Obstacles
à une vie saine et à lactivité physique
chez les aînés autochtones fragiles
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Par Heidi J. Kuran >
ATTEINDRE
LE COEUR DU CERCLE
« Cette
phrase implique la réalisation dun but par latteinte
du milieu ou du cur du Cercle de la vie. Elle traduit la
force du Cercle. Laîné qui a réussi
sa vie a atteint le but ultime il est en mesure de
partager ses traditions et ses valeurs avec ceux et celles qui
entrent après lui dans le Cercle de la vie. »
Gilbert Courtois, Montagnais
LONRIISC a amorcé
le projet Atteindre le cur du Cercle par une analyse documentaire
qui a contribué à rendre publiques des questions
touchant aux aînés autochtones fragiles du Canada.
Linformation rassemblée a aidé les chercheurs
de lONRIISC à formuler des questions en vue de lévaluation
des besoins menée dans le cadre de consultations auprès
de trois communautés canadiennes. Dans le contexte de
la formation Atteindre le cur du Cercle, lONRIISC
a adopté la définition suivante du mot « fragile »
:
le mot « fragile »
désigne toute personne, quel que soit son âge, qui,
pour des raisons dordre physique, émotionnel ou
spirituel, est incapable de prendre soin delle-même
ou daccomplir ses activités quotidiennes sans laide
dun membre de sa famille ou dun soignant.
Voici quelques-uns des principaux
points de lanalyse documentaire :
Les aînés (personnes
de 65 ans et plus) constituent le segment de la population
canadienne qui connaît la croissance la plus rapide.
Les Autochtones sont généralement
considérés comme des « aînés »
à partir de 55 ans en raison tout simplement des
maladies chroniques et des déficiences dont ils ont souffert
à un plus jeune âge.
On estime que, vers 2016, 7 %
de la population autochtone sera constituée daînés
dont bon nombre seront en voie de devenir fragiles ou handicapés.
Dans lavenir, la population
fragile et handicapée aura besoin de soins et de services
sociaux de qualité supérieure.
Nous devons maintenir les aînés
vieillissants actifs et motivés pour quils puissent
continuer de transmettre leurs précieuses connaissances
aux générations futures.
Lactivité physique
doit faire partie intégrante de la vie; il ne faut pas
y songer seulement lorsque lon avance en âge et que
lon devient plus fragile ou handicapé.
Les aînés autochtones
fragiles sont plus sujets que les autres aux maladies chroniques.
Ils sont aussi plus sujets à souffrir de limitations dactivité
et de déficiences physiques. Le taux de déficience
est très élevé dans les communautés
autochtones. Trente et un pour cent de la population est
atteint de déficience par comparaison à 13 %
dans la population générale. De nombreux aînés
fragiles ou handicapés doivent quitter leur réserve
pour obtenir les soins dont ils ont besoin. Les aînés
autochtones handicapés sont souvent victimes de discrimination
à lextérieur des réserves.
Les aînés inactifs
risquent de souffrir de douleurs, darthrite ou de maladie
chronique. Lanalyse documentaire montre que les personnes
qui ne sont pas physiquement actives plus tôt dans la vie
risquent de dépendre des autres plus tard. Rester actif
tout au long de sa vie est une façon de préserver
son autonomie.
Seulement 29 % des hommes de plus de 74 ans sont physiquement
actifs.
Seulement 19 % des femmes
de plus de 74 ans sont physiquement actives.
Lanalyse documentaire montre
que le diabète affecte les Autochtones dans une proportion
très élevée. Le taux de diabète observé
chez les peuples autochtones est cinq fois plus élevé
que la moyenne nationale. Dans le passé, les peuples autochtones
avaient un mode de vie très actif, mode de vie qui a été
remplacé par une existence sédentaire et un régime
alimentaire riche en gras, en sucre et en aliments transformés.
Les personnes âgées autochtones souffrent du diabète
et de ses complications plus que de toute autre maladie.
Lisolement, la solitude
et la dépression jouent aussi un rôle dans la vie
des aînés fragiles. Le sentiment disolement
découle parfois de la solitude éprouvée
après la mort du conjoint, de la perte de contact avec
les membres de la famille ou de la perte dautonomie ou
de statut social. De tels facteurs peuvent être des causes
de dépression, maladie qui affecte 2 à 5 %
des personnes de plus de 65 ans. De nombreuses personnes
âgées ne sont plus suffisamment autonomes pour participer
à des activités organisées. Elles ont parfois
besoin daide pour leurs activités quotidiennes les
plus élémentaires. Pour recevoir les soins dont
ils ont besoin, de nombreux aînés autochtones sont
forcés de quitter leur communauté pour se rendre
dans des établissements inconnus, souvent en milieu urbain.
Lactivité physique accrue et la pratique de mouvements
peuvent soulager la dépression.
Il arrive souvent que les personnes
âgées manquent de motivation et quelles ne
trouvent plus de sens à leur vie. La société
sattend malheureusement à ce que ces personnes soient
inactives. Des aînés peuvent se sentir effrayés
ou anxieux à lidée de participer à
des programmes dactivité. Les aides doivent comprendre
leur peur et élaborer des programmes en conséquence.
Ces programmes doivent être très variés et
inclure des activités de socialisation et dacquisition
de lestime de soi. De tels aspects contribuent à
motiver les personnes âgées à demeurer actives.
Le manque de transport adéquat
peut être déterminant dans la décision dune
personne de participer ou non à des activités locales.
Le transport est le service que réclament le plus les
aînés autochtones et dont ils ont le plus besoin.
De nombreux systèmes de transport public sont inadéquats
ou trop chers. Les aînés fragiles ou handicapés
comptent sur leur famille ou sur dautres personnes pour
les transporter. De nombreux aînés sans famille
et sans amis nont pas accès aux services de base
comme le bureau du médecin, lépicerie, la
banque, léglise ou les installations de loisirs.
Dans de nombreuses communautés, les routes sont en mauvais
état et il ny a pas de trottoirs. La neige et la
glace peuvent réellement empêcher les personnes
fragiles ou handicapées de sortir de la maison.
Le logement joue un rôle
déterminant dans la santé des Autochtones
surtout chez les aînés. Les conditions de logement
observées dans les réserves sont parmi les pires
au Canada. De nombreuses habitations ont des problèmes
structurels, de plomberie, de chauffage ou délectricité.
Les aînés fragiles ou handicapés qui demeurent
dans les réserves risquent davantage de vivre dans des
habitations surpeuplées qui nécessitent des réparations.
De plus, nombre dhabitations et dédifices
des réserves ne sont pas équipés de rampes
daccès ou daccès pour fauteuils roulants.
Il arrive parfois que les préoccupations relatives aux
conditions de logement forcent les aînés fragiles
ou handicapés à déménager dans un
endroit mieux adapté à leur condition. Quant à
ceux qui ne peuvent sortir pour obtenir des soins, ils risquent
de se voir devenir confinés à la maison.
Les soins à domicile et
en milieu communautaire sont aussi importants pour les personnes
vieillissantes. Les hommes et les femmes âgés désirent
vieillir chez eux ou dans leur propre communauté. Ces
dernières doivent donc se doter de bons programmes de
soins à domicile. Les personnes âgées devraient
recevoir couramment des visiteurs et bénéficier
daide à la maison. La disponibilité des soins
à domicile est un facteur important lorsquil sagit
de déterminer si un individu peut ou non demeurer dans
la communauté. Les soins à domicile et en milieu
communautaire constituent une solution de rechange plus économique
que les soins de longue durée ou en milieu hospitalier.
Le partage est une valeur autochtone
traditionnelle importante. De nombreux aînés autochtones
ont limpression que les valeurs traditionnelles se sont
effritées au cours des dernières années
et quon prend moins le temps de soccuper des parents
âgés. Les aînés qui ne bénéficient
pas du soutien de leur famille se tournent vers la communauté.
Lorsquils ne peuvent y obtenir les soins dont ils ont besoin,
ils doivent souvent sadresser à un organisme social.
Le fait de sadresser à des étrangers engendre
un grand malaise et beaucoup de résistance car cela rompt
avec la tradition de partage. Il existe manifestement un besoin
dun plus grand nombre de travailleurs autochtones en soins
à domicile formés pour répondre aux besoins
particuliers des membres fragiles ou handicapés de la
communauté si lon veut assurer dans les réserves
des normes de soins égales à celles existant à
lextérieur des réserves.
Il est attristant de constater
que la pauvreté est en croissance au Canada. Si les risques
dappauvrissement sont grands chez les aînés,
ils le sont davantage chez les aînés fragiles handicapés.
Les personnes pauvres ont moins tendance à être
physiquement actives. Chez les personnes âgées,
la pauvreté est parfois synonyme de mauvaise nutrition
et de possibilités réduites de demeurer actif.
Encore une fois, le manque de transport constitue un obstacle
à de nombreux égards pour les personnes qui vivent
dans la pauvreté.
Le régime alimentaire
et la nutrition sont des facteurs de santé importants
chez les aînés fragiles. Les habitudes alimentaires
changent avec lâge et sont parfois négligées
à mesure que diminue lappétit. La diminution
de lactivité physique peut entraîner une prise
de poids, qui peut masquer une diminution de la masse musculaire
ayant pour conséquence une plus grande fragilité.
Lachat, la préparation et la consommation daliments
peuvent poser des défis aux personnes fragiles ou handicapées.
Les personnes âgées qui ont de la difficulté
à se procurer des aliments nutritifs remplacent parfois
ces derniers par des aliments vides. De nombreuses personnes
âgées consomment encore des aliments traditionnels
nutritifs, ce qui est une manière de préserver
leur culture et leur identité et peut savérer
très bénéfique pour la santé.
Chez les Autochtones, et tout
particulièrement chez les personnes âgées,
lexpérience des pensionnats a eu des conséquences
durables qui affectent même les générations
plus jeunes. La violence subie et la perte de la culture et des
traditions qui sen est suivie sont à lorigine
de difficultés dintégration à lenvironnement
urbain. Les survivants des pensionnats ont besoin de ressources
et de programmes qui intègrent leur culture et leurs traditions.
Ces programmes doivent être axés sur la guérison
et aider les participants à surmonter leurs problèmes
daccoutumance.
Il existe en outre un lien direct
entre la mauvaise santé et lanalphabétisme.
Les représentants de lindustrie des soins de santé
présument généralement que les gens savent
très bien lire et écrire. Les personnes analphabètes
tendent toutefois à sinformer quotidiennement par
la télévision plutôt que dans les livres
et les journaux. Les patients doivent être en mesure de
comprendre les ordonnances et tout autre conseil médical.
De nombreuses personnes âgées sachant à peine
lire et écrire ont besoin daide pour comprendre
linformation écrite.
Une fois lanalyse documentaire
terminée, lONRIISC a entrepris la visite de trois
communautés pour mener des consultations auprès
de leurs aînés fragiles. Les questions adressées
aux aînés lors des discussions ont été
formulées à partir de linformation recueille
par lONRIISC au cours de lanalyse documentaire. Le
but recherché était de découvrir si les
aînés autochtones fragiles du nord et des réserves
en régions rurales et urbaines étaient aux prises
avec les mêmes difficultés.
Atteindre le cur du
Cercle Résultats des entrevues menées dans
le cadre des consultations communautaires
Huit à douze aînés
fragiles vivant à proximité de lendroit où
avait lieu lentrevue ont participé au processus
dévaluation des besoins mené dans le cadre
des consultations communautaires. Les chercheuses de lONRIISC
ont visité les participants à domicile et les ont
interviewés individuellement ou en compagnie de leur conjoint
ou de leur partenaire. Ils devaient répondre à
des questions portant sur leur vie quotidienne. Lanalyse
documentaire a permis de relever les principaux problèmes
qui affectent la population des aînés autochtones
fragiles du Canada. Ces problèmes ont été
examinés plus en profondeur dans le cadre de consultations
communautaires menées à Sucker Creek (Ontario),
Hobbema (Alberta) et Fort Liard (Territoires du Nord-Ouest).
Après les entrevues individuelles avec les aînés
fragiles, les chercheuses se sont entretenues avec les soignants
de chacune des trois communautés. Au total, 42 personnes
ont été interviewées soit 29 aînés
fragiles (20 femmes et 9 hommes) et 13 soignants.
Chaque entrevue commençait
par une séance dintroduction au cours de laquelle
les objectifs poursuivis dans le cadre du projet Atteindre le
cur du Cercle étaient définis. Les mêmes
questions ont été posées dans le même
ordre aux participants des trois communautés. Les idées
formulées par les participants ont été enregistrées
sur bande et notées par une secrétaire à
chaque séance. Une intervieweuse autochtone était
chargée de mener la consultation en compagnie dun
rapporteur non autochtone. Les entrevues ont donné
aux participants loccasion dexprimer clairement et
en profondeur leurs idées, leurs préoccupations
et leurs recommandations et de formuler leurs questions. Les
idées et les sujets abordées dans les trois localités
étaient étonnamment similaires. Les entrevues comportaient
18 questions et duraient environ une heure. Les questions adressées
aux participants au cours des consultations communautaires ainsi
quun résumé de leurs réponses sont
présentés ci-dessous.
ENTREVUES MENÉES AUPRÈS
DES AÎNÉS FRAGILES
Questions dordre général
concernant les activités quotidiennes
Daprès vous, quels
types dactivités contribuent à maintenir
un mode de vie sain? Avez-vous souvenir dactivités
que vous faisiez à lépoque où vous
étiez le plus en santé?
Quels types dactivités pouvez-vous faire chaque
jour pour contribuer à maintenir un mode de vie sain?
Croyez-vous que vous vous sentiriez plus fort si vous étiez
plus actif que vous ne lêtes maintenant?
Quels sont daprès vous les obstacles qui vous empêchent
dadopter un mode de vie sain?
Dans lensemble, les participants
nétaient pas en très bonne santé.
Plusieurs dentre eux souffraient dune ou de plusieurs
maladies dont le diabète, larthrite et diverses
maladies cardiaques. De manière générale,
ils avaient dans leur jeunesse un mode de vie plus actif axé
sur la cueillette daliments et sur dautres activités
typiques de la vie dans les bois. Ils pratiquaient aussi dautres
activités comme le baseball, le ski de fond, les danses
carrées, la natation, la marche, lentretien ménager
et le jardinage.
Lorsquils étaient
plus jeunes, la vie familiale était une grande source
dactivité. Léducation des enfants
leur demandait beaucoup et un grand nombre des aînés
interviewés participaient aux activités de leurs
enfants lorsquils étaient plus jeunes. Presque tous
les participants sentendent pour dire quune vie plus
active leur permettrait de se sentir mieux. Trois dentre
eux seulement ne croient pas que cela leur serait bénéfique.
Nombre dentre eux sont intéressés à
faire plus dactivité, mais ne peuvent simaginer
en train de « faire de lexercice ».
La plupart des aînés ont limpression que dessayer
de faire du mieux possible pour eux-mêmes est lélément
qui contribue le plus à un mode de vie sain.
La plupart des aînés
considèrent la santé « intérieure »
et la santé émotionnelle comme très importantes.
Plusieurs ont mentionné que le fait de recevoir de la
visite et de parler à dautres personnes est aussi
très important. Quatre participants ont mentionné
quils aimeraient pouvoir faire aux jeunes le récit
de leur vie pour que leur histoire se transmette de génération
en génération. Les obstacles à lactivité
physique et à lamélioration de la santé
sont liés à la maladie, aux mauvaises habitudes
de vie dont une mauvaise alimentation et le tabagisme et aux
conséquences dinterventions chirurgicales.
Environ le tiers, soit une dizaine,
des personnes interviewées ne sont pas capables de sortir
toutes seules. Elles sont nombreuses à nécessiter
beaucoup de repos dans la journée et à être
très préoccupées par la question de sortir
à lextérieur. La plupart de leurs préoccupations
sont liés à la santé et à la mobilité.
Elles souffrent de douleurs aux articulations et au dos à
cause de larthrite, de douleurs aux pieds et ont de la
difficulté à marcher à cause du diabète;
leur mobilité est réduite, conséquence des
opérations chirurgicales. Les complications associées
aux problèmes cardiaques et aux AVC sont dautres
sources de préoccupations courantes, sans oublier la mauvaise
vision. Plusieurs personnes souffrent à la fois de mauvaise
vision et de perte daudition et ont limpression que
cela diminue leur degré dactivité. Lune
des femmes interviewées doit recevoir laide de membres
de sa famille pour prendre ses pilules. Elle a aussi besoin daide
pour shabiller lorsquil ny a pas suffisamment
de personnes pour laider à la loge. Lun des
aînés était si déprimé quil
ne voulait pas voir dautres personnes et quil préférait
rester à la maison.
Transport
et logement
Quels types de systèmes
de transport existent dans votre communauté? Avez-vous
accès à un système de transport adéquat?
Les rues et les trottoirs de votre communauté sont-ils
accessibles? Les personnes en fauteuil roulant peuvent-elles
se déplacer adéquatement dans la communauté
et à la maison? Quels établissements sont difficiles
daccès?
Quels genres de problèmes
médicaux vous amènent à chercher de laide
à lextérieur de la communauté? Quelle
distance devez-vous parcourir pour accéder à ces
services?
Quelles sont vos conditions de
vie? Vivez-vous seul, avec votre famille, dans une loge?
Vingt-cinq des 29 participants
disent quils pourraient avoir accès à un
service de transport pour accomplir la plupart des tâches
nécessaires sils en avaient besoin. Il est encourageant
de constater que toutes les communautés sont équipées
dune fourgonnette pour conduire les personnes à
leurs rendez-vous, les amener magasiner ou faire dautres
sorties. En ce qui concerne les déplacements à
lextérieur de la communauté, le temps minimal
enregistré pour se rendre à un rendez-vous chez
le médecin est de 20 minutes. Malgré lexistence
de moyens de transport, les édifices de la communauté
ne sont pas encore toujours accessibles. Souvent, lorsquils
le sont, ce sont les rues qui ne le sont pas. Aucune des communautés
visitées par lONRIISC dans le cadre des consultations
communautaires ne possède de trottoirs.
Programmes communautaires
existants
Donnez quelques exemples doccasions
offertes aux groupes daînés de votre communauté
de se réunir? Savez-vous à quelle fréquence
les programmes sont offerts?
Lorsque vous ne pouvez pas participer
à une activité ou à des programmes éducatifs,
linformation vous est-elle quand même transmise?
Comment êtes-vous informé
des activités et des programmes offerts dans votre communauté?
À qui adresseriez-vous vos questions au sujet des programmes
offerts dans votre communauté?
Chacune des communautés
visitées semble offrir suffisamment de programmes aux
aînés et possède un centre de jour pour les
aînés. On peut citer comme exemples dactivités
les repas
hebdomadaires (dîners et
soupers), les jeux de cartes, lartisanat, les groupes de
broderie perlée, les ateliers pour aînés
portant sur divers sujets et les événements et
sorties dans différentes villes organisés par le
club pour personnes de 50 ans et plus. Cependant, bien que
la plupart des participants soient au courant des programmes
locaux à lintention des aînés, plusieurs
dentre eux ne font aucune activité avec dautres
aînés. La plupart nen ont pas le goût
en raison de leur santé alors que dautres ne sont
simplement pas intéressés à participer.
La plupart des RSC et des soignants interviewés jouent
un rôle actif dans la vie des aînés fragiles
de leur communauté et sont la principale source dinformation
pour les aînés qui ont des questions sur les programmes
communautaires.
Maladie chronique - Diabète
Quel est lincidence du
diabète sur votre communauté? Existe-t-il dans
la communauté des programmes de prévention du diabète
qui enseignent aux gens à adopter un mode de vie plus
sain?
On observe un taux de diabète
élevé dans deux des trois communautés visitées,
où plusieurs personnes souffrent de problèmes
dyeux, de pieds ou de reins. Seule la communauté
la plus nordique des Territoires du Nord-Ouest ne semble pas
touchée par le diabète observation confirmée
par le maire et par des travailleurs de la santé de la
ville. Huit aînés fragiles interviewés ont
reconnu être diabétiques mais semblaient bien renseignés
sur le sujet. Cinq des personnes diabétiques interviewées
ont affirmé faire attention à leur alimentation
mais reconnaissent ne pas faire suffisamment dexercice.
Toutefois, malgré léducation
communautaire sur les risques de contracter le diabète
et les recommandations du médecin, un grand nombre des
aînés fragiles interviewés continuent de
fumer, de ne pas faire suffisamment dexercice et de ne
pas bien salimenter.
Tous les participants disent
avoir assisté à une séance dinformation
sur le diabète à un moment ou à un autre.
Ils reconnaissent tous le fait que leur communauté respective
a beaucoup fait pour renseigner les gens sur le diabète.
Les communautés offraient chaque mois des programmes de
nutrition et des séances dinformation. Dans lune
des trois communautés, on invitait la nutritionniste dune
ville voisine à venir visiter les aînés à
domicile et à leur donner des conseils alimentaires. Lun
des participants est davis que les personnes qui ont le
plus besoin des programmes ny participent pas et quils
ont limpression quon ne peut rien faire pour prévenir
le diabète. Bon nombre des aînés ont parlé
de leur jeunesse, lorsque le diabète naffectait
pas leur communauté époque à
laquelle ils navaient jamais entendu parler dune
telle maladie.
Éducation, alphabétisme et communication
Au cours de vos années
à lécole, quavez-vous appris au sujet
dun mode de vie sain?
Lorsque vous rendez visite au
médecin, ses directives sont-elles claires? Avez-vous
de laide pour mieux comprendre les ordonnances ou les directives
de votre médecin?
Le niveau dinstruction
ou de scolarité est généralement faible,
et les personnes interviewées sont nombreuses à
avoir quitté lécole à un jeune âge
certains pour aider les parents à la maison et
dautres, pour fuir une expérience pénible.
Quant aux personnes qui ont fréquenté les pensionnats,
plusieurs ont mentionné que leurs connaissances relatives
à un mode de vie sain ne concernaient que ce quil
fallait faire pour rester « propre » et
non les habitudes à prendre pour vivre une vie équilibrée,
active et débordante de santé.
À lexception de
six personnes, tous les participants disent avoir reçu
de bons conseils de leur médecin. Au besoin, un parent
ou un soignant est souvent disponible pour les aider à
comprendre les ordonnances et à respecter la bonne posologie.
Plusieurs participants utilisent les médicaments traditionnels,
voient un guérisseur traditionnel ou accomplissent des
cérémonies de purification. Une femme a dit comprendre
les conseils du médecin mais ne pas lui faire confiance
en raison de mauvaises expériences antérieures
survenues à son cabinet.
Soutien familial et formation
des soignants - Soins à
domicile et en milieu communautaire
Avez-vous près de vous
des membres de votre famille ou des soignants pour vous aider
à vous rendre à vos rendez-vous ou à faire
vos emplettes? Y a-t-il dans la communauté une autre personne
qui peut vous aider au besoin?
À quelle fréquence
recevez-vous de la visite à domicile? Qui vous visite
(de la famille, des soignants, des amis)?
Pouvez-vous décrire un
programme de soins à domicile offert dans votre communauté?
Y a-t-il des travailleurs autochtones en soins à domicile
dans votre communauté?
Plus de la moitié des
participants interviewés recevaient couramment la visite
de soignants ou de personnes autres que des parents.De nombreux
participants ont exprimé le désir de voir leur
famille plus souvent. La dépendance à légard
des RSC et des travailleurs en soins à domicile est considérable
en ce qui a trait à linformation relative aux programmes
communautaires locaux. Plusieurs personnes, tout particulièrement
dans les Territoires du Nord-Ouest, souffraient disolement
et de tristesse du fait que les membres de leur famille ne communiquaient
pas avec eux aussi souvent quils le pourraient.
Nutrition
Quels aliments traditionnels
mangez-vous? À part les aliments traditionnels, quels
autres types daliments consommez-vous?
Tout le monde a bien aimé
parler de nourriture! La plupart des participants savaient quels
aliments manger pour rester en santé mais nombre dentre
eux étaient incapables de se les procurer régulièrement
en raison de leur isolement, de leur incapacité à
se déplacer et à se rendre au magasin local. La
plupart dentre eux consomment encore des aliments traditionnels
quils apprécient énormément. En voici
quelques exemples :
le lièvre;
lorignal;
le rat musqué;
le poisson;
le chevreuil;
la volaille;
la perdrix;
le porc salé;
le canard;
toutes les viandes sauvages;
la soupe de maïs;
le bannock;
les baies.
De nombreux participants sentendent
pour dire que les aliments vides constituent un problème
dans la communauté. Dans lune des communautés
visitées, on prépare des dîners-partage et
on offre des plateaux de nourriture aux personnes confinées
à la maison. Les jeunes membres de la communauté
qui désirent participer aux dîners-partage doivent
être accompagnés dun aîné.
Préférences
en matière dactivité
Quels types de programmes dactivité
vous intéressent? Aimeriez-vous faire partie dun
groupe ou dune classe où lon enseigne des
activités liées à la santé et au
mouvement? Préféreriez-vous apprendre seulement
les notions élémentaires et poursuivre les activités
à la maison au moyen dune vidéo? Si vous
aviez une vidéo, auriez-vous de laide pour faire
les activités?
La plupart des aînés
fragiles interviewés étaient intéressés
à devenir plus actifs mais ne pouvaient simaginer
en train de « faire de lexercice ».
Ils sinquiétaient pour la plupart de ne pas puiser
en eux-mêmes la motivation pour exécuter les mouvements
présentés sur la vidéo santé. Ils
étaient nombreux à penser quils seraient
plus en mesure de faire les activités axées sur
des mouvements avec laide dun RSC ou dun soignant.
Les principaux obstacles à lutilisation de la vidéo
sont la vision et louïe déficientes et le fait
de ne pas posséder de magnétoscope à cassettes.
Groupe de consultation formé
de soignants
À la fin des entrevues
individuelles avec les aînés fragiles, les chercheuses
ont interviewé les soignants des aînés. Les
RSC, les travailleurs en soins à domicile, les infirmières
et les thérapeutes qui ont participé aux entrevues
devaient répondre aux questions suivantes :
En tant que soignant, quel est
votre rôle auprès des aînés fragiles
de votre communauté?
Quels sont daprès
vous les principaux obstacles à une vie plus active pour
les aînés fragiles de la communauté?
Quels sont les programmes
offerts par votre
communauté aux aînés fragiles?
De nombreux soignants interviewés doivent accomplir une
grande variété de tâches. Les travailleurs
en soins à domicile soccupent généralement
de nettoyer la maison, daccompagner les aînés
à lépicerie ou lors dautres sorties
et de répondre aux besoins des aînés.
De nombreux soignants mentionnent
quune participation accrue des membres de la famille est
souhaitable. Ils désirent pour la plupart que la famille
assume davantage de responsabilités, car les aînés
dépendent trop de personnes extérieures pour les
tâches quotidiennes. Le groupe de soignants est davis
quil sagit là du principal obstacle à
surmonter pour amener les aînés à avoir une
vie plus active.
Chaque communauté semble
offrir suffisamment de programmes aux aînés. Même
les aînés confinés à la maison reçoivent
régulièrement de la visite et sont invités
chaque semaine à des repas. La plupart des RSC et des
soignants interviewés jouaient un rôle actif dans
la vie des aînés fragiles de leur communauté
respective.
Visites des sites de tournage
Les communautés de Chilliwack
(Colombie-Britannique) et de Nain (Labrador) ont été
initialement choisies en fonction de leur emplacement géographique
et des données démographiques concernant les aînés
fragiles. Lors des visites initiales des sites de tournage, on
a posé des questions informelles aux membres des communautés
et on a recueilli des observations basées sur le guide
dentrevue utilisé lors des consultations communautaires.
À Nain, au Labrador, les aînés semblaient
moins limités sur le plan physique que ceux des autres
communautés visitées. Isolée sur le plan
géographique, la communauté se trouve à
plus dune heure de vol de lhôpital le plus
près. Toujours à Nain, les jeunes générations
aident vraiment les aînés, et cela se reflète
dans la participation accrue de ces derniers aux réunions
et aux événements. Les aînés semblent
avoir plus despoir à Nain. Chilliwack a donc été
conservé comme site de tournage mais Nain a été
rejeté vu le nombre limité de personnes âgées
jugées « fragiles » selon la définition
adoptée par lONRIISC dans le cadre du projet. La
communauté ne comptait pas un nombre suffisant daînés
fragiles susceptibles de bénéficier du programme
de formation projeté par lONRIISC. Hobbema, en Alberta,
a été désigné second site de tournage
de la vidéo de formation.
Les idées, les images
et les concepts de script ont été élaborés
à partir de linformation recueillie au cours des
consultations communautaires et des visites des sites de tournage
pour la production de la vidéo Atteindre le cur
du Cercle. Le tournage a débuté au début
du mois de juin 2002.
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