Séance de formation
Plantes et médicaments traditionnels

 Ida Calmegane – Déshitán du clan des Crow et une aînée respectée des Danseurs tagish et de la Première nation Carcross/Tagish

Les plantes et les médicaments traditionnels occupent une place importante dans la culture autochtone. Les enfants peuvent commencer à s’intéresser aux méthodes de guérison traditionnelles à un jeune âge. Les aînés peuvent enseigner beaucoup de choses sur les plantes et les médicaments. Comme l’enseigne le Cercle d’influence, les méthodes de guérison traditionnelles visent à intégrer tous les aspects de la personne, tant spirituel, émotionnel et physique que mental.

Le genévrier rouge, l’aulne, le cornouiller soyeux, le thé de la baie d’Hudson, le thé du Labrador, l’herbe aux dindons, les champignons, le peuplier deltoïde, le crocus, la mousse de cheveux d’ange, la rose, la vésicule biliaire d’ours, la résine d’épinette, de sapin et de pin et l’écorce de mélèze sont tous utilisés par Ida comme médicaments.

Le genévrier rouge est utilisé pour les maux d’estomac et les problèmes cardiaques.
L’aulne soulage les ulcères et élimine les vers intestinaux. Le cornouiller soyeux traite la diarrhée.
Le thé de la baie d’Hudson et le thé du Labrador sont utilisés contre l’insomnie.
L’herbe aux dindons favorise la digestion. Elle est séchée puis conservée dans du papier ou une boîte. On peut la prendre en infusion.
La sauge n’est pas seulement utilisée pour la cuisine. Chauffée, elle sert à traiter les articulations arthritiques. La « poudre » des vesses-de-loup calme les brûlures.
Les bourgeons du peuplier deltoïde et du peuplier baumier sont collants. On les fait bouillir pendant 20 à 30 minutes pour préparer une décoction qui sert à traiter la toux tenace.
Le crocus sert à traiter les infections de gencives des bébés qui percent leurs dents.
La mousse de cheveux d’ange bouillie sert à traiter les infections de l’estomac.
La décoction de pétales de rose est filtrée puis utilisée pour se doucher les yeux. On peut aussi en faire de la confiture.
Les mûres, les raisins d’ours et les stoneberries sont utilisés dans la cuisson.
La vésicule biliaire d’ours est séchée, réduite en poudre et mise en capsules; elle sert à soulager la douleur chez les cancéreux.
La mousse de caribou est utilisée pour le traitement du cancer; les bois de caribou ont aussi des vertus médicinales.
La résine d’épinette, de sapin et de pin gris sert à traiter les infections ainsi que les coupures et les égratignures. On l’utilise aussi pour
soulager les maux de gorge.
L’écorce de bouleau est brûlée dans la tente pour chasser les moustiques.
L’écorce du mélèze bouillie est très utile. Pour obtenir de bons résultats, on fait bouillir un morceau d’écorce de 18 pouces (46 cm) de longueur prélevé sur la partie de l’arbre exposée au nord. L’écorce y est plus tendre que sur la partie exposée au sud car elle reçoit moins de soleil. La décoction obtenue sert à purifier le sang chez les gens qui souffrent d’hyperglycémie.

On doit toujours préparer les médicaments traditionnels dans des récipients en pyrex ou émaillés plutôt qu’en acier inoxydable ou en aluminium et ce, afin d’en préserver la pureté. On les conserve dans des contenants de verre comme les pots Mason et non dans des contenants de plastique. Pour obtenir les meilleurs résultats possible dans la préparation des médicaments traditionnels, on doit d’abord les amener à ébullition puis les laisser mijoter.
De récentes recherches soulignent l’efficacité de nombreux médicaments et approches thérapeutiques traditionnels. Nombre de pays ont investi dans l’évaluation scientifique des médicaments traditionnels et ont accru l’usage de ces médicaments dans les soins de santé primaires. Au cours de leur histoire, les peuples des Premières nations ont utilisé une grande variété de plantes pour assurer leur santé et leur bien-être. Ils savent que chaque plante a des vertus particulières et ont élaboré au cours des siècles une vaste pharmacopée à base de plantes médicinales. Non seulement les méthodes traditionnelles sont-elles efficaces, mais elles
constituent un moyen de reprendre possession d’un patrimoine perdu au profit de la civilisation occidentale.