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Les campagnes médiatiques
sur le thème de la lutte au tabagisme ont connu un certain
succès dans le passé, mais les nouvelles annonces
produites par les Autochtones sont plus frappantes que jamais.
On parle ici de « marketing social », ce
qui signifie que lon sadresse aux gens afin de les
sensibiliser et de modifier leurs attitudes et leurs comportements.
Il sagit en fait de les amener à se rendre compte
quils font face à un problème et, ce faisant,
de modifier leur attitude à légard DEBORAH SCHWARTZ ![]() Nous devons faire en sorte
que les campagnes médiatiques destinées aux peuples
inuits et des Premières nations soient innovatrices et
quelles impliquent la participation de lensemble
de la communauté. Elles doivent être axées
sur des problèmes précis et porter lempreinte
du fédéral. Ce dernier point pose un défi,
car les cultures inuites et des Premières nations sont
très diverses. Le consensus et la participation des diverses
cultures seront donc des aspects essentiels du processus de brainstorming.
Liane Balaban : Selon votre expérience, quels types de campagnes antitabac sont inefficaces auprès des peuples autochtones? Quelles en sont les raisons? Deborah Schwartz : Lapproche qui ne fonctionne
pas avec les peuples des Premières nations est celle qui
consiste à présenter la cessation du tabagisme
comme un défi individuel qui na rien à voir
avec la famille ou la communauté. Entreprendre une croisade
morale de quelque nature que ce soit contre le tabagisme ne fonctionne
pas non plus. Les attitudes moralisantes du genre « nous
savons ce qui est bien, mais pas vous » sont blessantes
pour les communautés des Premières nations et ce,
parce que la notion même « dexpert »
est en quelque sorte une anomalie. Nous connaissons bien sûr
des gens qui détiennent une certaine sagesse ou qui possèdent
des dons, mais nous croyons que chacun dentre nous a sa
propre vie et son propre cheminement. Dans le meilleur des cas,
mon travail consiste à aider les gens à prendre
conscience de leur sagesse et de leur voie. Chaque personne trouvera
sa façon à elle de cesser de fumer. Lidée selon laquelle laidant doit agir avec beaucoup dhumilité plutôt que comme celui qui sait tout [est centrale]. Beaucoup de campagnes de promotion de la santé se font sur un ton très agressif. Nous tentons dadopter une approche non agressive. Pourriez-vous mentionner quelques éléments à garder à lesprit au moment délaborer une campagne de lutte contre le tabagisme à lintention des Autochtones? Plutôt que de souligner essentiellement les aspects nocifs du tabagisme, nous expliquons à la personne que le fait de cesser de fumer améliore son estime de soi, sa santé et sa qualité de vie. En outre, nous concevons la vie et le processus dapprentissage comme un cercle et non comme un diagramme ou un cube. Notre vision nest pas linéaire, car la cosmologie de tous les peuples des Premières nations est basée sur les phénomènes naturels. Le soleil, la terre et la lune sont des sphères. Le cercle a un caractère holistique. Il nous serait par exemple difficile de concevoir le fait de cesser de fumer comme un phénomène qui a un début, un milieu et une fin. Ce nest pas notre façon de concevoir les choses
LA CAMPAGNE La campagne antitabac fera appel aux médias
imprimés ainsi quà la radio et à la
télévision. Tout le matériel sera disponible
en anglais, en français et en inuktitut. Aucune annonce
destinée aux Autochtones na été doublée.
Elles ont toutes été produites par des acteurs
inuits et des Premières nations et les voix hors champ
sont aussi celles dartistes inuits et des Premières
nations. |