LE
DIABÈTE : QUELS SONT LES
PROGRAMMES QUI SONT EFFICACES
DANS NOS COMMUNAUTÉS?

Dabord et avant tout, disons quil y a dans lensemble
un grave manque
de programmes de prévention du diabète adaptés
aux peuples autochtones.
En ce sens, le thème de la conférence nationale
de la National Aboriginal
Diabetes Association qui sest tenue à Winnipeg, Manitoba,
du 1er au 4
juin dernier, soit Strengthening Our Future (Pour un avenir plus
sain), était
très approprié car de nombreux conférenciers
ont abordé la question de
limplantation de programmes adaptés sur le plan culturel
et efficaces
auprès des peuples autochtones dans le but de mieux gérer
la maladie et
dassurer aux générations futures une vie plus
saine. Judi Jacobs, de
lONRIISC, a résumé pour nous le contenu des
différents exposés. Bien
quil fut encourageant dentendre parler de programmes
qui ont aidé les
peuples autochtones à réduire au minimum les risques
de contracter le
diabète, bien des conférenciers étaient préoccupés
par les moyens à
mettre en uvre pour créer des programmes communautaires
sadressant aussi aux personnes les plus atteintes. En plus
de comporter
un volet éducatif axé sur la prise en charge de
la maladie, ces
programmes doivent permettre aux gens de gérer leur propre
processus de guérison. Les RSC de nombreuses communautés
de
partout au Canada ont créé et mis en place des programmes
efficaces
conçus spécialement à lintention des
peuples autochtones. La création
de tels programmes exige dabord de comprendre que les
approches habituelles en matière déducation
susceptibles dêtre
efficaces dans les communautés non autochtones nont
généralement
pas de succès dans les communautés autochtones.
En fait de modèle efficace, le Dr Don Voaklander
du Royal Alexandra
Hospital de Edmonton est davis que lapproche proposée
dans le
cadre du Aboriginal Diabetes Wellness Program est la bonne. Ce
programme, mis sur pied conjointement par des aînés
autochtones
et par le personnel médical, est basé sur la philosophie
et la spiritualité
autochtones. Il associe les aliments traditionnels à la
pratique médicale
occidentale. Le Dr Voaklander explique quil sagit
là dun aspect
essentiel pour garantir la participation des peuples autochtones
:
« La participation autochtone aux programmes habituels est
très faible.
Cela peut sexpliquer par le fait que la diffusion dinformation
relative
au diabète soppose à lune des principales
valeurs des peuples
autochtones, la non-ingérence. La population générale
est
habituée au style paternaliste de diffusion dinformation
sur la
santé adopté par les spécialistes. Lune
des caractéristiques de la
culture autochtone est le droit individuel de choisir ou non de
partager
linformation. Personne nest tenu dobéir.
» programmes exige dabord
de comprendre que les approches habituelles en matière
déducation
susceptibles dêtre efficaces dans les communautés
non autochtones
nont généralement pas de succès dans
les communautés autochtones.
En fait de modèle efficace, le Dr Don Voaklander du
Royal Alexandra
Hospital de Edmonton est davis que lapproche proposée
dans le
cadre du Aboriginal Diabetes Wellness Program est la bonne. Ce
programme, mis sur pied conjointement par des aînés
autochtones et
par le personnel médical, est basé sur la philosophie
et la spiritualité
autochtones. Il associe les aliments traditionnels à la
pratique médicale
occidentale. Le Dr Voaklander explique quil sagit
là dun aspect
essentiel pour garantir la participation des peuples autochtones
:
« La participation autochtone aux programmes habituels est
très faible.
Cela peut sexpliquer par le fait que la diffusion dinformation
relative
au diabète soppose à lune des principales
valeurs des peuples
autochtones, la non-ingérence. La population générale
est habituée au style
paternaliste de diffusion dinformation sur la santé
adopté par les
spécialistes. Lune des caractéristiques de
la culture autochtone est le
droit individuel de choisir ou non de partager linformation.
Personne
nest tenu dobéir. » Les 150 patients
sont suivis pendant trois mois
puis pendant six mois après leur participation au Aboriginal
Diabetes
Wellness Program afin de mesurer leur glycémie et dévaluer
leur
qualité de vie générale. Si les recherches
font état de résultats
positifs, lapproche en question pourrait être intégrée
aux divers
programmes de prévention du diabète offerts un peu
partout au
pays à lintention des Autochtones, ou du moins influer
sur le
contenu de ces programmes (17).

Résumé de
la première
conférence annuelle de la NADA
-du 1er au 4 juin 2000
Winnipeg, Manitoba
La Première conférence annuelle de la National
Aboriginal Diabetes
Association a connu un succès retentissant. Plus de 60
conférenciers
ont abordé différents sujets ayant trait au diabète
et aux peuples
autochtones, notamment les programmes de prévention, la
santé et
lexercice physique. Le résumé qui suit nest
nullement exhaustif, mais
présente plutôt quelques-uns des programmes et des
initiatives
actuellement en vigueur dans des communautés de partout
au Canada.
Delma Peshabo a parlé du centre de ressources
sur le diabète de sa
communauté, dont les responsables ont pour objectif de
diminuer
lincidence du diabète par des efforts communautaires
et individuels
en diffusant linformation nécessaire à la
prise en charge de la maladie.
Voici les objectifs du programme :
promouvoir des habitudes de vie
saines;
procéder à des interventions
efficaces visant la détection précoce
de la maladie;
donner à chacun les moyens
de prendre en main sa propre santé
pour quil se sente responsable et quil fasse les changements
nécessaires;
améliorer la connaissance
du diabète au sein de la communauté.
Un mode de vie sain est la clé de la santé et
le meilleur moyen
dencourager et daccroître lexercice physique.
Delma a parlé du
programme A Walking Awareness (Marcher pour se sensibiliser)
quelle a elle-même implanté dans sa propre
communauté et dont voici
les objectifs :
1) sensibiliser la population à limportance
dun mode de vie sain et actif
(promouvoir la participation des écoles et des enfants);
2) sensibiliser les Autochtones à la prévalence
du diabète dans la
communauté;
3) diminuer lincidence du diabète par une
activité physique accrue
lactivité étant la clé dune
vie équilibrée.
La « marche de dix heure » a lieu chaque
mercredi à lécole locale. Son
objectif : aider les enfants et les adultes à demeurer
actifs. Après la marche,
on offre aux participants des grignotines saines. La marche est
annoncée par des circulaires, des affiches et des bulletins
dinformation,
et on remet chaque semaine et chaque mois des prix aux participants
afin de maintenir leur intérêt. Lévénement,
qui connaît du succès à
plusieurs égards, suscite beaucoup dintérêt.
Lobjectif de Delma est
dattirer encore plus dadultes en proposant des marches
en soirée.
Le nombre de participants augmente régulièrement
car la marche
offre une très bonne occasion de socialiser, et cest
aussi une bonne
manière de diminuer le taux de sucre sanguin. Les défis
quelle doit
relever sont habituellement le mauvais temps, le fait de trouver
assez dadultes pour participer à lévénement
et autres difficultés
du même ordre.
Elmer Ghostkeeper a parlé au nom du Aboriginal
Diabetes Wellness
Team Capital Health Authority de Edmonton. Le sujet de sa conférence
était Diabetes Management A Holistic and Traditional
Way to Wellness
(La gestion du diabète Une approche holistique et
traditionnelle du
bien-être). Il sagit en fait dun programme lancé
en 1996 en réponse à
une suggestion des aînés et qui consiste essentiellement
en un cercle de
partage à lintérieur duquel les participants
sont invités à parler de leurs
expériences. Dune durée de quatre jours, le
programme vise la création
dun plan de vie favorisant la santé et le bien-être.
Les participants
reçoivent dabord et avant tout les conseils spirituels
des aînés. Il sagit
dun programme adapté sur le plan culturel sadressant
à sept groupes
linguistiques. Son objectif principal consiste à offrir
une approche
holistique et très équilibrée en matière
de gestion du diabète et de
sensibilisation à la maladie essentiellement basée
sur le partage des
connaissances. Réunis en cercle, les membres du groupe
sont
encouragés à parler librement de leurs espoirs et
de leurs craintes.
En favorisant lautogestion et la prise en charge de soi-même,
ces
cercles amicaux permettent aux participants de trouver un mode
de
vie sain.
La vision du programme : promouvoir et encourager la création
dun plan
de vie équilibré et holistique par les personnes
atteintes de diabète.La
mission du programme : intégrer les aspects émotionnels,
physiques et
spirituels dans la lutte commune pour le contrôle du diabète.
Le modèle proposé par le programme : synthèse
de la sagesse autochtone
et de la connaissance scientifique occidentale.
Au cours des quatre jours, les participants vivent en résidence.
En
1998-1999, 347 personnes ont participé au programme.
Six mois plus
tard, ils ont suivi un cours dune durée de trois
jours pour rafraîchir leurs
connaissances et revoir leurs habiletés. Les participants
ont aussi la
possibilité de suivre un programme de soutien dune
journée. En
1998-1999, le volet de sensibilisation du programme a amené
les
responsables à visiter 42 communautés, suscitant
ainsi la participation
de 239 personnes.
Kathy Cardinal a pris la parole au nom du Aboriginal
Diabetes
Wellness Team Capital Health Authority de Edmonton. Elle a décrit
les principales causes du diabète dans les communautés
autochtones.
Le pancréas joue un rôle vital, et lorsque son fonctionnement
est
compromis par le diabète, tout lorganisme sen
ressent. La prévalence
du diabète est trois à cinq fois supérieure
à celle observée dans les
communautés non autochtones. Le manque dactivité
physique et la
popularité des aliments transformés sont deux des
principales raisons
pour lesquelles la maladie est si fréquente dans les communautés
autochtones. Kathy préconise une approche holistique intégrant
les
cérémonies, les sacrifices, les rituels, lenseignement
des aînés, le
port des peintures traditionnelles et la prière comme complément
à
lapproche médicale occidentale.
Elle souligne que la maladie affecte les individus, les familles
et les
communautés. Elle parle aussi dune autre maladie
qui apparaît plus
tard, lorsque les gens sont stressés ou que les responsabilités
saccumulent
et quils « deviennent malades dinquiétude
». Kathy nous dit découter
notre corps, de tenir compte des avertissements quil nous
donne.
Dans son exposé intitulé Strengthening Involvement
of Community
Membership (Pour une plus grande participation de la communauté),
Bill Mussell a décrit les moyens daccroître
la participation des
communautés autochtones aux programmes de prévention
du diabète.
Il sest surtout attardé à expliquer limportance
de prendre en charge
sa propre vie. Une façon dy parvenir serait selon
lui de donner aux
communautés le sentiment quelles sont partie prenante
aux
programmes de prévention. Lorsque les gens sentent quils
participent au processus décisionnel, ils travaillent dautant
plus
fort à créer un système de gestion de la
maladie adapté à leurs
besoins. Dans certaines communautés, les gens ont limpression
que tout se fait sans leur consentement. Selon Bill, nous devons
nous
demander si les gens dune communauté donnée
ont le sentiment
dêtre partie prenante à lélaboration
des divers programmes.
Ce sentiment est essentiel à lautonomie et à
lautogestion. Quels
sont alors les obstacles qui nous ont empêchés jusquà
maintenant
déprouver ce sentiment?
+ La peur nous aimons suivre et ne pas avoir
à prendre de décisions.
Nous ne sommes pas assez habitués à nous affirmer
et à prendre
des initiatives.
+ Le manque de vision lorsquun organisme est
dépourvu de vision,
le personnel se demande sil se passe vraiment quelque chose
de
significatif, si son travail sert à quelque chose. Avoir
une vision,
cest sinterroger sur lavenir. Cela est très
important pour la rédaction
des descriptions de travail et pour définir les buts et
les objectifs dun
organisme.
« Nous ne pouvons aider les gens que nous servons à
changer leur vie
avant quils ne décident eux-mêmes de prendre
leur vie en main.
Nous devons trouver les moyens de susciter chez eux le besoin
de
savoir, trouver quelque chose qui pourra changer leur vie. »
Bill Mussell
Alors, comment les leaders peuvent-ils donner aux membres de
la
communauté le sentiment quils sont partie prenante
de quelque chose?
Voici ce que nous devons faire :
mettre
à jour nos programmes déducation et de formation;
transmettre
notre culture aux générations futures (se
donner la
possibilité dêtre entendus, laisser une place
aux contes) lhabileté
à communiquer est lune des clés du changement;
poser
des questions afin de mieux comprendre cest là
un aspect
important;
assumer
la propriété des données relatives au diabète
provenant de
notre communauté;
considérer
toutes les choses qui influent sur la santé des membres
de la communauté, notamment :
le logement;
lemploi;
léducation et la formation;
lalimentation;
orienter
nos actions en vue de résultats précis évaluer
les
participants et accepter les critiques à mesure quévoluent
les
programmes déducation ou autres;
toujours
agir dans une perspective à long terme, dans lintérêt
et avec la participation des membres de la communauté.
Bill a souligné le fait que léducation
concerne en majeure partie le
monde extérieur et non notre monde intérieur
nous devons
découvrir nos émotions, nos sentiments et nos perceptions.
Compte
tenu de lhistoire de la culture autochtone au Canada, nous
éprouvons
un malaise à parler de demain et de lavenir. Nous
devons nous ce que
sera notre vie et celle de nos petits enfants dans 30 ans. Nous
devons
planifier en ce sens et commencer dès MAINTENANT à
prévoir
lavenir. Nous sommes beaucoup plus à laise
avec le passé et nous
refusons daffronter les réalités daujourdhui.
Le deuil et la guérison
permettront aux gens de prendre en main leur propre vie ainsi
que
celle de leur famille et de leur communauté.
« Nous devons découvrir ce que nous
connaissons, car ce nest qualors que nous
pourrons décider de ce que nous croyons pouvoir enseigner. »
Bill Mussell
Ce fut ensuite au tour de Jocelyn Bruyere de présenter
son exposé intitulé
First Nation Ownership. Control and Access (OCA) Over Diabetes
Research: Outcomes of the Manitoba First Nations Regional Health
Survey (MFNRHS) (Premières nations -- Propriété,
contrôle et accès
en matière de recherche sur le diabète : Résultats
de lEnquête régionale
sur la santé des Premières nations du Manitoba).
Jocelyn a dabord
souligné que, dans sa communauté, environ une personne
par famille
est atteinte de diabète. Elle a cité lexemple
dune femme dont 12
enfants sur 13 sont diabétiques, puis a présenté
quelques données sur
la prévalence de la maladie :
Âge :
Le risque de contracter le diabète saccroît
tellement avec lâge que les
personnes de 50 ans et plus sont dix fois plus à risque
de contracter la
maladie que les personnes de 15 à 24 ans, et trois fois
plus à risque
que les personnes de 25 à 49 ans.
Obésité :
Les personnes ayant un indice de masse corporelle (IMC) de 30
ou plus
sont trois fois plus à risque de contracter le diabète
que celles dont lIMC
est inférieur à 30 (lIMC établit une
relation entre le poids et la taille).
Éducation :
Les personnes dont le niveau déducation ne dépasse
pas la neuvième
année sont deux fois plus à risque de contracter
le diabète.
Jocelyn a parlé de la récente Enquête régionale
sur la santé des Premières
nations du Manitoba et a expliqué limportance du
principe de
propriété, de contrôle et daccès
(PCA). Il est essentiel pour les Premières
nations de posséder leurs propres données sur la
santé, den contrôler
lutilisation et dy avoir accès en tout temps.
Le contrôle en matière
dutilisation des données permet détablir
des priorités en fonction des
besoins des communautés des Premières nations, priorités
établies par
les communautés et pour les communautés, de déterminer
le contenu
et dévaluer limpact des stratégies et
des programmes.
Les résultats de lEnquête régionale
sur la santé des Premières nations
du Manitoba ont été très utiles à
lélaboration de la Stratégie en matière
de diabète des Premières nations du Manitoba et
à la rédaction dun
document intitulé Call to action (Appel à laction)
par le Comité du
diabète des Premières nations du Manitoba. Ce document
porte sur
la recherche, la surveillance et lévaluation des
programmes. On y
souligne en outre limportance du principe de propriété,
de contrôle et
daccès (PCA).
Brenda Elias a analysé les données recueillies
dans le cadre de lEnquête
régionale sur la santé en fonction du diabète.
Les données proviennent
de 17 communautés représentant les 12 conseils
et de communautés
indépendantes, pour lesquelles une petite et une grande
communautés
ont été sélectionnées au hasard pour
chaque conseil tribal. Au total,
1 948 personnes ont participé à lenquête
et ce, à partir dun bassin de
population de 32 030 personnes appartenant aux Premières
nations du
Manitoba. Les participants ont répondu à plusieurs
questions sur le
diabète.
Répartition des données :
18 p. 100 de lensemble de
la population sondée est atteinte de
diabète;
17 p. 100 de la population
du nord est atteinte de diabète;
19 p. 100 de la population
du sud est atteinte de diabète.
Prévalence :
n la prévalence du diabète
est plus élevée chez les femmes de tous
les groupes dâge;
n presque 50 p. 100 des
femmes atteintes de diabète souffrent de
diabète gestationnel;
n à partir de 65 ans, les
femmes sont deux fois plus à risque que
les hommes de contracter le diabète.
Facteurs de risque :
les diabétiques sont plus
à risque davoir un excédent de poids;
les diabétiques sont trois
fois plus à risque de souffrir
dhypertension artérielle;
les diabétiques sont souvent
des fumeurs.
Facteurs de risque de maladie cardio-vasculaire :
40 p. 100 des participants
disent présenter lun des facteurs de risque
suivants : IMC élevé, tabagisme ou hypertension
artérielle;
15 p. 100 des participants
disent présenter au moins deux de ces
facteurs de risque;
11 p. 100 des participants
présentent ces trois
facteurs de risque;
7 p. 100 seulement
ne présentent aucun de ces facteurs de risque.
Éducation :
On a demandé aux participants sils avaient déjà
fréquenté un centre
déducation sur le diabète ou suivi des ateliers
sur le diabète, puis on a
comparé les réponses des femmes à celles
des hommes :
la plupart des hommes de 18 à
44 ans ont répondu OUI;
la plupart des hommes de 44 ans
et plus ont répondu NON;
la plupart de femmes de 44 ans
et plus ont répondu OUI.
Examen médical :
77 à 86 p. 100
des gens âgés (hommes et femmes) subissent
régulièrement un examen médical;
ce pourcentage est beaucoup moins
élevé chez les personnes de
18 à 44 ans (hommes et femmes);
les résultats sont similaires
pour les tests de tension artérielle :
environ 77 à 86 p. 100 % des personnes (hommes
et femmes) font
mesurer leur tension artérielle, les statistiques étant
moins élevées chez
les plus jeunes.
Services de soutien aux diabétiques (incluant les
services offerts
par les médecins, les infirmières et les diététiciennes
et les
services de soutien à domicile) :
11 à 16 p. 100
seulement des participants considèrent que ces
services sont adéquats (ce nombre est beaucoup trop faible).
Aspects à améliorer :
La grande majorité des participants
sont davis quil y a beaucoup
daméliorations à apporter à la prévention
et au traitement du diabète
dans les communautés autochtones, tout particulièrement
dans les
domaines suivants : programmes déducation et
de sensibilisation,
soins à domicile, soins des yeux (spécialistes),
prévention de la maladie,
établissements de soins primaires, enseignement relatif
aux médicaments
et services de dialyse rénale.
Points mis en évidence par le sondage :
la prévention du diabète
et des facteurs de risque de maladies
cardio-vasculaires est essentielle;
nous avons besoin danalyses
plus approfondies des facteurs de risque
relatifs aux différences de sexe et dâge, de
données sur la fréquentation
des programmes denseignement du diabète, de données
sur la
prévalence du diabète gestationnel et sur les différences
dâge des
personnes atteintes;
les analyses régionales
sont importantes pour des raisons ayant
trait notamment aux conditions économiques et au racisme;
beaucoup de personnes ignorent
quelles sont atteintes de diabète.
Brendra a de nouveau a souligné le caractère
essentiel de la surveillance.
Léducation doit aider à enrayer cette épidémie.
Les peuples des
Premières nations devraient avoir accès à
leurs propres données sur la
santé, décider des modalités danalyse
de ces données aux fins de
création de programmes et trouver des modes de gestion
de la maladie
adaptés tant sur le plan culturel quà chacune
des communautés
concernées.
Coûts du diabète :
le diabète a une incidence
sur léconomie lorsquun grand nombre
dindividus en sont atteints;
coûts sociaux et émotionnels;
coûts pour les familles.
Préoccupé par la difficulté que présente
lenseignement du diabète dans
certaines communautés, Solomon Awashish a présenté
une approche
originale : Using Radio to Teach about Diabetes (La radio,
un moyen
dinformer les gens sur le diabète). Très accessible,
la radio est un
moyen très efficace datteindre les communautés.
Cest aussi le moyen le
moins coûteux datteindre un très grand nombre
de personnes. Solomon
offre la possibilité de diffuser gratuitement de linformation
dans le cadre
de son émission. Cest un moyen formidable dinformer
les gens en dépit
du manque de financement dont souffrent la plupart des communautés
lorsquil sagit du diabète. Les responsables
des stations de radio
communautaire locales sont constamment à la recherche de
contenu pour
leur programmation, et ils seraient très heureux de diffuser
une émission
sur le diabète.
La région de la baie James compte neuf communautés
cries, et chacune
dentre elles possède sa propre station de radio.
On y présente chaque
jour trois heures de programmation en langue crie. Solomon rappelle
que la tradition orale a une importance primordiale chez les
peuples des Premières nations et que, par conséquent,
la radio constitue
un médium approprié pour eux. Lusage des langues
ancestrales crée un
sentiment dappartenance et un climat de confiance. Pour
un grand
nombre daînés qui ne comprennent ni langlais
ni le français, elles sont
le seul moyen dont ils disposent pour sinformer. Le plus
grand défi
que pose la gestion du diabète consiste à modifier
les comportements,
et, en ce sens, la radio est un outil formidable pour atteindre
des gens
qui autrement ne seraient peut-être pas suffisamment renseignés
sur le
diabète.
La mise sur pied dune émission de radio efficace
exige dêtre bien
préparé et bien documenté. Il faut dabord
bien planifier lémission
au cours de conférences détude réunissant
des médecins et des
traducteurs. Il faut connaître lauditoire cible et
avoir une bonne formule.
Lémission téléphonique est très
recommandée, car il sagit dune bonne
thérapie pour les auditeurs, qui peuvent partager leurs
expériences et
saider mutuellement. Pour maintenir une programmation efficace,
on peut former parmi les auditeurs un groupe de discussion et
évaluer
leur appréciation de lémission à laide
dun questionnaire.
Également préoccupé par la diffusion de
linformation sur le diabète, le
Dr Robert Harris a parlé des moyens dinformer les
communautés et de
susciter la participation des gens aux différents événements.
Le Cree
Diabetes Network a mis sur pied plusieurs événements
dont la désormais
fameuse Sadies Walk qui a eu lieu le 19 juin
dernier.
Voici les conseils du Dr Harris pour lorganisation dun
événement à la fois
populaire et lucratif :
après un remue-méninges,
faire connaître lévénement par
communiqué de presse;
expédier ensuite une lettre
dinvitation à des gens importants comme
le chef, les représentants des médias et autres
dignitaires locaux;
solliciter la participation des
commerçants et des chefs dentreprise
locaux en leur demandant de verser des dons et offrir des prix
aux
participants;
après lévénement,
préparer un second communiqué de presse
en y mentionnant le nom des participants, leur nombre et leur
âge
ainsi que le montant dargent recueilli. Diffuser également
le
communiqué sur les ondes de la station de radio locale.

Voici quelques exemples dévénements
réussis :
A Day Without Your Vehicle
(Une journée
sans auto), dont tous les bénéfices ont été
versés
à la cause du diabète. Les participants
doivent faire un don pour utiliser leur automobile
pendant cette journée. Il sagit dun très
bon
événement qui met laccent sur lactivité
physique
il ny a pas de mal à marcher!
Les restaurants locaux servant
des aliments
recommandés aux diabétiques. Lévénement
a
connu beaucoup de succès avec la participation
de quatre des douze restaurants locaux. Tous les
repas ont été vendus avant lheure du souper!
Lun des événements
les plus impressionnants et les plus réussis,
Bringing Our People Home (Ramener nos gens chez eux), a
été
organisé par les jeunes Cris, qui ont marché pendant
deux mois et
demi une longue marche pour une bonne cause amassant
325 000 $
à lintention des personnes qui doivent se rendre
très loin (parfois à plus
de huit heures de route) pour recevoir un traitement de dialyse.
Le Dr Harris a souligné le besoin délargir
le Cree Diabetes Network
de manière à intégrer les jeunes et les personnes
de tout âge. Selon
lui, plus le réseau comptera de membres, plus il y aura
de nouvelles
idées quant aux moyens à prendre pour sensibiliser
la population à
cette maladie.
Pour mieux faire comprendre les initiatives cries en matière
denseignement et de gestion du diabète, Ashley
Iserhoff a discuté des
programmes de gestion du diabète mis en uvre par
le gouvernement
dans sa propre nation et de leur effet dégradant sur les
peuples des
Premières nations du fait quils ne répondaient
pas à leurs préoccupations
réelles. Il a expliqué que les aliments traditionnels
provenaient autrefois
de leur environnement immédiat, mais que ces habitats naturels
ont été
détruits, que les territoires de chasse ont rétréci
et que les
ressources des forêts ont été épuisées.
Il est davis que la chasse et
la trappe, essentielles selon lui à la survie des peuples
des Premières
nations, leur permettra de vaincre cette maladie si dévastatrice.
Ashley a parlé des membres de communautés éloignées
qui doivent
vivre en dehors de leur réserve pour recevoir des traitements
de dialyse
car aucune forme de traitement nest disponible localement.
En 1999, le
Cree Nation Youth Council et James Alfred Gunner, trappeur et
chasseur,
ont entrepris de visiter les communautés cries afin de
sensibiliser la
population aux difficultés auxquelles se heurtent les personnes
atteintes
du diabète et dexpliquer quil leur est souvent
impossible de demeurer
chez elles pour recevoir leurs traitements. Le projet, intitulé
Bringing our
People Home (Ramener nos gens chez eux), a permis damasser
au
total 500 000 $ dans le but de mettre sur pied une clinique
de dialyse
au service des communautés de lintérieur ou
éloignées et ce, afin de
rapprocher les membres de ces communautés de leur foyer.
Ashley
a présenté un document vidéo (également
diffusé sur les ondes de
CBC* ) illustrant jusquà quel point lévénement
a touché bien des
gens au plus profond deux-mêmes. Bringing Our People
Home
démontre que les jeunes peuvent être une grande source
dinspiration.
Ashley a présenté Minnie Wapachee-Bosum,
vivement applaudie pour
avoir complété la longue marche. Minnie a parlé
de son expérience
personnelle et des raisons qui lont poussée à
prendre part à la marche.
Elle voulait, dit-elle, le faire pour son père, qui souffre
de diabète, et
pour plusieurs autres raisons. Comme pour ses ancêtres,
ce fut pour
elle loccasion de vivre un retour à la terre pour
y trouver un sens à sa
vie et grandir davantage.
Minnie a informé lauditoire de la situation des
communautés cries.
Des neuf communautés, cinq sont situées sur les
rives de la baie James.
On y observe de plus en plus de cas dinsuffisance rénale
associée au
diabète, et les traitements de dialyse ne sont offerts
que dans des
communautés de lintérieur, très éloignées
des communautés côtières.
Des patients doivent donc parfois sabsenter de leur foyer
pendant
75 p. 100 et plus encore de leur temps pour recevoir des
soins
appropriés. Le 1er février 1999, James Alfred Gunner
et 15 jeunes
accompagnés de leur chef ont pris la route pour parcourir
1 300
kilomètres sur le territoire des nations cries. Le 9 avril
suivant, soit à la
fin du trajet, le groupe comptait 68 personnes. Minnie définit
comme
suit les objectifs de la marche :
sensibiliser les populations tout
en amassant des fonds pour
des appareils de dialyse;
se livrer à des activités
traditionnelles;
privilégier la guérison
de la toxicomanie (drogues et alcool).
AUTRES PROGRAMMES ET SERVICES RELATIFS AU
DIABÈTE ADAPTÉS AU
PEUPLES AUTOCHTONES
Evelyn McLeod-Chevier a expliqué le rôle
du Lawrence Commanda
Diabetes and Resource Centre. Le centre est financé par
le Diabetes
Health Network, une branche du ministère de la Santé
de lOntario.
Une partie du financement provient également des Premières
nations
de Nipissing.
Composantes du programme :
Enseignement individualisé sur le diabète;
Centre de ressources sur le diabète.
Le Diabetes Resource Centre comprend une halte-accueil qui
fait la
promotion dun mode de vie sain au moyen daffiches,
de documentation
et de dépliants sur le diabète proposant un enseignement
communautaire et
individualisé. Le centre préconise la détection
précoce de la maladie,
laccès à lautonomie et la prise en charge
de sa propre santé ainsi
quune meilleure connaissance de la maladie au sein des communautés.
Le centre emploie les services dun psychologue, dun
travailleur de
santé mentale, dun professionnel en toxicomanie,
dun conseiller auprès
des adolescents et dun travailleur spécialisé
en éducation sur les drogues
et lalcool. On accorde également une place aux guérisseurs
traditionnels,
dont lapproche est basée sur lutilisation de
la roue de médecine. En
matière déducation, lapproche utilisée
par le centre intègre
létablissement dun programme, la promotion
dun mode de vie sain,
des exposés en classe et la publication dun bulletin
santé mensuel. Les
responsables visent essentiellement à encourager
lautogestion et laccès à lautonomie.
Ils offrent un milieu de vie bien
différent de celui dun hôpital, et leur approche,
moins théorique et plus
équilibrée, comporte davantage dinteraction
avec les membres de
la communauté.
Doreen Beauchamp, du Yellowquill College au
Manitoba, a présenté un programme déducation
de niveau
collégial sur le diabète qui pourrait finalement
devenir un programme agréé.
Le programme, intitulé First Nations Diabetes Training
Program
(Programme de formation au diabète des Premières
nations), a débuté
il y a plusieurs années au Manitoba. Un autre organisme
a demandé à
Doreen de mettre sur pied un programme qui contribuerait à
sensibiliser
les communautés locales au diabète, à aider
les gens à mieux comprendre
la maladie et à trouver des façons de la gérer
et dy faire face. Comme
on pouvait sy attendre, la mise en uvre du programme
na bénéficié
daucun financement. Le programme est donc actuellement en
cours
mais il nest pas gratuit. Il a été mis sur
pied par des médecins et
dautres professionnels en collaboration avec des groupes
consultatifs
des Premières nations. Son coût relatif est faible
mais il doit être chargé,
car le financement est très limité, voire inexistant.
En vigueur depuis le mois de février dernier, le programme
emploie
actuellement dix étudiants, tous originaires du sud du
Manitoba et qui,
à lexception dun seul, sont tous des travailleurs
en santé communautaire
(ou représentants en santé communautaire). Le seul
étudiant qui fait
exception est atteint de diabète. Il désire séduquer
lui-même pour
partager plus tard ses connaissances avec les membres de sa communauté.
Le programme vise essentiellement à fournir linformation,
les
connaissances et le matériel dont les travailleurs et les
représentants
en santé communautaire ont besoin pour travailler avec
les autres
membres de la communauté et collaborer, au niveau professionnel,
avec les éducateurs qui travaillent déjà
à la prévention du diabète dans
la communauté. Le programme se divise en différents
modules, de
sorte que les étudiants peuvent, au besoin, ne participer
quun certain
nombre de semaines par mois sans avoir à consacrer à
leur formation
plusieurs mois consécutifs lorsque cela leur est impossible.
LE CONTENU DU PROGRAMME
Résumé : symptômes, types de diabète,
techniques de soins personnels
(peau, dents et pieds), conférenciers (médecins
et autres professionnels);
programme dexercices, incidence sur la famille, nutrition
et préparation
de repas sains.
Planification dun programme communautaire de prévention
du
diabète :
Comment faire une conférence dans une communauté?
Comment
amener les enfants à participer? Ce sont là deux
questions très importantes
en matière de planification de programme.
Intéresser la communauté au diabète :
Comment susciter la
participation des gens? Comment amener les gens à sintéresser
au
diabète et à mettre fin au déni?
Dans lavenir, Doreen espère présenter le
First Nations Diabetes
Training Program sur lInternet et désire que le cours
soit offert par
correspondance. Elle a insisté sur le fait que le programme
sadresse
à tous et non seulement aux étudiants autochtones
ou manitobains.
Le groupe de Doreen peut venir sur place pour présenter
le programme
à un groupe donné, les seuls prérequis étant
de bonnes aptitudes à la
lecture et à la recherche car le cours comporte des examens.
Doreen
désire que le cours soit finalement accrédité
pour être utilisé de concert
avec dautres programmes déducation en vue de
lobtention dun
certificat. Pour de plus amples renseignements sur le programme,
appelez au 1 204 953-2800.
RÉSUMÉ DE LA CONFÉRENCE
Voici quelques exemples de questions ayant servi à recueillir
des
réactions à la Première conférence
nationale sur le diabète et les peuples
autochtones organisée par la National Aboriginal Diabetes
Association :
1) Pourquoi les gens viennent-ils assister à
la conférence de la NADA?
La plupart des répondants disent travailler à la
santé des peuples
autochtones à un niveau ou à un autre (par exemple,
en tant que
RSC, infirmières, médecins ou diététiciennes).
2) Quel est le sentiment général par
rapport au contenu de la
conférence?Dans lensemble, les répondants
sont satisfaits de
linformation reçue et des ateliers.
3) Quels aspects de la conférence pourrait-on
améliorer?
Bon nombre de répondants trouvent que les séances
étaient trop
précipitées, trop brèves et que, de manière
générale, il aurait fallu plus de
temps. La NADA le reconnaît et reconnaît aussi le
besoin dassurer une
meilleure programmation dans lavenir; il pourrait par exemple
y avoir
moins dateliers.
De nombreuses personnes nont pas apprécié
les interruptions,
notamment celles causées par la sonnerie de téléphones
cellulaires.
Les participants auraient désiré obtenir
plus de documentation,
notamment la copie des notes des conférenciers et des documents
présentés au moyen du rétroprojecteur. La
NADA tâchera de regrouper
cette documentation.
4) Commentaires dordre général :
La conférence du chef Simon Lucas a été
très appréciée il a parlé de
sa vie et de discipline.
5) Points importants soulevés par dautres conférenciers
:
Le diabète nest pas inscrit dans nos gènes
il est lié à ce que nous
mangeons et à notre mode de vie.
Dans lensemble, il faut une meilleure organisation;
le conseil
dadministration de la NADA a présenté des
excuses aux personnes
qui nont pu assister à certaines conférences
en raison de labsence
des conférenciers.
Les idées présentées au cours des
ateliers étaient excellentes, réfléchies,
pertinentes et répondaient vraiment aux attentes des participants :
se
renseigner sur le diabète et apprendre à éduquer
les autres;
Les communautés doivent posséder leurs propres
programmes et services; tout changement individuel vient de lintérieur.
![]()