Décès par lésions traumatiques chez les
peuples
autochtones du Canada
Article présenté par Karin Johnson, GTNPBPNI

 

Les lésions traumatiques sont l’une des principales causes de mortalité chez les peuples autochtones. Le nombre de décès qui leur sont associés dans la population autochtone est environ trois à six fois supérieur à la moyenne canadienne. Dans la population autochtone comme dans la population canadienne, les décès par lésion traumatique sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes. L’âge des victimes est semblable à celui observé dans la population canadienne, la tranche d’âge la plus touchée étant celle des 15 à 24 ans. Les causes les plus fréquentes de blessures mortelles chez les peuples autochtones sont les accidents de véhicule moteur et le suicide. Bien que les taux de décès par lésion traumatique demeurent élevés, ils se sont améliorés avec le temps : ils ont diminué de 37 % au cours de la période entre 1989 et 1993. Pareille diminution s’explique en majeure partie par la réduction des lésions associées aux accidents de véhicule moteur et à la noyade; les taux de lésions traumatiques associées aux suicides et aux homicides sont toutefois demeurés relativement identiques.

Accidents de véhicule moteur
Les accidents de véhicule moteur sont l’une des causes les plus fréquentes de décès dans la population autochtone, tout particulièrement chez les hommes. Les facteurs de risque sont notamment les grandes distances à parcourir pour vaquer aux occupations normales, l’éloignement des établissements qui dispensent des soins d’urgence et l’utilisation fréquente de véhicules comportant plus de risques comme les véhicules tout terrain et les motoneiges, surtout dans le Nord.

Noyade
Le nombre de décès par noyade est plus élevé chez les peuples autochtones que dans la population canadienne. Ils sont 15 fois plus fréquents chez les tout-petits que chez tout autre groupe d’âge et sont aussi plus fréquents chez les hommes. Environ huit victimes de noyade sur dix sont des hommes. Malgré leur nombre élevé, les décès par noyade ont diminué de 56 % au cours de la période entre 1979 et 1993. Les facteurs de risque sont notamment la proximité des cours d’eau, tout particulièrement dans les régions septentrionales où la basse température de l’eau peut entraîner la mort par hypothermie, l’utilisation peu répandue des dispositifs de flottaison et la consommation d’alcool.

Incendie et feu
Les lésions traumatiques attribuables à un incendie ou au feu sont quatre à huit fois supérieures à la moyenne canadienne. Les décès attribuables à ces causes ont toutefois diminué de 44 % entre la période de 1979 à 1981 et la période de 1991 à 1993. Les facteurs de risque de lésions traumatiques attribuables à un incendie ou au feu sont notamment les constructions à ossature de bois, l’utilisation peu répandue des détecteurs de fumée et le tabagisme.

Chutes accidentelles
Les lésions traumatiques dues aux chutes accidentelles ont un grand rapport avec l’âge. Chez les peuples autochtones, ce type de lésions est environ trois fois supérieur à la moyenne canadienne. Entre 1979 et 1981 et entre 1991 et 1993, les chutes mortelles chez les personnes de 25 ans et plus ont diminué.

Intoxication accidentelle
Les cas d’intoxication accidentelle semblent plus fréquents dans la population autochtone que dans la population canadienne. Ils sont quatre fois plus fréquents que la moyenne et s’observent plus souvent chez les enfants de moins de quatre ans. Les décès par suite d’intoxication accidentelle sont toutefois en augmentation chez les groupes d’âge plus élevé.

Suicide et homicide
Le taux de suicide est trois à quatre fois plus élevé que dans la population canadienne, et le suicide compte pour environ 25 % de tous les cas de décès par lésion traumatique observés dans la population autochtone. Le nombre le plus élevé de décès par suicide s’observe dans le groupe d’âge de 15 à 24 ans, et le nombre de suicides réalisés est plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Le taux de décès par homicide chez les peuples autochtones est quatre à cinq fois supérieur à la moyenne, la majorité des victimes étant de jeunes hommes.

Les facteurs de risque relatifs au suicide, à la violence et aux agressions ont trait aux conditions de vie des communautés, notamment le nombre d’occupants par maison, les familles monoparentales, l’absence des aînés, le faible revenu moyen, le manque d’éducation et le mode de vie fondé sur la chasse (l’accès aux armes à feu).

Les peuples autochtones sont exposés à de nombreux facteurs de risque de lésions traumatiques. Même si les taux de mortalité liée aux lésions traumatiques se sont améliorés au sein de la population autochtone, ils sont encore élevés, surtout comparativement aux taux observés dans l’ensemble de la population canadienne. Les lésions traumatiques sont responsables d’un grand nombre de décès prématurés chez les peuples autochtones. Les accidents de véhicule moteur et l’intoxication par les drogues causent de nombreux décès, alors que le suicide est très répandu et qu’il tend à se produire à un jeune âge. Il y a toutefois une lueur d’espoir, car de nombreuses communautés et organismes prennent des mesures visant à prévenir les lésions traumatiques et à alléger le fardeau qu’elles représentent pour la population autochtone.

Source : Les lésions traumatiques accidentelles et intentionnelles chez les Autochtones du Canada, 1990-1999.
Site Web : http://hc-sc.gc.ca/fnihb-dgspni/fnihb/chp/ipc/publications