plans psychique et spirituel. Les peuples autochtones doivent rassembler leurs forces afin de combattre la violence dans les communautés et les familles.

La violence se manifeste chaque fois qu’une personne en blesse une autre ou menace de la blesser, chaque fois qu’elle blesse ses sentiments ou qu’elle s’en prend à ses biens. La violence est un comportement acquis. Ses formes les plus fréquentes sont la violence physique, verbale,
psychologique et sexuelle. Chez les Premières nations, de nombreux facteurs peuvent être à l’origine des cas de violence observés dans les
communautés ou les familles :

L’expérience des pensionnats

-Des enfants ont été retirés de leur famille, privés de l’affection de leur mère et victimes d’agressions sexuelles et physiques.

Le déplacement des communautés

-Les peuples des Premières nations ont été chassés de leurs terres, obligés de changer de réserves. Les terres choisies pour les réserves, loin d’être luxuriantes, ne peuvent convenir au mode de vie traditionnel des peuples autochtones.
-Les peuples autochtones vivaient des produits de la terre sur leur territoire et pouvaient se déplacer librement pour chasser et pêcher.
-Ils sont maintenant enfermés dans de petits territoires bien délimités et n’ont plus la possibilité de se déplacer librement. Des gens qui n’étaient pas familiarisés avec pareil mode de vie se retrouvent maintenant à l’étroit sur une petite parcelle de terre.

L’appropriation du territoire

-Les peuples autochtones ont perdu leurs terres, leurs lacs et leurs cours d’eau ainsi que leur mode de vie naturel.
-La construction d’autoroutes, de zones d’aménagement et de terrains de golf empiète sur les territoires traditionnels.
-La disparition du mode de vie traditionnel des peuples autochtones entraîne aussi une perte d’identité et de culture.

La Loi sur les Indiens

-Cette Loi cautionne le racisme et les préjudices à l’endroit des
Autochtones et de leur mode de vie.
-Les agents des sauvages avaient le pouvoir d’administrer les communautés autochtones; ils pouvaient envoyer les enfants au loin et prendre les décisions en matières d’aide et d’éducation.

La pauvreté

-La pauvreté prend la forme du chômage, du manque d’éducation et de l’absence d’eau potable et de logement adéquat.

Le choc des cultures

-Les Autochtones manquent d’éducation et de formation pour accéder à l’école secondaire.
-Les élèves n’étaient pas préparés à leur entrée au pensionnat. Ils recevaient un enseignement inadéquat de l’histoire autochtone à l’école secondaire.
-La perte de la culture et des traditions implique une perte d’identité.

Le racisme

-Le racisme de la société dominante et aussi celui qui s’exprime à l’intérieur même de nos communautés (violence latérale).

La peine non surmontée

-Les traumas peuvent engendrer de la peine, voire un sentiment de perte et de désespoir, et ces sentiments sont souvent refoulés.
-La douleur causée par la peine et la rage refoulées peut donner lieu à de nombreux comportements, notamment à l’abus d’alcool et d’autres
substances et à la violence physique ou psychologique, et ce sont les
membres de nos communautés et de nos familles qui en subissent les
conséquences.

Quelles solutions pouvons-nous apporter dans nos communautés?

L’enrichissement culturel – Retourner en arrière et apprendre d’où l’on vient, apprendre son histoire et ses traditions.

Le travail spirituel – Retrouver la santé et le bonheur, devenir responsable de la qualité de la vie au sein de la communauté,
respecter les droits fondamentaux de l’homme, se protéger des situations
violentes.

L’éducation – Participer à des ateliers; se renseigner davantage sur les traumas et la peine transmis de génération en génération. Apprendre à communiquer plus efficacement surtout entre conjoints et avec les enfants.
Apprendre à créer de saines relations et à devenir un meilleur parent.

Pour faire face à la violence nous devons modifier nos croyances et nos perceptions. Les sentiments de perte non résolus et refoulés finissent tôt ou tard par se manifester avec plus ou moins de violence.

« Nos enfants apprennent ces comportements de nous et peuvent les transmettre à leurs propres enfants. Nous devons apprendre notre propre histoire, redécouvrir notre culture pour découvrir qui nous sommes
vraiment en tant que peuples autochtones. Nous devons être fiers de notre passé si nous voulons modifier notre avenir. »