Le témoignage des Anciens

Diabète et vieillissement dans les communautés autochtones

Par Susan Judith Ship

 

 

Diabète de type II : acculturation rapide et apparition de maladies chroniques

Avant 1940, le diabète était une maladie presque inconnue chez les Autochtones . Aujourd'hui, il y a de trois à six fois plus de cas de diabète dans les communautés autochtones que dans la population non autochtone du Canada. Bien que la fréquence du diabète dans les populations autochtones ait été peu élevée dans le passé, son apparition sous forme d'«épidémie silencieuse» est le résultat d'une érosion des modes de vie traditionnels concomitante à une transition rapide vers un mode de vie occidental dans une société industrialisée.

Le diabète de type II, soit la forme la plus courante de la maladie, est un problème de santé en constante progression dans la plupart des groupes d'âge chez les peuples autochtones au Canada et dans le monde. Cependant, les aînés des Premières Nations sont plus nombreux à être atteints du diabète, à souffrir de ses complications et à mourir de cette maladie et des complications qu'elle entraîne.

Bien qu'il y ait une part de prédisposition génétique au diabète, son rôle exact n'est pas élucidé et elle est l'objet d'une controverse dans les milieux universitaires et le milieu de la recherche. Quelle que soit l'importance de cette prédisposition, elle est «révélée par des changements rapides et défavorables du mode de vie et de l'environnement (acculturation) que subissent aujourd'hui les Premières Nations et les Inuits» (traduction libre), ainsi que d'autres peuples autochtones dans le monde. La Commission royale sur les peuples autochtones déclare que :

«Les maladies chroniques sont parfois appelées les maladies de la modernisation, ou maladies occidentales, parce qu'elles vont de pair avec un mode de vie caractéristique des pays occidentaux industrialisés : activité physique réduite, régime alimentaire trop riches en matières grasses et en sucres, niveaux élevés de stress et exposition importante à une large gamme de polluants de l'air, de l'eau et des aliments. Ces facteurs de risque préparent le terrain à un large éventail de maladies, dont le cancer, les maladies cardio-vasculaires, l'obésité, les calculs biliaires et le diabète.» (Traduction libre)

Malgré un facteur héréditaire important, le diabète de type II devrait être considéré comme une maladie que l'on peut prévenir. Les recherches montrent qu'on peut prendre des mesures de prévention spécifiques à l'égard des déterminants modifiables du diabète : diminution de la masse adipeuse, activité physique et diminution de l'apport en matières grasses, en féculents et en sucres du régime alimentaire.

Le diabète de type II dans les communautés autochtones : aperçu statistique

Les Autochtones à risque : un problème qui s'aggrave

En 1987, il y avait de deux à cinq fois plus de cas de diabète de type II dans la population des Premières Nations vivant dans une réserve que dans la population non autochtone. En 1997, le nombre de cas était de trois à six fois plus élevé dans les communautés des Premières Nations.

Tableau 1 : pourcentages de cas de diabète diagnostiqués chez les Autochtones et dans l'ensemble de la population canadienne, 1991

 Premières Nations, dans les réserves

 Premières Nations, hors réserves

 Métis

 Inuits

 Total

 Total au Canada

 8,5 %

  5,3 %

 5,5 %

 1,9 %

 6,0 %

 3,1 %

Référence : MacMillan et al., "Aboriginal Health." CMAJ 1996:155 (11): 1574,; Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa. Health Canada, (1997:3)

 

Les aînés sont à risque : la fréquence du diabète augmente avec l'âge

Soixante-dix pour cent des adultes souffrant du diabète ont plus de 40 ans. La fréquence du diabète est la plus élevée chez les aînés et les pourcentages sont plus élevés chez les aînés des Premières Nations que chez les aînés inuits ou non autochtones.

Tableau 2 : cas de diabète diagnostiqués en fonction du groupe d'âge dans la population des Premières Nations (Aboriginal Poeples Survey, 1991) et dans la population canadienne (1994-1995)


Groupe d'âge

 Premières Nations

 

Population canadienne

 15-19 ans

 1 %
 

 20-24 ans

 2 %
 

 25-29 ans

 3 %
 

 30-39 ans

 5 %

 1 %*

 40-49 ans

 10 %

 2 %*

 50-64 ans

 18 %

 5 %

 65 ans et plus

 23 %

 11 %

*Variabilité due à un échantillonnage important
Référence : Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health Canada, (1997:5)

 

Les femmes sont à risque


La fréquence du diabète est plus élevée chez les femmes des Premières Nations. Elle varie d'une communauté et d'une région à l'autre et les pourcentages vont des deux tiers au double des pourcentages pour les hommes des Premières Nations. Généralement, les pourcentages sont plus élevés chez les femmes dans presque tous les groupes d'âge, bien que, chez les plus jeunes, une partie de la différence soit attribuable au diabète de la grossesse. Les pourcentages de cas de diabète sont semblables chez les hommes et les femmes dans la population canadienne.

Tableau 3 : différence de la prévalence du diabète selon le sexe dans la population des Premières Nations, APS 1991

 Sexe

 Taux brut

 Taux normalisé en fonction de l'âge

 Femmes

 7,6 %

 11 %

 Hommes

 5,3 %

 8 %

Référence : Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health Canada, (1997:5)

 

Les communautés du sud sont à risque


Les pourcentages de cas de diabète varient en fonction de la communauté, de la culture et de la région. En 1991, la Aboriginal Peoples Survey a révélé que ces pourcentages étaient les plus bas dans le nord de la Colombie-Britannique et les plus élevés dans la région Ontario-Manitoba-Saskatchewan.

Tableau 4 : pourcentages de la population des Premières Nations atteinte de diabète, par région, APS 1991

 Région

 Atlant.

 Québec

 Ontario

 Man.

 Sask.

 Alberta

 C.-B.

 Yukon

 T.-N-.O.

 En %

 6,9%

 6,7 %

 8,1 %

 8,1 %

 7,6 %

 5,2 %

 4,1 %

 -*

 -*

* -- Pourcentages trop faibles et trop variables pour être indiqués.
Référence : Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health Canada, (1997:6)

 

La population des Premières Nations vivant dans les réserves et les régions rurales est à risque


La Aboriginal Peoples Survey de 1991 a montré qu'il y avait plus de diabétiques parmi les membres des Premières Nations qui vivent dans une réserve ou en région rurale que parmi ceux qui vivent hors des réserves ou dans des zones urbaines.

Tableau 5 : pourcentages de cas de diabète dans la population des Premières Nations vivant dans une réserve et hors réserve, selon le lieu de résidence, APS 1991

 Lieu de résidence

 Dans les réserves

 Hors réserves

 Zones urbaines

 Régions rurales

 % de diabétiques

 8,4 %

 5,7 %

 5,3 %

 8,1 %

Référence : Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health Canada, (1997:7)

Diabète et vieillissement : les aînés des Premières Nations sont à risque
Le diabète de type II est un trouble métabolique caractérisé par la résistance à l'insuline et apparaissant généralement à l'âge adulte. C'est une maladie qui est attribuable en grande partie à un certain mode de vie. Les facteurs de risque sont notamment l'âge, l'hérédité ou les antécédents familiaux, l'obésité, le manque d'activité physique, un régime alimentaire riche en gras, en féculents et en sucres, certains facteurs métaboliques et le stress.

Les aînés des Premières Nations sont plus à risque pour le diabète
Vieillir en mauvaise santé : «les conséquences du désavantage»

Généralement on considère, tant du point de vue social que du point de vue légal, que la «vieillesse» commence à 65 ans, si l'on se fie aux normes et à la législation actuelles en matière de retraite. Mais «en réalité, la vieillesse commence lorsque la santé et les fonctions se détériorent à un point tel que notre indépendance et notre mobilité diminuent avec l'âge.»

Les Autochtones :
ont l'espérance de vie la plus faible au Canada;
sont plus nombreux à être atteints de maladies dégénératives généralement associées à la vieillesse; ils en sont atteints plus jeunes et l'atteinte est plus grave;
sont plus nombreux à subir plus tôt dans la vie certains des effets sociaux et psychologiques associés au vieillissement et à la perte du sentiment de bien-être, comme la perte d'amis, du conjoint et de membres de la famille.
Parce qu'il est désavantagé sur le plan de la santé, tout Autochtone âgé de plus de 55 ans est une personne âgée.

Perturbation de la culture, changement du mode de vie et pauvreté
Le diabète est généralement considéré comme une maladie des personnes âgées. Cependant, à cause des effets conjugués de la perturbation de la culture et de brusques changements du mode de vie, notamment l'adoption d'un régime alimentaire riche en matières grasses, en féculents et en sucres, l'activité physique réduite, et à cause d'autres facteurs comme la pauvreté, de mauvaises conditions de vie, des niveaux élevés de stress psychosocial et un accès limité à des soins de santé et à des services de soutien adéquats, les aînés des Premières Nations courent plus de risque d'être atteints du diabète de type II que les aînés non autochtones.
L'acculturation grandissante est à l'origine de taux croissants de diabète chez les aînés inuits.

Obésité
Lorsque les gens vieillissent, ils ont tendance à réduire leurs activités physiques sans réduire leur apport alimentaire. Il s'ensuit une augmentation du poids qui peut conduire à des problèmes de santé comme l'obésité, c'est-à-dire avoir un poids de 20 % supérieur à son poids idéal.


L'obésité est considérée comme un problème de santé de plus en plus préoccupant dans les communautés des Premières Nations, dans tous les groupes d'âge et particulièrement chez les femmes. C'est là une des conséquences de l'érosion du mode de vie traditionnel, notamment une diminution de la consommation d'aliments traditionnels et une activité physique moindre combinés à une acculturation croissante qui mène à l'adoption du mode de vie occidental dans une société industrialisée.


Les régimes alimentaires riches en matières grasses, en féculents et en sucres
La perturbation de la culture, sa transformation, les changements socio-économiques et les atteintes à l'environnement ont mené au remplacement de plus en plus fréquent du gibier et d'autres aliments traditionnels par des produits du commerce, moins nutritifs, riches en gras, en féculents et en sucres. Les modifications apportées au régime alimentaire et la diminution de la consommation d'aliments traditionnels sont liées à des taux élevés d'obésité, de diabète, d'hypertension, de maladies cardio-vasculaires et de caries dentaires.


Bien manger et combler ses besoins nutritionnels quand on a un revenu peu élevé constitue tout un défi pour bien des aînés des Premières Nations et des aînés inuits, surtout lorsqu'ils vivent dans des communautés éloignées où la variété et la disponibilité d'aliments commerciaux nutritifs et bon marché sont très limitées. De plus, beaucoup d'aînés peuvent n'être pas conscients des risques que comportent les aliments préparés, surtout les personnes qui ne parlent et ne lisent couramment ni le français ni l'anglais .


Manque d'activité physique et état de santé altéré


En raison de l'érosion du mode de vie traditionnel, lorsqu'on vivait de chasse, de trappe et de pêche, causée par la perturbation de la culture, les changements culturels et les atteintes à l'environnement, de nombreux aînés sont devenus moins actifs et leur santé s'est détériorée. «De nombreux Autochtones d'âge moyen et d'âge avancé souffrent d'une diminution de la mobilité qui ressemble fort à un handicap» et qui est la conséquence d'un mauvais état de santé. (Traduction libre) Qui plus est, «plusieurs études ont révélé que près de la moitié des Autochtones âgés ne quittent presque jamais leur maison pour plus d'une heure par jour.» (Traduction libre) C'est parfois la conséquence de problèmes de santé, de l'absence de moyens de transport à prix abordable, du manque d'activités ou de programmes de divertissement ou de mise en forme pour les aînés. Parfois encore, c'est le temps qui ne le permet pas.

Stress
Les aînés autochtones sont plus nombreux à subir des niveaux importants de stress à cause de la pauvreté, de mauvaises conditions de vie, de la perturbation de la culture et des problèmes sociaux qui en découlent au sein de la famille et de la communauté. La perte de la langue maternelle, la perte de la culture et d'une image positive de son identité, ainsi que toute une série de problèmes personnels, familiaux et sociaux causés par le syndrome des internats, le racisme, l'âgisme, le sexisme, la discrimination et un statut minoritaire méprisé sont aussi des facteurs qui expliquent le niveau de stress important.

Le pourcentage de diabétiques est le plus élevé chez les aînés des Premières Nations Tableau 6 :

cas de diabète diagnostiqués en fonction de l'âge dans la population des Premières Nations (APS 1991) et dans la population canadienne (1994-1995)

 Groupe d'âge

 
Premières Nations

 Population canadienne

 30-39 ans

 5%

 1%

 40-49 ans

 10%

 2%

 50-64 ans

 18 %

 5%

 65 ans et plus

 23 %

 11%

Référence : Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health Canada, (1997:5)

Les aînés des Premières Nations sont plus nombreux à souffrir des complications du diabète


Les complications du diabète se font plus nombreuses à mesure que l'âge augmente, et les adultes les plus âgés ont le taux le plus élevé de complications. Au Canada, les membres des Premières Nations sont plus nombreux à souffrir de complications du diabète que les non-Autochtones.

Tableau 7 : pourcentages de la population des Premières Nations (PN) et de la population canadienne (CAN) souffrant d'une ou plusieurs complications, en fonction de l'âge et de la présence ou l'absence de diabète, APS 1991

 

 PN CAN
 PN CAN  PN CAN  PN CAN

 Groupe d'âge

 30-39 ans

 40-49 ans

 50-64 ans

 65 ans et plus

 Diabétiques

 36 % 3 %

 44 % 8 %

 64 % 47 %

 77 % 58 %

 Non diabétiques

 12 % -

 20 % -

 35 % 22 %

 50 % 44 %

Référence : Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health Canada, (1997:11-12)

Hypertension (tension artérielle élevée)
Les membres des Premières Nations sont plus nombreux à faire de l'hypertension et les aînés des Premières Nations ont les taux d'hypertension les plus élevés.

Tableau 8 : pourcentages de la population des Premières Nations (PN) et de la population canadienne (CAN) faisant de l'hypertension, en fonction de la présence ou l'absence de diabète, APS 1991

k

 PN CAN

 PN CAN

 PN CAN

 PN CAN

 Groupe d'âge 

 30 - 39 ans

 40 - 49 ans

 50 - 64 ans

 65 ans et plus

Diabétiques

 31 % -

 37 % -

 54 % 36%

 56 % 38 %
  Non diabétiques

 9 % 3 %

 14 % 6 %

 54 % 36%

 31 % 27 %

Référence : Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health Canada, (1997:13-14)

Maladies cardio-vasculaires
Les membres des Premières Nations atteints de diabète, surtout les hommes, sont plus nombreux à avoir des problèmes cardiaques. Il en va de même pour les aînés des Premières Nations souffrant du diabète.

Tableau 9 : pourcentages de la population des Premières Nations (PN) et de la population canadienne (CAN) ayant une maladie cardiaque, en fonction de la présence ou de l'absence de diabète et de l'âge, APS 1991
 

 PN CAN

 PN CAN

 PN CAN

 Groupe d'âge

 15 - 40 ans

 40 ans et plus

 Total, 15 ans et plus

 Diabétiques

 11 % -

 28 % 19 %

 23 % 19 %

 Non diabétiques

 3 % 1 %

 13 % 7 %

 6 % 4 %

Référence : Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health Canada, (1997:15-16)

Problèmes de vision
La perte de la vision fait partie du processus normal du vieillissement. La population des Premières Nations atteinte de diabète est plus nombreuse à avoir des problèmes de vision. Une étude menée en Alberta a révélé une prévalence élevée de rétinopathie diabétique grave non traitée, tant dans la population des Premières Nations qui utilise de l'insuline que dans celle qui n'en utilise pas.

Amputations
Les diabétiques sont généralement très à risque pour les amputations des extrémités des membres inférieurs à cause d'une diminution de la sensibilité à la douleur, d'une moins bonne circulation sanguine et une plus grande sensibilité aux infections. Des études ont montré que l'incidence et la prévalence (nombre de cas au cours d'une période donnée) des amputations liées au diabète ont diminué chez les Amérindiens.

Insuffisance rénale terminale (IRT)
En 1987, le risque global d'IRT chez les Autochtones du Canada, toutes causes confondues, était de deux fois et demi à quatre fois plus élevé que dans la population canadienne en général. En 1987, le risque d'IRT chez les Autochtones diabétiques était de trois à cinq fois plus élevé que dans l'ensemble de la population.

Les Autochtones sont plus nombreux à mourir du diabète et (ou) de ses complications


Le diabète est associé à un risque élevé de contracter diverses complications aiguës et chroniques qui peuvent entraîner une mort précoce. Les Autochtones sont plus nombreux à mourir du diabète que les non-Autochtones du Canada et des États-Unis. On estime que quatre fois plus d'Autochtones que de non-Autochtones mourront du diabète. Le risque de mourir d'une insuffisance rénale, d'une maladie coronarienne ou d'un accident vasculaire cérébral est plus élevé dans les populations des Premières Nations.

Défis de la prévention et du traitement du diabète, et de l'intervention auprès des aînés diabétiques

 Des obstacles physiques peuvent résulter :

 Des obstacles sociaux peuvent résulter :
de services médicaux insuffisants;
d'un dépistage inadéquat du diabète et de ses complications;
d'un manque de ressources, de programmes et de documentation culturellement adaptés;
de la pauvreté;
de mauvaises conditions de vie;
d'un manque de moyens de transport;
d'un mode de vie défavorable à la santé;
de soins insuffisants à sa personne.
d'un soutien insuffisant pour les soins à domicile;
d'un soutien social insuffisant;
du manque de soutien familial;
du manque de soutien pour les aidants;
d'une aide insuffisante de la communauté dans les domaines de la prévention et la promotion de la santé.
 Des obstacles psychologiques et émotionnels peuvent résulter :  Des obstacles sur le plan spirituel peuvent surgir à cause :
du déni de la maladie;
d'un manque de connaissances sur le diabète;
de l'incapacité à surmonter des émotions difficiles;
de la perte de contrôle;
de la perte de l'estime de soi;
de difficultés à changer certains aspects de son mode de vie;
de problèmes de communication dus à la culture et à la langue
de la perte de l'équilibre intérieur;
de la perte du sens de la vie et de son but dans la vie;
d'un espoir de guérison limité;
de la perte de la culture;
de la perte du lien et du sentiment d'appartenance à quelque chose de plus grand que soi;
du déclin des rôles traditionnels dans la famille et la communauté;
du stress.

Principes culturellement adaptés pour la prévention et le traitement du diabète, et pour l'intervention auprès des aînés diabétiques au sein de la communauté

Prévention primaire
Réduire le risque ou prévenir l'apparition du diabète de type II.
Protéger la santé grâce à des mesures individuelles et à l'échelle de la collectivité.

Objectifs
Faire prendre conscience que le diabète est un problème de santé grave et de plus en plus répandu.
Mettre l'accent sur la prévention du diabète de type II en engageant les communautés et les personnes de tous âges à adopter et à conserver un mode de vie sain et un poids santé par un régime alimentaire équilibré et de l'exercice.
Encourager les individus, les familles et les collectivités à prendre leur santé et main.

Individus Encourager les individus à :
adopter et conserver un mode de vie sain;
prendre conscience du fait que le diabète est un problème de santé;
réduire les risques de diabète;
faire faire régulièrement des analyses, surtout s'ils sont à haut risque.

Famille Encourager les familles à :
prendre conscience de l'existence du diabète dans la famille et s'informer à ce sujet;
s'engager dans des activités et des programmes de santé communautaire en tant que famille;
soutenir ses membres dans le processus d'adoption et de maintien de modes de vie sains;
engager les membres de la famille à haut risque à faire faire régulièrement des analyses.

Communauté

Sensibiliser la communauté au problème du diabète et mettre sur pied des programmes de prévention.
Au niveau de la communauté, améliorer les connaissances sur les facteurs de risque de diabète et les moyens de réduire ces risques.
Fournir un service de dépistage régulier, surtout pour les personnes et les groupes à haut risque.
Promouvoir une bonne santé en mettant sur pied des activités et des programmes communautaires destinés à améliorer la santé, la forme physique et le régime alimentaire.

Niveau secondaire de traitement et d'intervention

Détection précoce du diabète de type II.
Intervention efficace pour prendre en charge les aînés diabétiques et leur prodiguer des soins.
Identification des individus à risque élevé.

Objectifs

Apprendre aux individus, aux familles et à la communauté à reconnaître les signes et les symptômes du diabète.
Promouvoir une approche globale des soins aux diabétiques fondée sur le rétablissement de l'équilibre physique, psychologique, émotionnel, social et spirituel.

Individus

Encourager les diabétiques à prendre soin d'eux-mêmes.
Se surveiller.
Trouver des moyens de vivre avec le diabète.
Modifier progressivement son mode de vie.
Se renseigner de façon continue sur le diabète.
Prévenir et détecter précocement des complications.

Famille

Encourager les membres de la famille à en apprendre plus sur le diabète.
Offrir un soutien émotionnel et social aux aînés diabétiques.
Soutenir les efforts des aînés pour contrôler leur glycémie par le biais du régime alimentaire et de l'activité physique.
Aider les aînés lorsque leur glycémie est trop élevée ou trop basse.
Reconnaître les symptômes du diabète chez un aîné avant qu'il soit trop tard et diminuer les risques de complications.

Communauté

Mettre sur pied des programmes d'éducation communautaire pour apprendre aux aînés diabétiques comment se prendre en charge.
Créer des groupes de soutien pour les aînés atteints de diabète.
Offrir des programmes de dépistage pour la détection précoce et la prévention des complications du diabète.
Mettre sur pied des programmes communautaires d'information sur le diabète, en mettant l'accent sur une participation plus importante de la famille et un meilleur soutien de la part de la communauté.
Mettre sur pied un programme sur le diabète dont la coordination serait assurée par une équipe d'intervenants; s'assurer que ces derniers sont en liaison avec les aînés diabétiques.

Niveau tertiaire de traitement et d'intervention

Réduire, éliminer ou traiter les atteintes et les handicaps chroniques.
Réduire la souffrance au minimum et aider les diabétiques à composer avec les dommages irréversibles causés par la maladie.

Objectifs

Informer les individus, les familles et la communauté des complications du diabète.
Mettre à la disposition des gens les renseignements sur les programmes de dons d'organes et sur les établissements spécialisés les plus proches du domicile pour le traitement des complications.

Individus

En apprendre plus sur la façon de prévenir, de traiter et de vivre avec les complications.
En apprendre plus sur les traitements disponibles des complications.

Famille

En apprendre plus sur la façon de prévenir et de traiter les complications, ainsi que de vivre avec celles-ci.
Offrir un soutien émotionnel et social pour les aînés souffrant de complications.
Aider les aînés à être aussi indépendants que possible en fournissant de l'aide à domicile.

Communauté

Fournir des soins médicaux appropriés pour le traitement et la surveillance des aînés atteints de complications du diabète.
Créer des services de soins à domicile pour les aînés diabétiques qui ont du mal à se débrouiller tout seuls ou qui n'en sont plus capables.
Assurer l'accès à des services spécialisés dans la communauté et à l'extérieur, aussi près que possible du domicile.
Répondre au besoin de services de soutien, surtout de l'aide pour l'aidant.
Une approche globale de la prévention et du traitement du diabète, et de l'intervention auprès des aînés diabétiques


 Bien vivre... avec le diabète

 
Renforcer le soutien social
 · Prévention primaire
Adopter et conserver un mode de vie sain et équilibré.
Dépistage régulier du diabète chez les personnes à haut risque.
· Niveau secondaire de traitement et d'intervention
Dépistage précoce et prise en charge efficace du diabète.
Prise en charge et contrôle par la personne atteinte.
Changements du mode de vie et rétablissement de l'équilibre.
Dépistage des complications.
· Niveau tertiaire de traitement et d'intervention
Détection précoce et traitement des complications.
Réduction de la souffrance au minimum.
Amélioration de la qualité de la vie en dépit des handicaps.
Accès facile aux soins à domicile.
· Soutien pour l'aidant.
· Création de groupes et de services de soutien.
· Accroissement de la participation de la famille.
· Amélioration du soutien offert par la communauté.
· Amélioration de la participation de la communauté.

 Avoir une attitude positive

 Guérison spirituelle
· Accepter la maladie.
· Se prendre en charge.
· Rétablir l'équilibre.
· Prendre soin de soi.
· Changer son mode de vie.
· Prendre contact avec d'autres personnes.
· Guérir l'être.
· Trouver l'équilibre intérieur.
· Réduire le stress.
· Conserver un sens et un but à sa vie.
· Renouer avec sa culture, sa communauté et son essence spirituelle.