LES JEUNES ET LES FEMMES
ENCEINTES
LES JEUNES
Lun des plus graves problèmes de santé auxquels
doivent faire face les jeunes Inuits et des Premières
nations est la tabacomanie. De toutes les minorités ethniques
du Canada et quel que soit le groupe dâge considéré,
les peuples autochtones affichent le plus haut taux de tabagisme.
On compte beaucoup plus de jeunes fumeurs dans la population
autochtone que dans la population générale, et
les Autochtones commencent aussi à fumer à un âge
plus précoce.
Les recherches montrent que 85 % des fumeurs ont commencé
à fumer avant lâge de seize ans, et des statistiques
prouvent que chez les jeunes Autochtones, lhabitude de
fumer commence même souvent plus tôt encore. Dans
certaines communautés, les jeunes sont déjà
très dépendants vers lâge de treize
ou quatorze ans, et certains enfants commencent à chiquer
le tabac dès lâge de cinq ans.
Il sagit dune tendance alarmante car plus la dépendance
se manifeste à un jeune âge, plus les risques de
contracter une maladie associée au tabagisme sont grands.
Par exemple, les jeunes qui commencent à fumer à
lâge de quinze ans courent deux fois plus de risques
de mourir prématurément.
Comme la plupart des gens commencent à fumer au cours
de ladolescence ou même avant, la prévention
du tabagisme auprès des jeunes est essentielle. Les compagnies
de cigarettes le savent. Et comme peu de gens commencent à
fumer après lâge de vingt ans, lavenir
de lindustrie du tabac dépend de son habileté
à recruter sa clientèle auprès des adolescents.
Plusieurs facteurs sociaux, environnementaux et personnels augmentent,
chez les jeunes, le risque de commencer à fumer.
FACTEURS SOCIAUX
Faire partie dune famille
à faible revenu. Les jeunes de famille à faible
revenu doivent souvent faire face à des situations stressantes,
notamment des ressources économiques limitées ou
un foyer monoparental. Le tabagisme est souvent perçu
comme une solution facile pour faire face à leurs problèmes.
Le faible niveau dinstruction
des parents, qui
peut accroître les risques dun adolescent de faire
lexpérience du tabac et den consommer.
Les défis et les difficultés
de la puberté. Le tabagisme peut être perçu
comme un moyen de faciliter la transition vers le rôle
dadulte.
FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX
Les parents et les amis qui
fument ou qui font usage
de tabac sans fumée.
La pression des pairs.
Le manque de liens avec la famille,
les amis ou les
institutions.
La fait de percevoir le tabagisme
comme une habitude
normale et dobtenir lapprobation des amis ou la
permission de fumer des parents.
FACTEURS PERSONNELS
Être un élève
peu studieux.
Ne pas participer à des
activités saines.
Aimer prendre des risques ou
avoir un comportement rebelle.
Avoir peu destime de soi
ou une mauvaise image de soi.
QUE PEUT-ON FAIRE?
Au Canada, lâge légal pour commencer à
fumer est établi à 19 ans, mais nous savons
maintenant quil nest pas difficile pour les mineurs
de se procurer des cigarettes soit par lintermédiaire
damis ou de membres de la famille, ou auprès de
vendeurs qui ne respectent pas la loi. Goûter aux produits
du tabac est très dangereux, car les enfants risquent
de devenir « accros » avant même
dêtre en mesure de prendre une décision éclairée
en ce qui a trait au tabagisme. La loi est lun des outils
qui permettent de prévenir le tabagisme chez les jeunes.
Nous pouvons faire de notre mieux pour empêcher les jeunes
daccéder aux produits du tabac et mettre fin à
la vente de ces produits aux mineurs. Nous mettons fin à
toute forme de publicité relative aux produits du tabac.
Nous devons bannir le tabac des écoles, des lieux de travail,
des restaurants et des lieux de loisirs. Il est essentiel de
se donner un environnement où linterdiction de fumer
est la norme si lon veut créer une nouvelle génération
de non-fumeurs.
La taxation est un autre bon moyen de décourager lachat
de produits du tabac par les jeunes. De nombreux adolescents
évoquent le coût de ces produits comme raison pour
cesser de fumer.
Léducation est une autre clé de la prévention
et de la cessation du tabagisme. Les jeunes doivent savoir que
le tabac est une drogue qui entraîne une dépendance,
la maladie et la mort prématurée lorsque utilisée
telle que prescrite. Ils doivent aussi apprendre à refuser
les produits du tabac et à gérer certaines des
situations de stress qui peuvent les pousser à fumer.
Le rapport (1999) de la Société canadienne de pédiatrie
sur lusage du tabac chez les jeunes Autochtones indique
que les programmes scolaires appliqués de la maternelle
à la fin du secondaire peuvent être efficaces pour
prévenir le tabagisme chez les enfants et les adolescents.
Les jeunes qui décident de cesser de fumer devraient aussi
bénéficier de mesures de soutien. Les ressources
et les programmes de soutien spécialement adaptés
à leur groupe dâge sont essentiels. De nombreux
adolescents qui aimeraient abandonner la cigarette se rendent
compte quils en sont incapables deux-mêmes.
Les gens qui sont des modèles de comportement et qui ont
lhabitude de fumer laissent croire aux jeunes quun
tel comportement est mature, désirable et socialement
acceptable. Ce sont notamment les parents, les grands-parents,
les frères et les surs aînés, les enseignants,
les vedettes de cinéma, les célébrités
de la scène musicale, les grands sportifs et aussi lacteur
séduisant et resplendissant de santé qui figure
dans les publicités de cigarettes. Nous avons besoin de
plus de modèles de comportement antitabac.
QUE POUVEZ-VOUS FAIRE POUR CHANGER LES CHOSES?
Faites de votre maison un endroit sans fumée. Soyez un
modèle de comportement positif : affichez toujours
un comportement de non-fumeur. Nenvoyez jamais un enfant
acheter du tabac. Fréquentez les commerces réservés
aux non-fumeurs. Discutez de la dépendance et des réalités
du tabagisme avec les jeunes de votre entourage. Soutenez les
efforts juridiques visant à minimiser lusage du
tabac au Canada.
On estime que plus de la moitié (55 % dhommes
et 51 % de femmes) des fumeurs âgés de quinze
ans mourront dune maladie associée au tabac. Cela
équivaut presque à neuf fois le nombre total de
décès prévus pour le même groupe dâge
en raison dabus de drogues, daccidents de voiture,
de suicides, dhomicides et du sida.
|