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Comment parler du diabète avec les aînés
:
les aspects psychologiques, émotionnels et spirituels
Par Ruth Ann Cyr, RN,
M. Éd
Remerciements
Je tiens à remercier notre soeur autochtone pour la franchise,
le courage et la générosité dont elle a
fait preuve en nous racontant son vécu du diabète.
Son histoire m'a permis de mieux comprendre le diabète,
la perte et le processus de deuil.
Le diabète de
type II frappe 6 % de la population des Premières Nations,
surtout des aînés. De plus, le taux de complications
est élevé, ce qui rend la tâche de trouver
des moyens de communication efficaces avec les aînés
d'autant plus importante pour les travailleurs de la santé.
Hélas, la citation ci-dessous traduit bien l'état
d'esprit d'une personne qui vient d'apprendre qu'elle est diabétique.
«Lorsqu'on leur
dit qu'ils ont le diabète, la plupart des gens de mon
peuple sont en état de choc, en colère ou effrayés.
Ils se sentent submergés par toutes les informations relatives
à la maladie, à l'exercice, au régime alimentaire
qu'il faut suivre. Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive
et souvent, ils nient tout simplement l'existence du diabète
et ne suivent pas les conseils. On les inscrit à des séances
d'information et on leur administre un traitement sans leur laisser
le temps d'accepter le diagnostic ou de poser des questions.»
(Traduction libre)
À notre avis,
la personne âgée doit d'abord vivre un deuil avant
de pouvoir penser à contrôler son diabète
et c'est dans cette optique que nous avons écrit le présent
article qui est fondé sur un témoignage.
Commençons par l'étape qui consiste à exprimer
les émotions.
Expression des émotions
Pendant le processus
de deuil, l'aîné ressent des émotions intenses
qu'il a besoin d'exprimer. Cela peut s'avérer difficile
si la personne a appris que parler de son vécu est un
signe de faiblesse et que cela mène à la perte
de contrôle. L'aîné a peut-être appris
à cacher ses émotions et à faire preuve
de courage devant l'adversité. Cette situation est encore
compliquée par certaines de nos valeurs traditionnelles
d'indépendance, de grande tolérance à la
douleur, de patience et de stoïcisme. Le représentant
en santé communautaire (RSC) doit mériter la confiance
des aînés et pour cela, il doit respecter de façon
absolue la confidentialité des renseignements sur les
personnes dont il a la charge. L'un des outils dont il dispose
pour aider et montrer son respect des aînés est
le témoignage.
Le témoignage
Livrer un témoignage
est une méthode qui fait appel aux enseignements autochtones
et est d'un précieux secours pour les personnes atteintes
d'une maladie chronique. «Les patients se servent d'intrigues,
de métaphores et d'autres moyens rhétoriques pour
donner un sens à leur expérience de la maladie
[...] La signification de la maladie est exprimée sous
forme d'images et de symboles culturels d'infirmité et
de souffrance, autant qu'elle peut être exprimée
dans le langage très personnel que les membres d'une famille
utilisent entre eux.» (Traduction libre) Lorsqu'une personne
livre son témoignage, celui ou celle qui écoute
lui accorde son respect en l'écoutant avec toute son attention.
Le travail consiste à tirer des enseignements du témoignage
en faisant ressortir les thèmes de l'histoire. Les témoignages
sont une façon de reconnaître la personne, de lui
permettre d'exprimer ses émotions, d'enseigner des leçons
de vie et de traiter du soutien de la communauté. Recevoir
des témoignages peut se faire de façon formelle
dans un cercle de guérison, mais cela peut aussi se faire
en consultation individuelle, dans le cadre de votre travail
comme RSC. L'un de vos outils est l'écoute. Pour Kleinman
il s'agit d'être un «témoin empathique»,
soit s'engager à accompagner la personne malade et à
l'aider à construire un récit de la maladie qui
donne un sens et de la valeur à l'expérience.
Et maintenant, passons au témoignage.
«Le diabète,
le déni, l'alcool et moi»
Je suis une Autochtone
de 42 ans. En 1993, mon premier médecin a diagnostiqué
chez moi un état diabétique limite. Je ne savais
rien du diabète et j'ai pensé que ce n'était
pas grave. Le médecin m'a dit d'arrêter de boire
et de faire un régime. Tout ce que je savais, c'est que
le diabète a quelque chose à voir avec le sucre.
Je me demandais «comment est-ce que je peux être
diabétique puisque je n'utilise pas de sucre et que je
ne mange pas de bonbons?» Je faisais quelque chose de mauvais.
Je buvais beaucoup de bière les fins de semaine. J'ai
découvert récemment qu'elle contient beaucoup de
sucre. Je ne savais pas non plus que la nourriture est transformée
en sucre pour donner de l'énergie et après avoir
pris une brosse, je mangeais trop.
En 1993, le même
médecin m'a dit que j'étais devenue diabétique
et que je devais prendre des comprimés de glyburide tous
les jours. Je ne pouvais pas prendre de Metformin parce que j'avais
des problèmes de foie à cause de l'alcool. J'ai
suivi les conseils du médecin et j'ai pris les pilules,
mais je buvais les fins de semaine. On m'a aussi envoyée
à des séances d'information sur le diabète
dans des cliniques non autochtones. Ces séances ne m'aidaient
pas beaucoup. Ma principale préoccupation était
d'arrêter de boire. C'était dur de combattre l'alcool
et le diabète pendant les cinq années qui ont suivi.
(Je suppose que la boisson m'aidait à supporter le syndrome
post-traumatique de l'enfance.) Je lisais de la documentation
sur le diabète, mais je n'arrivais pas à la comprendre.
En 1996, trois médecins
m'ont dit la même chose : je n'en avais plus que pour un
an à vivre. Les analyses de sang montraient combien mon
état s'était dégradé. Je n'avais
pas assez d'informations pour pouvoir m'aider. J'en avais assez
des médecins qui me disaient que je devrais suivre un
régime et arrêter de boire. Je me raccrochais à
l'espoir, à mon attitude positive et je crois que ça
m'a aidée à continuer. Mon foie travaillait trois
fois plus fort mais j'étais à un stade où
il pouvait encore guérir. J'en étais reconnaissante
car cela me donnait de l'espoir. La glycémie normale varie
entre 4 et 6,0.
À l'automne 1997,
ma glycémie variait de 14,0 à 27,3. J'ai commencé
à avoir des complications aux yeux, et c'est vraiment
effrayant!
En décembre 1997,
quand le spécialiste du diabète m'a dit que mon
diabète était devenu insulinodépendant,
je me suis mise à pleurer et j'étais très
fâchée. Je n'avais vraiment personne à qui
parler et je me sentais très seule. Je ne voulais pas
me piquer. Je me disais que ce n'était pas la façon
autochtone de faire, qu'il devait y avoir une autre façon
de faire. Deux semaines plus tard, je suppliais mon médecin
de famille de ne plus devoir me piquer. Elle m'a dit que c'était
impossible, que je tomberais dans le coma si j'arrêtais
de moi-même les piqûres. Maintenant je me pique deux
fois par jour. J'ai contrôlé mon alcoolisme grâce
aux A.A., mais je dérape de temps en temps. Je me mets
en danger de toxicose. La boisson et l'insuline sont une combinaison
dangereuse.
Peu après que
mon diabète soit devenu insulinodépendant, les
médecins ont encore ajusté les doses d'insuline
pour déterminer mes besoins. Au travail, j'ai rencontré
une infirmière qui était d'un grand soutien et
qui ne me jugeait pas. J'ai trouvé dès notre première
rencontre qu'elle avait une bonne énergie. Elle m'a parlé
des ateliers sur le diabète qu'elle organisait pour les
Autochtones. J'y suis allée. J'ai reçu du soutien,
des renseignements détaillés sur les complications,
sur le régime alimentaire et l'histoire autochtones. J'ai
rencontré d'autres Autochtones qui souffrent de complications
du diabète. Les animateurs étaient des médecins,
des professionnels et des consultants autochtones qui connaissaient
bien le diabète. Je savais que je n'étais plus
seule et j'ai finalement accepté le fait que je suis diabétique
et qu'il était temps de me secouer et d'aller chercher
de l'aide autochtone. Je remercie l'infirmière qui a créé
ces ateliers. J'espère que mon témoignage aidera
d'autres Autochtones qui viennent d'apprendre qu'ils sont diabétiques
parce que le diabète et l'insuline sont des problèmes
sérieux. Je me bats et j'apprends encore, mais je sais
où m'adresser pour obtenir de l'aide et du soutien. J'aime
la vie et je dois travailler très fort. Nous avons un
très grand besoin d'autres ateliers pour les Autochtones.
(Je donne la permission
à Ruth Cyr d'utiliser mon témoignage.)
Enseignements à
tirer du témoignage
La perte
Une perte peut prendre
bien des formes, comme la perte d'un être cher, de la jeunesse,
de la santé, et elle s'exprime par le processus du deuil.
Une perte signifie toujours un changement. Le diabète,
c'est la perte de notre façon de vivre, de notre perception
de nous-mêmes, de nos espoirs et de nos rêves d'avenir.
La façon dont une personne réagit à une
perte dépend de ce que la perte signifie pour elle. Prenons
comme lignes directrices les étapes du deuil telles que
définies par Kubler-Ross pour explorer la notion de perte.
Ces étapes sont le déni, la colère, le marchandage,
la dépression et le repli sur soi, l'acceptation et l'adaptation.
Le déni
Le médecin qui
pose le diagnostic de diabète ne le fait pas dans un contexte
de maladie chronique. S'il l'avait fait, il aurait pris en compte
l'impact de la «mauvaise nouvelle» en demandant à
la personne qui témoigne dans cet article ce que le diabète
signifie pour elle et en lui fournissant des renseignements qui
lui permettent de faire face à la situation dans l'immédiat.
De plus, il présume que la patiente sait ce qu'est le
diabète. Il n'explique pas le lien entre le sucre (et
le sucre dans l'alcool) et le diabète. C'est très
important parce qu'elle sait qu'il existe un lien entre le sucre
et le diabète, mais l'attitude du médecin l'amène
à penser que son problème n'est pas grave et elle
ne pose pas de questions. Le médecin la confronte et juge
son comportement en lui disant «d'arrêter de boire
et de suivre un régime». La confrontation coupe
la communication et met la patiente sur la défensive.
Il ne s'occupe pas du côté émotif.
Lorsqu'une personne
se sent menacée, elle a recours à certaines formes
de déni pour amoindrir la menace, par exemple, elle va
minimiser les signes et les symptômes, refuser de croire
au diagnostic et ne pas suivre de traitement. Le déni
est une façon d'empêcher le diabète de porter
atteinte à l'avenir que l'on s'est tracé. Le déni
peut permettre à la personne de s'adapter progressivement,
pas à pas, au fait qu'elle est atteinte du diabète.
Pour surmonter le déni, il faut d'abord accepter qu'il
s'agit de la première étape d'une adaptation normale.
Tout changement prend du temps. Le déni permet à
la personne de se préparer à entendre le diagnostic
et à y faire face. Ce n'est donc pas le moment de donner
beaucoup d'information sur le diabète, mais d'en donner
un aperçu général.
Le déni et la
répression deviennent plus intenses lorsque la personne
est confrontée à une menace. La personne qui nous
a livré son témoignage raconte : «J'en avais
assez des médecins qui me disaient que je devrais suivre
un régime et arrêter de boire.» Elle n'a pas
suivi leurs conseils et son état s'est aggravé.
Si vous confrontez les patients avec des faits, vous leur refusez
l'expression de leur désarroi. La personne a besoin de
parler souvent de sa perte et elle a besoin d'être écoutée.
C'est une étape nécessaire du processus de deuil.
Une nouvelle approche
du diabète consiste à faire participer les patients
à la prise de décisions en matière de traitement.
Cela ne semble pas avoir été le cas pour la personne
qui a témoigné; de plus, il n'y avait pas de communication.
Les ateliers auxquels on l'envoie ne tiennent pas compte de sa
culture et ne lui sont pas d'un grand secours. Elle prend aussi
l'initiative de lire sur le sujet mais la documentation est incompréhensible.
À cette époque, sa priorité était
d'arrêter de boire et c'est une des raisons qui l'empêchait
d'en apprendre plus. Soulignons ici que l'aidant et le patient
doivent s'entendre sur les objectifs du traitement.
La colère
Dans le témoignage,
nous voyons que la colère surgit lorsque surviennent des
complications. Derrière la colère se profilent
des questions comme : «pourquoi moi?» La colère
surgit lorsqu'on a le sentiment d'être victime d'une profonde
injustice, d'un méfait et qu'on a besoin de diriger ces
sentiments vers l'extérieur. C'est une façon de
contrôler une situation qui, autrement, serait intenable.
La personne exprime sa colère en blâmant les autres
et en se blâmant elle-même pour sa situation, en
ne suivant pas son traitement ou en ne se présentant pas
aux rendez-vous. Comme aidant, il vaut mieux reconnaître
que le patient a besoin d'exprimer sa colère. Ne réagissez
pas avec colère, ne grondez pas le patient, ne l'ignorez
pas, ne l'évitez pas. Concentrez-vous sur ce qu'il y a
à faire et offrez du soutien ou allez en chercher.
Il existe un lien évident
entre les traumatismes de la petite enfance et la consommation
d'alcool pour les rendre supportables. Ces facteurs ont des effets
importants sur le contrôle de la glycémie et l'apparition
de complications. Les complications de la maladie constituent
des niveaux de réalité plus profonds. Être
confrontée à la mort, à la détérioration
de la vision et à la prescription d'insuline en piqûres
pousse notre témoin à prendre une part active au
contrôle de son diabète.
D'après Kubler-Ross, le marchandage survient à
un stade ou à un autre du processus de perte et de deuil.
C'est ce qu'on voit lorsque la personne qui a livré sont
témoignage essaie de marchander avec son médecin
pour cesser de prendre de l'insuline. Son médecin de l'époque
a fait preuve d'empathie et a présenté les faits
sans mâcher ses mots. «Si vous ne vous faites pas
les injections, vous allez tomber dans le coma.» Le médecin
s'est rendu compte que les changements d'habitudes et les restrictions
que doit s'imposer un diabétique sont difficiles à
faire. Elle ne lui a pas permis de marchander. Le médecin
lui a donné du temps et de la latitude pour réfléchir.
Elle est restée calme et objective. Elle est intervenue,
elle a été ferme mais douce. C'est à cette
étape que l'aîné peut décider de son
schéma de traitement.
Dépression et
repli sur soi
C'est l'étape
du deuil que l'on fait de la perte de la santé. C'est
une période de tristesse et d'incertitude. Les anciennes
façons de penser commencent à céder la place
à un nouveau départ et à la recherche de
nouvelles solutions. La personne qui nous a livré son
témoignage nous dit qu'«être confrontée
à la détérioration de la vue était
vraiment effrayant», ce qui lui a donné le sentiment
d'être vaincue. La solitude s'est installée. Elle
désirait ardemment une méthode autochtone pour
guérir son diabète plutôt que des injections
d'insuline. Elle évitait les autres. L'aîné
aura besoin d'être encouragé pour s'intéresser
à quelque chose, s'engager dans une activité ou
prendre part aux réunions d'un groupe d'entraide. Si la
dépression ne s'améliore pas, il peut être
indiqué de référer la personne à
un thérapeute. À ce stade, la personne commence
à vivre avec le diabète.
Adaptation et acceptation
À ce point tournant, le témoin raconte qu'elle
a cherché de l'aide auprès des A.A. et de services
spécifiques à notre culture. Les croyances en matière
de santé et de traitement, de remèdes, de rituels
qui sont propres à notre culture étaient importantes
pour elle. L'intervention qui l'a le plus aidée sont les
cercles d'information où les gens de sa communauté
écoutent, parlent et donnent des informations pratiques,
pertinentes et axées sur notre culture. Il est évident
que les changements se sont faits petit à petit : le soutien
psychologique, émotionnel et spirituel est essentiel pour
l'acceptation du diabète et l'adaptation à la maladie.
Faire face à la situation, c'est aussi aider les autres
en apportant son témoignage. Livrer son témoignage
est une excellente manière de clarifier les réponses
à ses propres questions.
Les étapes du
deuil qu'a vécues le témoin ne se suivent pas dans
l'ordre que nous avons présenté ici. Elle a fait
des allers-retours entre les étapes de reconstruction
de sa vie. Les personnes qui subissent une perte doivent en arriver
à leurs propres conclusions. Il est important que la personne-ressource
n'impose pas ses propres réactions au stress et ne fasse
pas preuve d'impatience si le client ne fait rien, et qu'elle
n'entrave pas le processus de deuil. Subir une perte oblige à
changer sa façon de voir la vie et à y trouver
un sens nouveau. Cela prend du temps; on passera par des périodes
où l'on se sent fort et plein de courage suivies de périodes
de dépression et de désespoir. Les aidants et les
membres de la famille font du tort lorsqu'ils demandent à
la personne de «se prendre en main». C'est exactement
ce qui se passe quand, au moment du diagnostic, le médecin
du témoin insiste : «Vous avez un diabète
limite. Arrêtez de boire et suivez un régime.»
La peur
Lorsqu'on est confronté
au diabète, bien des peurs apparaissent. On se demande
si la maladie sera transmise aux enfants, comment les rôles
et les relations au sein de la famille et de la communauté
en seront affectées. On se demande comment on va se débrouiller,
surtout face à d'autres problèmes d'ordre physique
et socio-économique. Les restrictions alimentaires et
les autres changements semblent insurmontables. De plus, on verra
d'autres diabétiques souffrir de complications et on ne
pourra éviter de se dire que cela pourrait aussi nous
arriver. La peur naît de l'inconnu.
Il est important d'accepter que la peur est un sentiment tout
à fait légitime. Je vous conseille de procéder
comme suit pour aider l'aîné à vaincre sa
peur. Demandez-lui ce qu'il sait du diabète. Laissez-le
vous en parler dans ses propres mots. Quelles conséquences
pense-t-il que le diabète aura sur son avenir? Écoutez
les mots que la personne emploie lorsqu'elle parle de ses croyances
à propos de la maladie, de ses causes (agents pathogènes),
des événements qui se produisent dans son entourage
ou à l'intérieur d'elle-même et qui déclenchent
la maladie. Écoutez le lien que fait l'aîné
entre les événements et le malheur qui le frappe.
Par exemple, il peut voir le diabète comme une forme de
punition ou comme un mauvais sort (bad medicine). Donnez
des renseignements pertinents. Si vos réponses arrivent
à diminuer sa peur, l'aîné est sur la bonne
voie. Dans le cas contraire, vous aurez besoin d'aide, peut-être
celle d'un autre aîné diabétique qui peut
dire ce qu'il faut pour aider l'autre à faire face à
la maladie. Référez la personne au groupe d'entraide
pour les diabétiques, s'il en existe un dans votre collectivité.
Si elle a vraiment des difficultés, référez-la
à un thérapeute.
Si vous êtes en
face d'une personne qui a peur, vous pouvez répéter
des affirmations comme «un traitement efficace du diabète
réduit les complications». Si la personne fume ou
boit mais fait des efforts pour lutter contre ces comportements,
reconnaissez ses efforts et mettez l'accent sur les progrès
qu'elle a accomplis. Prenez acte du passé et essayez de
diriger l'énergie vers le traitement actuel. Ne jugez
pas et ne grondez pas la personne si elle ne suit pas le schéma
de traitement. Revenez aux informations sur la manière
de déceler des changements indiquant des complications.
Soyez disponible et prenez fait et cause pour l'aîné
lorsqu'il va se faire traiter dans le système des soins
de santé.
Malgré toutes
les précautions que prennent les aînés, des
complications peuvent apparaître. Parmi elles, l'impuissance
mérite qu'on s'y arrête. Il est délicat de
parler de certains sujets comme la sexualité à
cause d'obstacles culturels. Les problèmes sont donc difficiles
à admettre, et il est encore plus difficile de commencer
d'en parler. L'un de ces problèmes est l'impuissance.
L'impuissance
Le dysfonctionnement
sexuel chez les hommes se traduit par une modification de la
libido (désir sexuel), de la capacité d'avoir une
érection (impuissance) et d'éjaculer. L'impuissance
est l'incapacité d'avoir des rapports sexuels avec une
femme en raison de l'impossibilité d'avoir une érection.
L'impuissance est un problème courant. Elle touche 60
% des hommes diabétiques et est causée par des
lésions aux cellules nerveuses et une mauvaise irrigation
sanguine. Cela peut se produire à tout moment après
l'adolescence; cela dépend depuis combien de temps l'homme
est atteint de diabète. L'impuissance peut aussi être
un effet de l'alcool et de certains médicaments destinés
à réduire l'hypertension et à soulager la
dépression. Chez les hommes de plus de 70 ans, la prévalence
de l'impuissance atteint 95 %. L'impuissance peut miner l'image
et l'estime de soi.
Le RSC devrait être
conscient que le diabète peut entraîner la dysfonction
sexuelle et que cela peut se manifester par un retrait de la
vie sociale, de la dépression, la non-observance du traitement,
de la colère et des difficultés dans la relation
avec sa conjointe. Les réactions face à l'impuissance
dépendent des attitudes culturelles, de la façon
dont l'homme conçoit son rôle et sa virilité.
Cela dépend aussi de sa compréhension des changements
liés à la maladie et au traitement. La signification
de la relation sexuelle pour le couple est un élément
important.
Quel est le
rôle du RSC?
Si un homme ou sa conjointe manifeste le désir de parler
de modifications de l'activité sexuelle, organisez-vous
pour prendre le temps de parler en privé avec le patient
à un moment où vous êtes sûr de ne
pas être interrompus. Établissez un climat de confiance
et ne jugez pas la personne. Donnez des renseignements sur la
maladie et le traitement. Répondez aux questions et si
vous ne connaissez pas la réponse, faites des recherches.
Corrigez les idées fausses. Encouragez les contacts sociaux
et la communication entre le patient et sa conjointe. Proposez
de le référer à un médecin, à
un thérapeute ou à un groupe d'entraide.
Lorsqu'on apprend qu'on
est atteint du diabète, on peut ressentir toutes sortes
d'émotions. Le diabète est une maladie qui provoque
des réactions liées à la perte et au contrôle.
Il affecte les activités vitales comme manger, boire,
faire de l'exercice, travailler, entretenir des relations, ainsi
que l'équilibre physique, psychologique, émotionnel
et spirituel. La réaction dépend de ce que la maladie
représente pour la personne, de la manière dont
l'information lui est transmise et de l'importance du soutien
disponible. En qualité
de RSC, vous êtes une personne de confiance et un soutien
pour l'aîné et pour sa famille. Bien communiquer,
écouter et faire preuve de respect pour l'aîné
sont des qualités qui vous aideront énormément
à bien remplir votre rôle.
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