Le témoignage des Anciens
Diabète
et vieillissement dans les communautés autochtones
Par Susan Judith Ship
Diabète de type
II : acculturation
rapide et apparition de maladies chroniques
Avant 1940, le diabète
était une maladie presque inconnue chez les Autochtones . Aujourd'hui, il y a de trois à six fois
plus de cas de diabète dans les communautés autochtones
que dans la population non autochtone du Canada. Bien que la
fréquence du diabète dans les populations autochtones
ait été peu élevée dans le passé,
son apparition sous forme d'«épidémie silencieuse»
est le résultat d'une érosion des modes de vie
traditionnels concomitante à une transition rapide vers
un mode de vie occidental dans une société industrialisée.
Le diabète de
type II, soit la forme la plus courante de la maladie, est un
problème de santé en constante progression dans
la plupart des groupes d'âge chez les peuples autochtones
au Canada et dans le monde. Cependant, les aînés
des Premières Nations sont plus nombreux à être
atteints du diabète, à souffrir de ses complications
et à mourir de cette maladie et des complications qu'elle
entraîne.
Bien qu'il y ait une
part de prédisposition génétique au diabète,
son rôle exact n'est pas élucidé et elle
est l'objet d'une controverse dans les milieux universitaires
et le milieu de la recherche. Quelle que soit l'importance de
cette prédisposition, elle est «révélée
par des changements rapides et défavorables du mode de
vie et de l'environnement (acculturation) que subissent aujourd'hui
les Premières Nations et les Inuits» (traduction
libre), ainsi que d'autres peuples autochtones dans le monde.
La Commission royale sur les peuples autochtones déclare
que :
«Les maladies chroniques
sont parfois appelées les maladies de la modernisation,
ou maladies occidentales, parce qu'elles vont de pair avec un
mode de vie caractéristique des pays occidentaux industrialisés
: activité physique réduite, régime alimentaire
trop riches en matières grasses et en sucres, niveaux
élevés de stress et exposition importante à
une large gamme de polluants de l'air, de l'eau et des aliments.
Ces facteurs de risque préparent le terrain à un
large éventail de maladies, dont le cancer, les maladies
cardio-vasculaires, l'obésité, les calculs biliaires
et le diabète.» (Traduction libre)
Malgré un facteur
héréditaire important, le diabète de type
II devrait être considéré comme une maladie
que l'on peut prévenir. Les recherches montrent qu'on
peut prendre des mesures de prévention spécifiques
à l'égard des déterminants modifiables du
diabète : diminution de la masse adipeuse, activité
physique et diminution de l'apport en matières grasses,
en féculents et en sucres du régime alimentaire.
Le diabète de
type II dans les communautés autochtones : aperçu
statistique
Les Autochtones à
risque : un problème qui s'aggrave
En 1987, il y avait
de deux à cinq fois plus de cas de diabète de type
II dans la population des Premières Nations vivant dans
une réserve que dans la population non autochtone. En
1997, le nombre de cas était de trois à six fois
plus élevé dans les communautés des Premières
Nations.
Tableau 1 : pourcentages
de cas de diabète diagnostiqués chez les Autochtones
et dans l'ensemble de la population canadienne, 1991
|
Premières Nations,
dans les réserves |
Premières Nations,
hors réserves |
Métis |
Inuits |
Total |
Total au Canada |
|
8,5 % |
5,3 % |
5,5 % |
1,9 % |
6,0 % |
3,1 % |
Référence
: MacMillan et al., "Aboriginal Health." CMAJ 1996:155
(11): 1574,; Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa.
Health Canada, (1997:3)
Les aînés
sont à risque : la fréquence du diabète
augmente avec l'âge
Soixante-dix pour cent
des adultes souffrant du diabète ont plus de 40 ans. La
fréquence du diabète est la plus élevée
chez les aînés et les pourcentages sont plus élevés
chez les aînés des Premières Nations que
chez les aînés inuits ou non autochtones.
Tableau 2 :
cas de diabète diagnostiqués en fonction du groupe
d'âge dans la population des Premières Nations (Aboriginal
Poeples Survey, 1991) et dans la population canadienne (1994-1995)
|
Groupe d'âge |
Premières Nations |
Population canadienne
|
|
15-19 ans |
1 % |
|
|
20-24 ans |
2 % |
|
|
25-29 ans |
3 % |
|
|
30-39 ans |
5 % |
1 %* |
|
40-49 ans |
10 % |
2 %* |
|
50-64 ans |
18 % |
5 % |
|
65 ans et plus |
23 % |
11 % |
*Variabilité
due à un échantillonnage important
Référence : Bobet, Diabetes among First Nations
People. Ottawa, Health Canada, (1997:5)
Les femmes sont à
risque
La fréquence du diabète est plus élevée
chez les femmes des Premières Nations. Elle varie d'une
communauté et d'une région à l'autre et
les pourcentages vont des deux tiers au double des pourcentages
pour les hommes des Premières Nations. Généralement,
les pourcentages sont plus élevés chez les femmes
dans presque tous les groupes d'âge, bien que, chez les
plus jeunes, une partie de la différence soit attribuable
au diabète de la grossesse. Les pourcentages de cas de
diabète sont semblables chez les hommes et les femmes
dans la population canadienne.
Tableau 3 :
différence de la prévalence du diabète selon
le sexe dans la population des Premières Nations, APS
1991
|
Sexe |
Taux brut |
Taux normalisé en fonction de l'âge |
|
Femmes |
7,6 % |
11 % |
|
Hommes |
5,3 % |
8 % |
Référence
: Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health
Canada, (1997:5)
Les communautés
du sud sont à risque
Les pourcentages de cas de diabète varient en fonction
de la communauté, de la culture et de la région.
En 1991, la Aboriginal Peoples Survey a révélé
que ces pourcentages étaient les plus bas dans le nord
de la Colombie-Britannique et les plus élevés dans
la région Ontario-Manitoba-Saskatchewan.
Tableau 4 :
pourcentages de la population des Premières Nations atteinte
de diabète, par région, APS 1991
|
Région |
Atlant. |
Québec |
Ontario |
Man. |
Sask. |
Alberta |
C.-B. |
Yukon |
T.-N-.O. |
|
En % |
6,9% |
6,7 % |
8,1 % |
8,1 % |
7,6 % |
5,2 % |
4,1 % |
-* |
-* |
* -- Pourcentages
trop faibles et trop variables pour être indiqués.
Référence : Bobet, Diabetes among First Nations
People. Ottawa, Health Canada, (1997:6)
La population des Premières
Nations vivant dans les réserves et les régions
rurales est à risque
La Aboriginal Peoples Survey de 1991 a montré qu'il
y avait plus de diabétiques parmi les membres des Premières
Nations qui vivent dans une réserve ou en région
rurale que parmi ceux qui vivent hors des réserves ou
dans des zones urbaines.
Tableau 5 : pourcentages
de cas de diabète dans la population des Premières
Nations vivant dans une réserve et hors réserve,
selon le lieu de résidence, APS 1991
|
Lieu de résidence |
Dans les réserves |
Hors réserves |
Zones urbaines |
Régions rurales |
|
% de diabétiques |
8,4 % |
5,7 % |
5,3 % |
8,1 % |
Référence
: Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health
Canada, (1997:7)
Diabète et vieillissement
: les aînés des Premières Nations sont à
risque
Le diabète de type II est un trouble métabolique
caractérisé par la résistance à l'insuline
et apparaissant généralement à l'âge
adulte. C'est une maladie qui est attribuable en grande partie
à un certain mode de vie. Les facteurs de risque sont
notamment l'âge, l'hérédité ou les
antécédents familiaux, l'obésité,
le manque d'activité physique, un régime alimentaire
riche en gras, en féculents et en sucres, certains facteurs
métaboliques et le stress.
Les aînés
des Premières Nations sont plus à risque pour le
diabète
Vieillir en mauvaise santé : «les conséquences
du désavantage»
Généralement on considère, tant du point
de vue social que du point de vue légal, que la «vieillesse»
commence à 65 ans, si l'on se fie aux normes et à
la législation actuelles en matière de retraite.
Mais «en réalité, la vieillesse commence
lorsque la santé et les fonctions se détériorent
à un point tel que notre indépendance et notre
mobilité diminuent avec l'âge.»
Les Autochtones :
ont l'espérance de vie
la plus faible au Canada;
sont plus nombreux à être
atteints de maladies dégénératives généralement
associées à la vieillesse; ils en sont atteints
plus jeunes et l'atteinte est plus grave;
sont plus nombreux à subir
plus tôt dans la vie certains des effets sociaux et psychologiques
associés au vieillissement et à la perte du sentiment
de bien-être, comme la perte d'amis, du conjoint et de
membres de la famille.
Parce qu'il est désavantagé sur le plan de la santé,
tout Autochtone âgé de plus de 55 ans est une personne
âgée.
Perturbation de la culture,
changement du mode de vie et pauvreté
Le diabète est généralement considéré
comme une maladie des personnes âgées. Cependant,
à cause des effets conjugués de la perturbation
de la culture et de brusques changements du mode de vie, notamment
l'adoption d'un régime alimentaire riche en matières
grasses, en féculents et en sucres, l'activité
physique réduite, et à cause d'autres facteurs
comme la pauvreté, de mauvaises conditions de vie, des
niveaux élevés de stress psychosocial et un accès
limité à des soins de santé et à
des services de soutien adéquats, les aînés
des Premières Nations courent plus de risque d'être
atteints du diabète de type II que les aînés
non autochtones.
L'acculturation grandissante est à l'origine de taux croissants
de diabète chez les aînés inuits.
Obésité
Lorsque les gens vieillissent, ils ont tendance à réduire
leurs activités physiques sans réduire leur apport
alimentaire. Il s'ensuit une augmentation du poids qui peut conduire
à des problèmes de santé comme l'obésité,
c'est-à-dire avoir un poids de 20 % supérieur à
son poids idéal.
L'obésité est considérée comme un
problème de santé de plus en plus préoccupant
dans les communautés des Premières Nations, dans
tous les groupes d'âge et particulièrement chez
les femmes. C'est là une des conséquences de l'érosion
du mode de vie traditionnel, notamment une diminution de la consommation
d'aliments traditionnels et une activité physique moindre
combinés à une acculturation croissante qui mène
à l'adoption du mode de vie occidental dans une société
industrialisée.
Les régimes alimentaires riches en matières grasses,
en féculents et en sucres
La perturbation de la culture, sa transformation, les changements
socio-économiques et les atteintes à l'environnement
ont mené au remplacement de plus en plus fréquent
du gibier et d'autres aliments traditionnels par des produits
du commerce, moins nutritifs, riches en gras, en féculents
et en sucres. Les modifications apportées au régime
alimentaire et la diminution de la consommation d'aliments traditionnels
sont liées à des taux élevés d'obésité,
de diabète, d'hypertension, de maladies cardio-vasculaires
et de caries dentaires.
Bien manger et combler ses besoins nutritionnels quand on a un
revenu peu élevé constitue tout un défi
pour bien des aînés des Premières Nations
et des aînés inuits, surtout lorsqu'ils vivent dans
des communautés éloignées où la variété
et la disponibilité d'aliments commerciaux nutritifs et
bon marché sont très limitées. De plus,
beaucoup d'aînés peuvent n'être pas conscients
des risques que comportent les aliments préparés,
surtout les personnes qui ne parlent et ne lisent couramment
ni le français ni l'anglais .
Manque d'activité physique et état de santé
altéré
En raison de l'érosion du mode de vie traditionnel, lorsqu'on
vivait de chasse, de trappe et de pêche, causée
par la perturbation de la culture, les changements culturels
et les atteintes à l'environnement, de nombreux aînés
sont devenus moins actifs et leur santé s'est détériorée.
«De nombreux Autochtones d'âge moyen et d'âge
avancé souffrent d'une diminution de la mobilité
qui ressemble fort à un handicap» et qui est la
conséquence d'un mauvais état de santé.
(Traduction libre) Qui plus est, «plusieurs études
ont révélé que près de la moitié
des Autochtones âgés ne quittent presque jamais
leur maison pour plus d'une heure par jour.» (Traduction
libre) C'est parfois la conséquence de problèmes
de santé, de l'absence de moyens de transport à
prix abordable, du manque d'activités ou de programmes
de divertissement ou de mise en forme pour les aînés.
Parfois encore, c'est le temps qui ne le permet pas.
Stress
Les aînés autochtones sont plus nombreux à
subir des niveaux importants de stress à cause de la pauvreté,
de mauvaises conditions de vie, de la perturbation de la culture
et des problèmes sociaux qui en découlent au sein
de la famille et de la communauté. La perte de la langue
maternelle, la perte de la culture et d'une image positive de
son identité, ainsi que toute une série de problèmes
personnels, familiaux et sociaux causés par le syndrome
des internats, le racisme, l'âgisme, le sexisme, la discrimination
et un statut minoritaire méprisé sont aussi des
facteurs qui expliquent le niveau de stress important.
Le pourcentage de diabétiques
est le plus élevé chez les aînés des
Premières Nations Tableau 6 :
cas de diabète
diagnostiqués en fonction de l'âge dans la population
des Premières Nations (APS 1991) et dans la population
canadienne (1994-1995)
|
Groupe d'âge |
Premières Nations
|
Population canadienne |
30-39 ans
|
5% |
1% |
|
40-49 ans |
10% |
2% |
|
50-64 ans |
18 % |
5% |
|
65 ans et plus |
23 % |
11% |
Référence
: Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health
Canada, (1997:5)
Les aînés
des Premières Nations sont plus nombreux à souffrir
des complications du diabète
Les complications du diabète se font plus nombreuses à
mesure que l'âge augmente, et les adultes les plus âgés
ont le taux le plus élevé de complications. Au
Canada, les membres des Premières Nations sont plus nombreux
à souffrir de complications du diabète que les
non-Autochtones.
Tableau 7 : pourcentages
de la population des Premières Nations (PN) et de la population
canadienne (CAN) souffrant d'une ou plusieurs complications,
en fonction de l'âge et de la présence ou l'absence
de diabète, APS 1991
|
|
PN CAN |
PN CAN |
PN CAN |
PN CAN |
|
Groupe d'âge |
30-39 ans |
40-49 ans |
50-64 ans |
65 ans et plus |
|
Diabétiques |
36 % 3 % |
44 % 8 % |
64 % 47 % |
77 % 58 % |
|
Non diabétiques |
12 % - |
20 % - |
35 % 22 % |
50 % 44 % |
Référence
: Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health
Canada, (1997:11-12)
Hypertension
(tension artérielle élevée)
Les membres des Premières Nations sont plus nombreux à
faire de l'hypertension et les aînés des Premières
Nations ont les taux d'hypertension les plus élevés.
Tableau 8 : pourcentages
de la population des Premières Nations (PN) et de la population
canadienne (CAN) faisant de l'hypertension, en fonction de la
présence ou l'absence de diabète, APS 1991
|
k |
PN CAN |
PN CAN |
PN CAN |
PN CAN |
|
Groupe d'âge |
30 - 39 ans |
40 - 49 ans |
50 - 64 ans |
65 ans et plus |
|
Diabétiques |
31 % - |
37 % - |
54 % 36% |
56 % 38 % |
|
Non diabétiques |
9 % 3 % |
14 % 6 % |
54 % 36% |
31 % 27 % |
Référence
: Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health
Canada, (1997:13-14)
Maladies cardio-vasculaires
Les membres des Premières Nations atteints de diabète,
surtout les hommes, sont plus nombreux à avoir des problèmes
cardiaques. Il en va de même pour les aînés
des Premières Nations souffrant du diabète.
Tableau 9 :
pourcentages de la population des Premières Nations (PN)
et de la population canadienne (CAN) ayant une maladie cardiaque,
en fonction de la présence ou de l'absence de diabète
et de l'âge, APS 1991
|
|
PN CAN |
PN CAN |
PN CAN |
|
Groupe d'âge |
15 - 40 ans |
40 ans et plus |
Total, 15 ans et plus |
|
Diabétiques |
11 % - |
28 % 19 % |
23 % 19 % |
|
Non diabétiques |
3 % 1 % |
13 % 7 % |
6 % 4 % |
Référence
: Bobet, Diabetes among First Nations People. Ottawa, Health
Canada, (1997:15-16)
Problèmes
de vision
La perte de la vision fait partie du processus normal du vieillissement.
La population des Premières Nations atteinte de diabète
est plus nombreuse à avoir des problèmes de vision.
Une étude menée en Alberta a révélé
une prévalence élevée de rétinopathie
diabétique grave non traitée, tant dans la population
des Premières Nations qui utilise de l'insuline que dans
celle qui n'en utilise pas.
Amputations
Les diabétiques sont généralement très
à risque pour les amputations des extrémités
des membres inférieurs à cause d'une diminution
de la sensibilité à la douleur, d'une moins bonne
circulation sanguine et une plus grande sensibilité aux
infections. Des études ont montré que l'incidence
et la prévalence (nombre de cas au cours d'une période
donnée) des amputations liées au diabète
ont diminué chez les Amérindiens.
Insuffisance
rénale terminale (IRT)
En 1987, le risque global d'IRT chez les Autochtones du Canada,
toutes causes confondues, était de deux fois et demi à
quatre fois plus élevé que dans la population canadienne
en général. En 1987, le risque d'IRT chez les Autochtones
diabétiques était de trois à cinq fois plus
élevé que dans l'ensemble de la population.
Les Autochtones sont
plus nombreux à mourir du diabète et (ou) de ses
complications
Le diabète est associé à un risque élevé
de contracter diverses complications aiguës et chroniques
qui peuvent entraîner une mort précoce. Les Autochtones
sont plus nombreux à mourir du diabète que les
non-Autochtones du Canada et des États-Unis. On estime
que quatre fois plus d'Autochtones que de non-Autochtones mourront
du diabète. Le risque de mourir d'une insuffisance rénale,
d'une maladie coronarienne ou d'un accident vasculaire cérébral
est plus élevé dans les populations des Premières
Nations.
Défis de la prévention
et du traitement du diabète, et de l'intervention auprès
des aînés diabétiques
|
Des obstacles physiques
peuvent résulter : |
Des obstacles sociaux
peuvent résulter : |
de services médicaux insuffisants;
d'un dépistage inadéquat du diabète et de
ses complications;
d'un manque de ressources, de programmes et de documentation
culturellement adaptés;
de la pauvreté;
de mauvaises conditions de vie;
d'un manque de moyens de transport;
d'un mode de vie défavorable à la santé;
de soins insuffisants à sa personne. |
d'un soutien insuffisant pour les soins
à domicile;
d'un soutien social insuffisant;
du manque de soutien familial;
du manque de soutien pour les aidants;
d'une aide insuffisante de la communauté dans les domaines
de la prévention et la promotion de la santé. |
|
Des obstacles psychologiques et
émotionnels peuvent résulter : |
Des obstacles sur le plan spirituel
peuvent surgir à cause : |
du déni de la maladie;
d'un manque de connaissances sur le diabète;
de l'incapacité à surmonter des émotions
difficiles;
de la perte de contrôle;
de la perte de l'estime de soi;
de difficultés à changer certains aspects de son
mode de vie;
de problèmes de communication dus à la culture
et à la langue |
de la perte de l'équilibre intérieur;
de la perte du sens de la vie et de son but dans la vie;
d'un espoir de guérison limité;
de la perte de la culture;
de la perte du lien et du sentiment d'appartenance à quelque
chose de plus grand que soi;
du déclin des rôles traditionnels dans la famille
et la communauté;
du stress. |
Principes culturellement
adaptés pour la prévention et le traitement du
diabète, et pour l'intervention auprès des aînés
diabétiques au sein de la communauté
Prévention primaire
Réduire le risque ou prévenir
l'apparition du diabète de type II.
Protéger la santé
grâce à des mesures individuelles et à l'échelle
de la collectivité.
Objectifs
Faire prendre conscience que
le diabète est un problème de santé grave
et de plus en plus répandu.
Mettre l'accent sur la prévention
du diabète de type II en engageant les communautés
et les personnes de tous âges à adopter et à
conserver un mode de vie sain et un poids santé par un
régime alimentaire équilibré et de l'exercice.
Encourager les individus, les
familles et les collectivités à prendre leur santé
et main.
Individus Encourager
les individus à :
adopter et conserver un mode
de vie sain;
prendre conscience du fait que
le diabète est un problème de santé;
réduire les risques de
diabète;
faire faire régulièrement
des analyses, surtout s'ils sont à haut risque.
Famille Encourager les
familles à :
prendre conscience de l'existence
du diabète dans la famille et s'informer à ce sujet;
s'engager dans des activités
et des programmes de santé communautaire en tant que famille;
soutenir ses membres dans le processus
d'adoption et de maintien de modes de vie sains;
engager les membres de la famille
à haut risque à faire faire régulièrement
des analyses.
Communauté
Sensibiliser la communauté au problème du diabète
et mettre sur pied des programmes de prévention.
Au niveau de la communauté,
améliorer les connaissances sur les facteurs de risque
de diabète et les moyens de réduire ces risques.
Fournir un service de dépistage
régulier, surtout pour les personnes et les groupes à
haut risque.
Promouvoir une bonne santé
en mettant sur pied des activités et des programmes communautaires
destinés à améliorer la santé, la
forme physique et le régime alimentaire.
Niveau secondaire de
traitement et d'intervention
Détection précoce du diabète de type II.
Intervention efficace pour prendre
en charge les aînés diabétiques et leur prodiguer
des soins.
Identification des individus à
risque élevé.
Objectifs
Apprendre aux individus, aux familles et à la communauté
à reconnaître les signes et les symptômes
du diabète.
Promouvoir une approche globale
des soins aux diabétiques fondée sur le rétablissement
de l'équilibre physique, psychologique, émotionnel,
social et spirituel.
Individus
Encourager
les diabétiques à prendre soin d'eux-mêmes.
Se surveiller.
Trouver des moyens de vivre avec
le diabète.
Modifier progressivement son mode
de vie.
Se renseigner de façon
continue sur le diabète.
Prévenir et détecter
précocement des complications.
Famille
Encourager
les membres de la famille à en apprendre plus sur le diabète.
Offrir un soutien émotionnel
et social aux aînés diabétiques.
Soutenir les efforts des aînés
pour contrôler leur glycémie par le biais du régime
alimentaire et de l'activité physique.
Aider les aînés lorsque
leur glycémie est trop élevée ou trop basse.
Reconnaître les symptômes
du diabète chez un aîné avant qu'il soit
trop tard et diminuer les risques de complications.
Communauté
Mettre
sur pied des programmes d'éducation communautaire pour
apprendre aux aînés diabétiques comment se
prendre en charge.
Créer des groupes de soutien
pour les aînés atteints de diabète.
Offrir des programmes de dépistage
pour la détection précoce et la prévention
des complications du diabète.
Mettre sur pied des programmes
communautaires d'information sur le diabète, en mettant
l'accent sur une participation plus importante de la famille
et un meilleur soutien de la part de la communauté.
Mettre sur pied un programme sur
le diabète dont la coordination serait assurée
par une équipe d'intervenants; s'assurer que ces derniers
sont en liaison avec les aînés diabétiques.
Niveau tertiaire de
traitement et d'intervention
Réduire, éliminer
ou traiter les atteintes et les handicaps chroniques.
Réduire la souffrance au
minimum et aider les diabétiques à composer avec
les dommages irréversibles causés par la maladie.
Objectifs
Informer
les individus, les familles et la communauté des complications
du diabète.
Mettre à la disposition
des gens les renseignements sur les programmes de dons d'organes
et sur les établissements spécialisés les
plus proches du domicile pour le traitement des complications.
Individus
En
apprendre plus sur la façon de prévenir, de traiter
et de vivre avec les complications.
En apprendre plus sur les traitements
disponibles des complications.
Famille
En
apprendre plus sur la façon de prévenir et de traiter
les complications, ainsi que de vivre avec celles-ci.
Offrir un soutien émotionnel
et social pour les aînés souffrant de complications.
Aider les aînés à
être aussi indépendants que possible en fournissant
de l'aide à domicile.
Communauté
Fournir
des soins médicaux appropriés pour le traitement
et la surveillance des aînés atteints de complications
du diabète.
Créer des services de soins
à domicile pour les aînés diabétiques
qui ont du mal à se débrouiller tout seuls ou qui
n'en sont plus capables.
Assurer l'accès à
des services spécialisés dans la communauté
et à l'extérieur, aussi près que possible
du domicile.
Répondre au besoin de services
de soutien, surtout de l'aide pour l'aidant.
Une approche globale de la prévention et du traitement
du diabète, et de l'intervention auprès des aînés
diabétiques